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20/022015

À titre de rappel

Capitale-Nationale

JOURNÉE D'ÉCONOMIE APPLIQUÉE 2015

Activité organisée par l’Association des étudiant(e)s en économique aux cycles supérieurs de l’Université Laval(AÉÉCSUL), le CIRPÉE, le CREATE et l’Association des économistes québécois.

                                          

Encore une fois, l’édition 2015 de la Journée d’économie appliquée à l’Université Laval a été une réussite sur tous les plans. Non seulement cette activité a-t-elle permis aux étudiant(e)s des cycles supérieurs en économique de partager les résultats de leur recherche avec des collègues étudiants et des économistes en emploi, mais elle leur a donné aussi l’occasion de prendre la mesure d’une carrière en économique. Cette année, Claudia Godbout, analyste  principale à la Banque du Canada et Yvan Loubier, conseiller principal et économiste de la firme National, ont chacun à leur façon illustré le travail et le rôle des économistes. Bravo à tous les présentateurs pour les enrichissantes communications!

                                             

Après les mots d’ouverture, les modérateurs Sébastien Pagé, représentant étudiant de la section de la Capitale-Nationale de l’Association des économistes québécois,  et  Stéphanie-Isabelle Brunet, de l’AÉÉCSUL, ont invité tour à tour les intervenants à prendre la parole.

Koami Dzigbodi Amegble

Tests non paramétriques de spécification pour densité conditionnelle : Application à des modèles de choix discrets

Directeurs : Carlos Ordás Criado et Guy Lacroix

M. Amegble a d’abord montré, à l’aide d’exemples, qu’il arrive fréquemment  que les tests statistiques rejettent les relations postulées alors que le modèle économique n’est pas forcément erroné. Dans les modèles de choix discret plusieurs estimateurs sont proposés dans la littérature : maximum de vraisemblance logit/probit (1974), les transformations de Fourier de Creel et Loomis (1997), etc. Que faire si tous ces modèles sont rejetés? Pour contourner le problème, M. Amegble a utilisé deux tests non paramétriques très récents : Fan, Li et Min (2006) et Li et Racine (2013). Ces tests, en plus de démontrer une bonne performance statistique en échantillon fini, ont également permis une sélection automatique des facteurs explicatifs pertinents et ont proposé directement un modèle statistique alternatif lorsque tous les modèles économiques ont été rejetés. M. Amegble les a utilisés avec succès pour estimer la probabilité que des citoyens californiens acceptent la mise en œuvre d’une politique environnementale les protégeant des effets néfastes d’une exposition à des déchets dangereux, alors que les modèles de Creel et Loomis avaient échoué.

 

Pierre-Alexandre Caron

Déterminants du profit d’une firme suite à l’innovation d’un antibiotique

Directeurs : Markus Hermann

M. Caron a, dans un premier temps, montré que l’ampleur des coûts reliés à la résistance bactérienne aux antibiotiques, autant en Europe qu’aux États-Unis, en fait une question sociétale de premier ordre qui justifie l’intérêt de travailler à comprendre les déterminants du profit d’une firme à la suite de l’innovation d’un antibiotique. Le principe de base de l’examen de cette question réside dans le fait que plus on utilise un antibiotique (flux) parce qu’il tue un grand nombre de bactéries, moins son efficacité (stock) va être grande. En fait, on peut voir le problème comme en étant un de gestion de ressource naturelle. M. Caron a étudié deux situations : la première, où une firme possède un réservoir d’efficacité de traitement différent de ses concurrents et une seconde, où la firme possède un réservoir d’efficacité exploité conjointement par elle et ses concurrents. Dans le premier cas, il a trouvé que la firme va attribuer une valeur implicite positive par rapport à son propre réservoir et négative relativement au réservoir concurrent étant donné la perte de bénéfices due à la concurrence. Dans le deuxième cas, la firme accordera une valeur implicite positive au réservoir partagé car plus la qualité de l’antibiotique du concurrent est bonne, plus il sera utilisé et plus son efficacité va baisser. Par contre, la firme devra escompter davantage les revenus futurs de l’exploitation du réservoir commun.

 

Arnaud Blanquaert

La fiscalité québécoise et l’incitation au travail

Directeurs : Bernard Fortin et Jean-Yves Duclos

M. Blancquaert  a utilisé un modèle de microsimulation comptable reproduisant les systèmes d’impôts et de transferts au Québec et en Ontario de manière à calculer les taux marginaux effectifs d’imposition (TMEI) et les taux d’imposition à la participation sur le revenu du travail (PTR). Les résultats de l’analyse empirique permettront de comprendre l’impact de la fiscalité et des transferts sociaux sur le comportement des agents sur le marché du travail.

