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12/022016

À titre de rappel

Capitale-Nationale

Journée d’économie appliquée 2016- Section de la Capitale-Nationale

Activité organisée par l’Association des étudiant(e)s en économique aux cycles supérieurs de l’Université Laval(AÉÉCSUL), le CIRPÉE, le CREATE et l’Association des économistes québécois.

La Journée d’économie appliquée 2016 a remporté un vif succès, tout comme les éditions précédentes. Les étudiants en économique des cycles supérieurs de l’Université Laval, qui ont présenté leurs résultats de recherche, ont démontré non seulement leur capacité de réaliser des travaux de haut niveau mais également leur grand sens de la communication. Bravo à tous! Les participants à ce rendez-vous annuel ont aussi profité des allocutions d’économistes d’expérience, dont  M. Jean Cloutier, négociateur et gestionnaire de portefeuille à la Caisse de dépôt et placement du Québec, et Sébastien Larochelle-Côté, rédacteur en chef de la revue Regards sur la société canadienne de Statistique Canada, qui ont illustré concrètement, à partir de leurs expériences de travail, en quoi peut consister la carrière d’économiste.

 

Après les mots d’ouverture dont celui du doyen de la Faculté des sciences sociales, M. François Gélineau, les animateurs Cédric Noël, représentant étudiant à la section de la Capitale-Nationale de l’Association des économistes québécois, et Raphaël Langevin de l’AÉÉCSUL ont invité les intervenants à prendre la parole.

 

Mamadou Yaya Diallo

Les interactions sociales sur le marché du travail : une expérience de terrain

Directeurs : Bruce Shearer et Bernard Fortin

 

L’objectif de recherche de M. Diallo était d’évaluer l’influence des amis sur la productivité individuelle des employés. Pour ce faire, il a utilisé des données d’une entreprise de reboisement pour laquelle la productivité est mesurée par le nombre d’arbres plantés.  Le travail s’est fait en deux parties. Dans un premier temps, M. Diallo a tenté d’évaluer l’influence de la présence d’au moins un ami dans la productivité d’un employé, à la manière de Bandiera et al. (2010). Les résultats ainsi obtenus sont à l’effet que la présence d’un ami n’a pas d’influence sur la productivité individuelle.  Pour la seconde partie, un modèle d’interaction sociale a été utilisé comme dans Beugnot et al. (2013) pour évaluer l’influence des pairs et vérifier si la productivité moyenne des amis a un impact sur la productivité individuelle d’un employé. Dans ce cas, il a été trouvé que la performance individuelle augmente avec celle du groupe d’amis, résultats conformes à ceux obtenus par Beugnot et al. (2013).

 

Nicolas Bernatchez

Analyse désagrégée des déterminants de la demande de transport en commun dans la région de Québec

Directeurs : Philippe Barla et Carlos Ordas Criado

 

M. Bernatchez a cherché à identifier et à quantifier les déterminants individuels de la demande de transport en commun pour les déplacements domicile-travail à l’heure de pointe dans la région de Québec. Un modèle probit multivarié a été utilisé et estimé avec des données de l’enquête Origine-Destination 2006 du ministère des Transports du Québec. Les résultats montrent qu’une accessibilité élevée au transport en commun dans la zone de résidence entraînerait une augmentation de la probabilité de posséder un faible nombre de véhicules automobiles dans le ménage. Aussi, il ressort qu’un niveau de revenu plus élevé accroît la probabilité qu’un individu ait un véhicule à sa disposition et diminue sa probabilité d’aller au travail en autobus. De plus, il faut une diminution importante du temps nécessaire pour effectuer un trajet en autobus par rapport au temps de déplacement en voiture pour qu’un automobiliste choisisse l’autobus.

 

Maxime Barbeau

Distorsion de l’agenda politique en présence de lobbyisme informationnel

Directeurs : Arnaud Dellis

 

Dans son mémoire, M. Barbeau cherche à déterminer comment l’intervention des lobbys influence l’agenda politique et si leur présence est souhaitable d’un point de vue sociétal. Pour y parvenir, il propose un modèle théorique portant sur la distorsion de l’agenda politique. Son modèle met en présence un décideur politique et deux lobbys ayant chacun une préférence pour une politique à adopter et qui tentent d’orienter le décideur à l’aide de l’information transmise. Bien que les résultats actuels ne soient pas définitifs, ceux-ci porteraient à croire que l’activité des lobbys peut être positive ou négative selon les conditions en présence.

