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24/102014

À titre de rappel

Capitale-Nationale


LE RAPPORT DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE DU CANADA PRÉSENTÉ À LA SECTION DE LA CAPITALE-NATIONALE

Mme Agathe Côté, sous-gouverneur de la Banque du Canada, était l’invitée de la section de la Capitale-Nationale de l’Association des économistes québécois, en collaboration avec CFA Québec et la Banque du Canada,  le 24 octobre dernier, pour la présentation du plus récent rapport sur la politique monétaire.

Mme Côté a débuté son exposé en indiquant que l’inflation qui se situe près de la cible de 2 % continuerait d’avoisiner cette cible dans les prochains trimestres compte tenu des pressions inflationnistes modérées qui prévaudront. La croissance du PIB canadien devrait atteindre 2,5 % en 2015 et ralentir pour s’établir à 2 % à la fin de 2016.

La conférencière a ensuite élaboré sur les fondements de ces prévisions. À l’échelle mondiale, les conditions monétaires restent très souples car des «vents contraires» empêchent plusieurs économies de retrouver leur vigueur : le niveau d’endettement privé et public  est plus élevé maintenant qu’avant la crise et le faible niveau de confiance dans les perspectives économiques freine l’investissement. Cependant la baisse du prix du pétrole et les conditions financières avantageuses devraient encourager les investissements. Les  anticipations sont toutefois différentes selon les régions du globe. Avec des risques de déflation, la zone euro et le Japon ne peuvent qu’anticiper une croissance modeste, tandis que la Chine devrait apporter sa contribution à la croissance de l’économie mondiale avec une hausse de son PIB attendue de 7 %. L’économie américaine jouera un rôle de premier plan dans la croissance mondiale : le marché de l’emploi va mieux, la croissance de la consommation reprendra de la force grâce notamment à l’évolution démographique favorable et le degré de confiance accru et aura un impact positif sur les mises en chantier. Le taux de croissance du PIB américain se chiffrerait  à 2,9 % et 2,7 % respectivement pour 2015 et 2016. Ces nouvelles augurent bien pour les exportations canadiennes. Malgré tout, la Banque prévoit que le dollar canadien se maintiendra au niveau de 89 cents américains durant la période de projection étant donné le repli des prix des produits de base.

En ce qui concerne l’inflation, toutes les mesures montrent son accélération mais ce fait ne témoigne pas d’une plus grande vigueur de l’économie. La hausse observée est plutôt tributaire des effets de la dépréciation du dollar qui rend plus chères les biens d’importation et de variations de prix dans certains secteurs comme les communications. Cependant, les capacités excédentaires de l’économie canadienne et la forte concurrence dans le secteur du détail tirent à la baisse la tendance haussière générale des prix.

Le rythme d’expansion potentielle devrait demeurer stable à 2 % au cours de 2014-2017, rythme inférieur à celui de 3 % observé dans les années 70. Pour atteindre ce niveau de croissance, il sera nécessaire de réaliser des gains de productivité compte tenu des projections démographiques défavorables à l’apport du facteur «travail» au cours des prochaines années.

La Banque s’attend à ce que le dynamisme de l’économie canadienne s’appuie sur l’accélération des exportations stimulées par la vigueur américaine, sur la reprise des investissements qui se fait cependant toujours attendre en raison possiblement de la prudence des investisseurs à l’affût d’une confirmation encore plus ferme de la reprise américaine et sur des dépenses de consommation vigoureuses.

Selon la Banque, les risques entourant les perspectives à l’égard de l’inflation sont équilibrés et dans ce cadre, le taux cible du financement à un jour reste à 1 %.