 

Nicolas Corneau-Tremblay

Les heures supplémentaires des infirmières et les risques sanitaires des nouveau-nés en néonatalogie : une analyse économétrique

Directeur : Guy Lacroix

La présentation de M. Corneau-Tremblay a débuté par un survol de la littérature sur le sujet des effets des heures supplémentaires des infirmières. Un ensemble d’études démontre sans équivoque que les heures supplémentaires de ce personnel entraîne une détérioration de leur santé (blessures, fatigue excessive, troubles du sommeil). Par contre, les résultats de recherches sur les effets des heures supplémentaires des infirmières sur les patients sont  moins clairs en raison de problèmes méthodologiques (variables omises, diversité de l’organisation spatiale des unités, problèmes d’endogénéité). Le modèle de M. Corneau-Tremblay pare à ces difficultés en considérant une seule unité de soins, la néonatalogie, et en utilisant la méthode des variables instrumentales pour éviter l’endogénéité. Les résultats obtenus par M. Corneau-Tremblay, à partir de l’étude effectuée sur des données de 2008 à 2013 concernant  7 430 nouveau-nés, suggèrent que les heures supplémentaires travaillées augmentent la probabilité de contracter une infection nosocomiale et l’occurrence d’accidents chez le nouveau-né. Aucun effet n’a été trouvé cependant sur la probabilité de décès.

 

Claudia Godbout

Les coulisses de la politique monétaire à la Banque du Canada

Analyste principale à la Banque du Canada

Ancienne graduée du département d’économique de l’Université Laval, Mme Godbout a partagé avec l’auditoire l’expérience de travail d’économiste qu’elle vit présentement à la Banque du Canada en tant qu’analyste. Elle a présenté les différentes étapes menant à la détermination du taux directeur, décision que la Banque du Canada prend à huit reprises au cours d’une année et qui donne lieu à la production de quatre rapports sur la politique monétaire.

 

Dandé Bienvenu Tossou

Étude empirique du profil de rémunération des diplômés de maîtrise en économique de l’Université Laval

Directeurs : Bruce Shearer et Philippe Barla

Est-ce que le passage du baccalauréat à la maîtrise constitue un investissement rentable? C’est la question à laquelle M. Tossou a voulu répondre en utilisant une méthode qui combine l’analyse coût-bénéfice de Becker et l’analyse économétrique de Mincer à partir des données portant sur les diplômés d’économique à la maîtrise de l’Université Laval. D’après la théorie du capital humain, la réponse devrait être positive. En effet, un niveau d’éducation plus élevé entraînerait une augmentation du capital humain ayant à son tour un effet positif sur la productivité de l’individu, lequel générerait une hausse de rémunération et ce, à la condition que les bénéfices engendrés soient plus élevés que les coûts assumés pour les années d’études supplémentaires. Les résultats obtenus par M. Tossou vont dans ce sens : un diplômé de maîtrise a une espérance de rémunération  supérieure de 18 % à celle d’un détenteur d’un diplôme de baccalauréat selon le modèle économétrique utilisé. De plus, le rendement privé de la maîtrise par rapport au baccalauréat est estimé à 7,34 % pour les hommes  et à 7,47 % pour les femmes. Le rendement social, évalué à 5,23 %, est inférieur au rendement privé étant donné la prise en compte du coût réel de la scolarisation qui inclut les subventions de l’État.

 

Mathieu Pellerin

Évolution des salaires horaires au Canada entre 1980 et 2010

Directeur : Jean-Yves Duclos

Sur la période 1980-2010, les salaires ont augmenté au Canada mais pas autant que les changements positifs du niveau d’éducation et d’expérience lié au phénomène du vieillissement de la population auraient commandé. De plus, les inégalités de revenu ont crû de façon considérable depuis le milieu des années 1970. M. Pellerin a cherché à expliquer cette évolution. Il a trouvé que les changements des caractéristiques observables (démographiques, éducation) expliquent moins de 25 % de l’augmentation de l’inégalité. Le principal facteur responsable  de la hausse de l’inégalité s’avère la croissance des salaires du 0,1 % des mieux rémunérés. De plus, M. Pellerin a pu montrer qu’en situation de contrôle de la hausse des qualifications des travailleurs, le salaire horaire moyen a diminué entre 1980 et 2010 au Canada.