     

Kévin Coulombe

Conséquences macroéconomiques de l’établissement de la rente de longévité

Directeurs : Kevin Moran et Benoît Carmichael

 

L’objectif du mémoire de M. Coulombe est d’évaluer les conséquences macroéconomiques de l’établissement d’une rente longévité telle que proposée dans le rapport du comité d’experts sur l’avenir du système de retraite québécois, deposé en 2013 par son président, M. Alban D’Amours. Une extension du modèle dynamique d’équilibre général à générations imbriquées de Gertler (1999) a été développée pour la circonstance. Le cycle de vie a été divisé en trois stades : le travail, la retraite active et la retraite inactive. Dans ce cadre théorique, les individus ont la possibilité de participer au marché du travail pour les deux premiers stades mais pas dans le troisième où les personnes bénéficient de la rente longévité. Le modèle est utilisé pour simuler trois scénarios de politiques : absence de rente, rente financée par une taxe forfaitaire, rente financées par un impôt sur le revenu de travail. Les résultats obtenus suggèrent que la rente de longévité occasionnerait des ajustements endogènes non négligeables. Notamment, lorsque la rente longévité est financée par un impôt sur le revenu, il est observé une diminution des incitatifs au travail et un état de l’économie où le capital est moins présent, les salaires sont plus bas et où la richesse totale des individus est plus faible. Le financement par une taxe forfaitaire entraîne aussi des effets négatifs mais la mutualisation du risque de longévité mitige ces impacts.

 

Jean Cloutier

Négociateur et gestionnaire de portefeuille, Caisse de dépôt et placement du Québec

La gestion de portefeuille à la Caisse de dépôt et placement

 

Ancien diplômé de l’Université Laval, M. Cloutier a partagé avec l’auditoire les principaux jalons de sa carrière. En plus de sa maîtrise en économique obtenue en 2009, M. Cloutier a également le titre de CFA. Il a œuvré comme analyste en gestion de risque et travaillé à titre de négociateur de titres à revenu fixe. Il est présentement négociateur et gestionnaire de portefeuille de titres à revenu fixe à la Caisse de dépôt et placement du Québec. M. Cloutier a présenté les raisons qui l’ont motivé à travailler en finance dont, notamment, la mise en application de ses connaissances en économie et en mathématiques et le fait que ce domaine offre des possibilités d’apprentissage illimitées et le développement de compétences exportables mondialement. Il a par la suite dressé un portrait de la Caisse de dépôt et placement du Québec et rappelé son mandat : «optimiser le rendement du capital de ses déposants dans le respect de leur politique de placement, tout en contribuant au développement économique du Québec». M. Cloutier a expliqué subséquemment en quoi consistait la gestion de portefeuille de titres à revenus fixes qui comportent les produits de taux d’intérêt, les crédits gouvernementaux et les crédits aux entreprises et a illustré le tout en présentant le déroulement d’une journée-type. L’auditoire a beaucoup apprécié entrer dans les coulisses de la Caisse, l’un des plus importants gestionnaires de fonds institutionnels au Canada.

       

 

Jérémie Dorval

La taxe sur l’essence et l’internationalisation des coûts sociaux des véhicules légers au Québec

Directeur : Philippe Barla

 

L’objectif principal du mémoire de M. Dorval consiste à calibrer quelle devrait être la taxe sur l’essence au Québec qui permettrait d’internaliser les coûts externes causés par l’usage des véhicules légers tels ceux reliés à la congestion, aux accidents, à la pollution atmosphérique locale et au réchauffement global. À partir de données spécifiques au Québec, ce niveau de taxe pigouvienne a été évalué à l’aide de la formulation proposée par Parry (2009a). À partir des estimations obtenues, cette taxe s’élèverait globalement à un peu plus de 0,30 $ par km à Québec et à un peu plus de 0,40 $ par km à Montréal, le coût moyen de la congestion étant plus élevé dans la métropole. Il s’agirait cependant d’une solution de second rang puisque la taxe sur l’essence n’envoie qu’un signal imparfait aux automobilistes.

 

Étienne Piedboeuf

Politique de fractionnement du revenu aux fins d’impôts : quels en sont les coûts et quel est son impact sur l’offre de travail des ménages en couple?

