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18/112014

À titre de rappel

Capitale-Nationale

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES INTERNATIONALES ET RÉGIONALES DU SECTEUR MINIER: VERS UN NOUVEAU CYCLE MINIER?- 18 NOVEMBRE 2014

La section de la Capitale-Nationale de l’Association des économistes québécois était chargée de l’organisation d’un après-midi d’échanges dans le cadre du Congrès annuel Québec Mines 2014 le 18 novembre dernier. Près de 200 personnes ont assisté à cet événement. Plusieurs questions d’importance sur l’évolution future du secteur minier au Québec ont été abordées par les trois conférenciers invités : M. John Mothersole, analyste principal senior chez IHS Global Insight, M. Nadim Kara, directeur principal de programme, Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs et, finalement, M. Jean-Thomas Bernard, professeur invité à l’Université d’Ottawa.

La présentation de M. Mothersole a permis d’avoir une vue globale de l’évolution de l’économie mondiale et des marchés internationaux des métaux. Globalement, on assiste à une lente reprise, résultat de la faible performance des économies européenne et  japonaise compensée par la vigueur plus encourageante de l’économie américaine et de la poursuite, bien que moins appuyée, de la croissance de la Chine. L’économie mondiale devrait croître de 3,2 % et de 3,6 % respectivement en 2015 et 2016. Ces estimations devront-elles être revues à la baisse comme ce fut le cas pour les derniers exercices de prévision? Des nuages à l’horizon subsistent : les américains ne perçoivent pas la reprise concrètement et limitent leur consommation, la déflation guette l’Europe, la Chine compose avec un changement structurel majeur en s’appuyant davantage sur la demande intérieure et moins sur les besoins de produits manufacturés de l’économie mondiale, etc. Bien qu’inusuel en temps de reprise, le prix des matières premières affiche une tendance baissière dans les circonstances. Par conséquent dans cette période de forte liquidité, les investisseurs vont délaisser les marchés des commodités pour les marchés financiers. Les prix des matières premières devraient rester bas aussi en raison de la plus faible demande de la Chine qui pèse beaucoup dans la demande mondiale et de la force du dollar américain. Cette toile de fonds signifie que pour le secteur minier, il devrait s’ensuivre une lente accélération des prix et des coupures dans les budgets d’exploration («mismatch»). M. Mothersole a terminé sa présentation en parlant de l’environnement politique et de son impact sur l’exploration minière. L’indice développé par l’Institut Fraser montre que le Québec et le Canada affichent un résultat favorable à l’exploration plus que la moyenne mondiale. En conclusion, le conférencier a soutenu qu’après le cycle de prix élevés de la dernière décennie, les bas prix actuels des matières premières sont les prémisses du prochain rebond, étant donné la nature cyclique de ces secteurs.

Présentation de M. John Mothersole

Le deuxième conférencier, M. Nadim Kara, a d’abord montré l’importance de l’industrie minérale au Canada : plus de 400 000 emplois en 2013 et  plus de 3 000 compagnies. L’industrie fait face cependant à deux difficultés structurelles majeures exacerbées par le cycle baissier actuel : le déclin des réserves des métaux de base et les volumes de production en diminution. Le premier élément commande que le Canada appuie une exploration soutenue pour faire de nouvelles découvertes et le second élément montre l’importance d’agir pour transformer les découvertes en mines exploitées. M. Kara a présenté les moyens qui pourraient être mis en place pour faire face à ces défis afin que le Canada regagne son statut de destination privilégiée pour l’exploration : mise en place d’incitatifs fiscaux, révision de la réglementation des marchés des capitaux pour faciliter la levée de capitaux, révision des restrictions d’accès aux sites potentiels, amélioration du processus de consultation.

Présentation de M. Nadim Kara

 

M. Jean-Thomas Bernard a clos cet après-midi d’échanges sur le secteur minier en présentant un portrait de la contribution de l’industrie minière à l’économie canadienne et québécoise. Il a dans un premier temps fait voir l’évolution sur un siècle de la place des ressources naturelles dans l’économie. En 1900, les ressources naturelles comptaient pour 20 % du PIB, alors qu’en 1996, elles ne représentaient plus que 12 %. En termes d’emploi, la chute est encore plus frappante : l’emploi dans les ressources naturelles est passé de 18 % à 6% sur  la même période. Cependant la part du capital s’est accentuée en raison de l’accessibilité plus difficile aux gisements et à leur moindre teneur. À l’échelle internationale, le Canada est toujours vu comme un producteur important mais pas dominant. Au Québec, le PIB du secteur minier est d’environ  1%,  basé principalement sur le fer. Les coûts d’exploration et d’exploitation sont sensiblement élevés, ce qui rend le secteur sensible aux cycles des prix des matières premières. Par ailleurs, le professeur Bernard a fait un tour d’horizon des différentes façons d’évaluer les projets miniers ou l’apport dans l’économie du secteur minier : le calcul de la valeur ajoutée, les études d’impact, les analyses avantages- coûts. M. Bernard a conclu en soulignant qu’il faut reconnaître que le Québec, relativement à d’autres régions dans le monde, est devenu une région d’exploitation à coût élevé.