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11/032015

À titre de rappel

Outaouais

LA BAISSE DU COURS DU BARIL DE PÉTROLE: Est-ce que le Centre du Canada pourra compenser pour la plus faible croissance de l’Ouest?  - Section de l’Outaouais

 

La section de l’Outaouais de l’Association des économistes québécois  a organisé le 11 mars dernier un 5 à 7 lors duquel deux conférenciers, Louis Thériault, vice-président, Politiques publiques, du Conference Board du Canada et Jean-Pierre Aubry, fellow associé au CIRANO et membre du Comité des politiques publiques de l’Association des économistes québécois, ont discuté des diverses conséquences de la baisse du prix du baril de pétrole sur l’économie canadienne. 

 

Depuis quelques mois, la chute du prix du pétrole est un sujet qui revient fréquemment dans l’actualité. Le ralentissement très important de l'économie chinoise, combiné à une hausse plus rapide que prévu de la production de pétrole (non conventionnel) aux États-Unis et au refus de l'Arabie Saoudite de baisser davantage sa production, ont tiré les prix vers le bas. Ces développements continueront d’avoir un impact important sur l’économie canadienne, et ce, tant sur le développement futur des sables bitumineux en Alberta que sur le redressement du secteur manufacturier au Québec et en Ontario.

Les deux conférenciers ont présenté la baisse du prix mondiale du baril de pétrole principalement comme un choc d’offre produit par de nouvelles technologies d’extraction.  Si ce choc est une bonne chose pour l’ensemble de l’économie mondiale, plusieurs régions, notamment les régions productrices de pétrole seront négativement affectées. La remontée du prix du baril de pétrole sera relativement lente parce que ce choc technologique est permanent et parce que de nombreux pays producteurs auront beaucoup de difficulté à restreindre leurs exportations de pétrole car les revenus du pétrole leurs sont nécessaires pour équilibrer leur budget.

M. Thériault a présenté une projection où le prix mondial du pétrole passerait de 50 $ en 2015 à près de 70 $ en 2016 et où le PIB du Canada croîtrait à un taux moyen de près de 2 % en 2015 et 2016. Un des facteurs qui supporterait ce taux de croissance est la bonne tenue de l’économie américaine et la capacité du Canada central de profiter de cette situation et de la baisse de la valeur de notre devise, par le biais de ses exportations de produits manufacturés. Les facteurs qui ralentissent cette croissance du PIB Canadien sont, entre autres, le faible niveau d’investissement (notamment dans le secteur pétrolier) et le désendettement du secteur public et des consommateurs.

M. Aubry a discuté de l’effet de la baisse du prix du pétrole sur le PIB potentiel du Canada. Selon lui, un tel choc risque de diminuer ce potentiel pour un certain temps. En effet, il avance qu’il faudra une période d’ajustement pour déplacer le pôle de croissance d’une région à une autre (de l’Ouest au Centre) et d’un secteur à un autre (du secteur pétrolier au secteur manufacturier). Face à un choc d’offre, M. Aubry ne croit pas nécessaire la mise en place d’une politique monétaire plus expansionniste de la part de la Banque du Canada impliquant une ou deux autres baisses du taux directeur. Il se demande s’il ne serait pas plutôt souhaitable d’avoir une politique budgétaire plus expansionniste supposant un nombre d’interventions dans des domaines tels que : l’aide à l’investissement pour les entreprises d’exportation, l’aide à la mobilité des travailleurs, l’aide au transport vers les États-Unis, etc. M. Aubry a également évoqué  la possibilité que les gouvernements du Canada puissent rater, avec la baisse du prix du pétrole, une belle opportunité de s’accaparer la rente pétrolière et de travailler à protéger davantage l’environnement.

   

Résumé effectué par Sylvain Côté et Jean-Pierre Aubry

Présentation de M. Louis Thériault

Présentation de M. Jean-Pierre Aubry