Directeurs : Bernard Fortin et Jean-Yves Duclos

 

Comme le titre du mémoire l’indique, la recherche de M. Piedboeuf avait pour but d’évaluer les coûts de la mesure annoncée par le gouvernement conservateur dans son budget de 2015-2016 sur le fractionnement du revenu de travail pour les couples ayant un enfant de moins de 18 ans, mesure qui a  été abolie par le gouvernement libéral le 22 mars 2016 . M. Piedboeuf a d’abord estimé que le coût de cette mesure, en supposant un comportement constant au niveau de l’offre de travail, pourrait atteindre 2,9 milliards de dollars plutôt que les 2,2 milliards prévus par le gouvernement. Il a aussi montré l’effet régressif de la mesure; en effet, 10 % des ménages les plus fortunés recevraient 20 % des réductions d’impôt découlant du fractionnement du revenu. En utilisant un modèle d’offre de travail à choix discrets, il a ensuite examiné l’effet de la mesure sur l’offre de travail des conjoints dans les couples admissibles à la politique de fractionnement. Il a estimé que c’est près de 95 000 femmes qui pourraient ainsi quitter le marché du travail à cause de cette mesure. Le coût de la réforme proposée atteindrait dans ce cas 3,7 milliards de dollars, d’où l’importance de tenir compte des effets de comportement dans l’évaluation des coûts d’une mesure gouvernementale.

     

 

 

 

Simon Brière

Discrimination à l’embauche des candidats d’origine maghrébine dans la région de la Capitale-Nationale

Directeurs : Guy Lacroix et Bernard Fortin

 

En partant des faits observés que le taux de chômage des immigrants est nettement supérieur à celui des natifs du Québec (11,5 % vs 7,8 % en 2012) et que celui des minorités d’origine afro-américaine ou maghrébine s’avère encore plus élevé, M. Brière a voulu répondre à la question de recherche suivante : existe-t-il une discrimination à l’embauche des candidats d’origine maghrébine dans la région de la Capitale-Nationale? Pour ce faire, il a effectué une expérience fondée sur la méthode de correspondance entre mars et avril 2014. Il a transmis 100 curriculum vitae à 50 entreprises de Québec qui étaient à la recherche de personnel de secrétariat. M. Brière a monté deux candidatures semblables, l’une sous le nom de Valérie Tremblay et l’autre à consonance  maghrébine Samira Benounis. Il a utilisé un modèle de moindres carrés pondérés de Goldberger (1964) pour calculer la probabilité d’invitation à un entretien d’embauche. D’après ses résultats, cette probabilité diminuerait  de 11 % lorsque le candidat passe d’un nom d’origine québécoise à un nom d’origine maghrébine. Ce constat suggèrerait la présence d’une discrimination à l’embauche des candidats d’origine maghrébine dans la région de la Capitale-Nationale.

 

Sébastien Larochelle-Côté

Rédacteur en chef, Regards sur la société canadienne, Statistique Canada

Faire carrière dans la fonction publique fédérale : le cas de Statistique Canada

 

M. Larochelle-Côté, détenteur d’une maîtrise en économique de l’Université Laval et d’une maîtrise en relations internationales de l’Université de Carleton, avait lui aussi été invité pour présenter son expérience sur le marché du travail à titre d’économiste. Après avoir fait état de son parcours au sein de Statistique Canada, il a illustré avec beaucoup d’enthousiasme le genre d’études qu’il est appelé à diriger comme rédacteur en chef de la publication Regards sur la société canadienne qui fournit des portraits empiriques d’une situation donnée afin d’informer les décideurs politiques, les analystes de politiques et le public en général. Ainsi au cours des dernières années, il a travaillé tour à tour sur la surqualification, l’immigration, la littératie, la démographie, la participation démocratique, la présence des femmes dans les études universitaires de science et génie, le salaire minimum, l’endettement et le bilinguisme pour ne nommer que ces sujets. Il a par la suite expliqué le processus d’édition des articles rédigés et de son rôle aux différentes étapes. M. Larochelle-Côté a terminé sa présentation en énumérant les compétences recherchées par Statistique Canada pour son personnel,  notamment, la neutralité, la rigueur et la transparence, la capacité de communication à l’oral et à l’écrit, la connaissance des enjeux socio-économiques, le sens de la diplomatie et la résilience. Il a conclu en invitant les étudiants à réfléchir à leur plan de carrière, qui est tout un art à son avis, et à ne pas craindre le changement.

 

Pour clôturer l’événement, tous les participants ont été invités par les organisateurs à profiter du coquetel offert afin de poursuivre les échanges et le réseautage.