 

Mardochée Mokengoy

Transmission de volatilité entre le prix du pétrole, le taux de change et l’indice boursier

Directeurs : Stephen Gordon et Benoit Carmichael

Selon M. Mokengoy, il est intéressant d’étudier la volatilité, puisqu’une meilleure compréhension du phénomène pourrait  permettre de mieux gérer l’incertitude. De plus, la littérature montre que chacune des volatilités liée au prix du pétrole, au taux de change et à l’indice boursier influence plusieurs variables macroéconomiques associées au cycle économique (production, exportation).  Également, il appert que des liens étroits existent entrent les indices de volatilité et les événements économiques et politiques. Dans sa recherche, M. Mokengoy a cherché à vérifier l’existence d’une transmission de volatilité, la direction de la transmission et la stabilité de la relation. Pour ce faire, il a utilisé un modèle multivarié GARCH-BEKK pour le Canada et les États-Unis durant la période de janvier 1999 à mars 2014. Les résultats obtenus montrent  qu’au Canada il existe une transmission bidirectionnelle de volatilité entre le taux de change et l’indice boursier TSX, une transmission positive de l’indice boursier au prix du pétrole et une transmission négative du taux de change au prix du pétrole. En divisant la période d’analyse en sous-périodes, il apparaît que les relations observées varient dans le temps. Pour les États-Unis, seuls les résultats de deux périodes doivent être considérés; il y a bien transmission de volatilité mais ces relations ne sont pas stables dans le temps.

 

Yvan Loubier

Parcours professionnel d’un économiste

Conseiller principal et économiste, National

M. Loubier, invité à venir présenter son parcours professionnel, a débuté son allocution en faisant part à l’auditoire des inspirations qui avaient guidé son choix pour la carrière d’économiste. D’abord, un professeur au CEGEP lui a fait découvrir la science économique comme outil intéressant d’analyse de  l’actualité. La deuxième source d’inspiration probante fut la présentation éloquente du premier budget du Québec du gouvernement du Parti québécois par M. Parizeau, ministre des Finances.

M. Loubier a précisé qu’il n’avait jamais eu de plan de carrière. Sa seule ambition aura été de toujours faire ce qu’il aimait faire, de toujours le faire avec rigueur, de chercher le bonheur en quelque sorte.

Du fait qu’il n’ait pas choisi de spécialités, M. Loubier s’est qualifié «d’économiste épicurien».  Il a opté pour la multiplicité de champs couverts lors de sa formation. Il a souligné son intérêt pour l’économie du marché du travail et rappelé à cet effet l’élaboration de sa thèse sur les déterminants des salaires et des avantages sociaux avec les difficultés informatiques de l’époque (cartes perforées, traitement en lot). Les relations internationales, les finances publiques et l’analyse bénéfice-coût ont aussi fait partie de ses champs de prédilection. Il a également fait le plein des outils mathématiques, statistiques et économétriques pour être en mesure de savoir analyser, mesurer et critiquer les analyses économiques. M. Loubier considère qu’il a fait un bon choix académique qui lui a permis de saisir toutes les occasions professionnelles qui l’intéressaient.

Il a ainsi travaillé cinq ans avec M. Parizeau, fait des analyses bénéfice-coût de projets d’investissements à Montréal et pour des sociétés portuaires, travaillé comme économiste en chef à l’Union des producteurs agricoles, mené des projets industriels du début à la fin, été député et porte-parole d’économie et des finances au Bloc québécois. Après son départ de la politique, il a opté pour travailler à la firme National, firme de relations publiques, et a développé un segment de développement de projets économiques autant dans le secteur minier, manufacturier que touristique.  Dans ce type d’emploi, il utilise ses compétences pour expliquer de façon compréhensible les projets des promoteurs et pour en favoriser l’acceptabilité sociale. Il collabore aussi à La Presse et au journal Le Soleil.

M. Loubier a poursuivi ses propos en soulignant l’importance de la rigueur et de l’exercice d’un bon jugement, de même que la nécessité de la préoccupation de l’humain et du souci de bien vulgariser. Il a aussi fait part de ses observations et inquiétudes à l’égard de l’attitude négative des québécois  concernant les projets économiques («pas dans ma cour»). Il y a de l’éducation économique à faire sur l’importance de créer de la richesse si le Québec veut maintenir le niveau des services publics actuel.

M. Loubier a terminé sa présentation en souhaitant à tous les étudiant(e)s la meilleure des chances dans leur future carrière et d’avoir autant de plaisir que lui à exercer ce métier.

 

                 

Coquetel

La Journée d’économie appliquée s’est terminée par un coquetel offert par la section de la Capitale-Nationale de l’Association des économistes québécois, occasion saisie par plusieurs pour féliciter les conférenciers participants et pour poursuivre le réseautage amorcé dans les pauses de l’activité.

Captation vidéo:

Témoignage de M. Yvan Loubier

Présentations des étudiants