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10/122014

À titre de rappel

Capitale-Nationale

DÎNER-CONFÉRENCE AVEC LE MINISTRE DES FINANCES, M. CARLOS LEITÃO- Section de la Capitale-Nationale

Le 10 décembre dernier, la section de la Capitale-Nationale de l ’Association des économistes québécois, en collaboration avec le Cercle finance du Québec et l’Ordre des CPA de Chaudière–Appalaches et de Québec, avait l’honneur de recevoir comme conférencier le ministre des Finances du Québec, M. Carlos Leitão. Plus de 400 personnes se sont déplacées pour entendre le grand argentier faire le point sur la situation des finances publiques et exposer  le plan de développement économique du gouvernement. M. Clément Gignac, vice-président principal et économiste en chef à l’Industrielle Alliance, animateur du dîner-conférence, a présenté avec beaucoup d’humour M. Leitão, nouveau venu en politique, mais bien connu cependant de l’auditoire pour sa grande renommée à titre de prévisionniste de la conjoncture économique.

 

Présentation de Mme Margaret F. Delisle sur la Fondation Québec Philanthrope

Avant que le ministre des Finances ne prenne la parole, Mme Margaret F. Delisle a été invitée à dire quelques mots concernant la Fondation Québec Philanthrope dont elle préside le conseil d’administration. Mise sur pied en 1993, à l’initiative de Centraide, cette fondation, ayant pour mission de promouvoir la philanthropie par la création de fonds de dotation et d’attribuer de l’aide financière, regroupe actuellement plus de 550 fonds dédiés et remet annuellement plus d’un million de dollars pour soutenir les causes choisies par les créateurs des fonds. Mme Delisle a convié l’assistance à visiter le site internet de la fondation pour en savoir davantage sur la mission et le fonctionnement de la Fondation Québec Philanthrope : http://quebecphilanthrope.org/index.php

Présentation de M. Carlos Leitão, ministre des Finances du Québec

En avant-propos à sa conférence, M. Carlos Leitão, ministre des Finances du Québec, a tenu à rendre un hommage bien senti à ses fonctionnaires en soulignant leur force de travail et leurs compétences. Il a par la suite traité de son premier sujet : le point sur la situation des finances publiques. M. Leitão a rappelé qu’à l’arrivée au pouvoir de son gouvernement, les déficits anticipés pour 2014-2015 et 2015-2016, si rien n’avait été fait pour freiner l’évolution des dépenses, auraient atteint respectivement 5,9 G$ et 7,3 G$. De son point de vue, les dépenses publiques sont soumises à des pressions bien réelles : augmentation des besoins en raison de la démographie, hausse des coûts reliés à la rémunération des employés de l’État, ajouts continuels de programmes, etc. Cependant, le Québec, déjà très endetté,  ne peut continuer à enregistrer déficits après déficits. Déjà, le coût du service de la dette se chiffre à 11 G$. La situation doit être corrigée.

Le ministre des Finances a poursuivi en parlant du contexte économique dont les détails sont présentés dans Le point sur la situation économique et financière du Québec rendu public le 2 décembre dernier. La croissance de l’économie québécoise à hauteur de 1,6 % pour 2014 n’est pas satisfaisante aux yeux du ministre. Mais, selon lui, il y a quand même progrès comparativement au 1 % enregistré en 2013, alors que le PIB nominal n’a crû d’à peine 1,5 % en raison d’un faible taux d’inflation, symptôme de la faiblesse de la demande. En 2015, la situation continuera de s’améliorer étant donné la hausse attendue des exportations et de l’investissement privé. La croissance du PIB réel devrait ainsi atteindre 1,9 %. M. Leitão ne croit pas qu’il soit opportun, à ce stade, de mettre en place des mesures pour stimuler les dépenses de consommation, d’abord parce qu’il considère qu’elles évoluent à un bon rythme depuis quelques années et qu’il craint ensuite qu’un surcroit de consommation ne se traduise par un endettement additionnel des ménages déjà très élevé. Bien que l’évolution de l’économie mondiale soit décevante globalement, les perspectives encourageantes au sud de la frontière sont globalement de bon augure pour le Québec.

Le ministre des Finances a ensuite fait le point sur les rentrées fiscales. Selon ses dires, les revenus de l’État sont au rendez-vous puisque la croissance du PIB nominal a atteint le taux  de croissance prévu de 3,5 % en 2014. Il a rappelé que dans le dernier budget, il avait été indiqué que des mesures devaient être prises par son gouvernement pour augmenter les revenus de l’ordre de 600 M$. C’est ce qui a été fait dans le cadre du la mise à jour économique.  Il n’y aura pas d’autre mesure à mettre en place en 2014-2015 du côté des revenus. Par contre, des efforts doivent être poursuivis au niveau des dépenses. M. Leitão a tenu à préciser que le vocable «austérité» ne s’applique pas au Québec. Il vaut pour le contexte européen où les dépenses publiques de pays comme la Grèce ou l’Espagne ont diminué d’une année par rapport à la précédente, alors qu’au Québec, on doit parler plutôt de rigueur budgétaire étant donné que l’État s’en tient à limiter leur croissance.  Selon le ministre des Finances, il faut cependant réussir à y parvenir car autrement la stabilité financière du Québec risquerait d’être en péril compte tenu du taux d’endettement public déjà très élevé.

Comment alors arriver à l’équilibre budgétaire? Sur les 7 G$ de diminution de dépenses à réaliser, 50 % a été pointé au budget, et avec Le point sur la situation économique et financière du Québec, c’est maintenant  84 % de l’objectif qui a été identifié . L’effort demandé se répartit comme suit : 8 % du côté des particuliers, 72 %  relié aux opérations de l’État, 11 % du côté des entreprises et 9 % en lien avec les programmes. Il reste environ un milliard de dollars à circonscrire. Les deux commissions mises en place devraient aider à la réflexion. Cependant, la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise ne devrait pas proposer de générer des revenus supplémentaires, son objectif étant de changer de façon structurelle la fiscalité de manière à la rendre plus efficiente, plus souple et plus incitative.

Le ministre des Finances a terminé sa conférence en présentant le plan de son gouvernement pour relancer l’économie. Premièrement, M. Leitão entend stimuler l’investissement privé afin notamment de profiter des retombées de l’accélération de l’économie américaine sur le plan des exportations. Pour ce faire, le fardeau fiscal des PME est réduit (à partir du 1avril 2015, il sera sensiblement égal à celui de l’Ontario pour les PME manufacturières). Il compte aussi sur l’action d’Investissement Québec, la mise en œuvre du Plan Nord et sur la Stratégie Maritime. Deuxièmement, selon le ministre des Finances, il faut miser sur l’innovation. Afin d’aider davantage d’entreprises à se tourner vers cette voie, plusieurs fonds ont été mis en place ou verront leur capital augmenté. Le troisième axe identifié par le ministre est celui de l’économie verte; M. Leitão a insisté sur la nécessité pour le Québec, comme pour toutes les juridictions, de faire la transition vers une économie «décarbonisée». Le défi sera immense compte tenu notamment de notre situation géographique. Le gouvernement misera sur le Fonds vert pour aider le Québec à faire ce passage. Finalement, l’équilibre budgétaire fait partie de l’équation pour assurer la relance économique du Québec, car si les cibles ne sont pas atteintes, l’incertitude s’installera et la crédibilité de l’État ainsi que la stabilité financière seront mises en jeu, annulant de ce fait tous les autres efforts consentis.

M. Clément Roberge, président du Cercle finance Québec, a clos l’événement en remerciant chaleureusement les orateurs de même que les participants qui s’étaient déplacés en aussi grand nombre. Il a profité de l’occasion également pour inviter l’assistance à l’activité du 22 janvier, réalisée en collaboration avec l’Association des économistes québécois, où s’affronteront comme à chaque année, les prévisionnistes de grandes institutions financières.

 

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