PAUL COLLIER : CONVERTIR LE CAPITALISME

Paul Collier sera conférencier à l’ouverture du congrès de l’Association des économistes québécois (29-30 mai prochain). Il y a seulement quelques années, le libéralisme économique faisait la quasi-unanimité comme étant le meilleur moyen pour assurer la prospérité et le bien-être du plus grand nombre. Une large partie de l’opinion publique est maintenant autant sinon plus sensible aux méfaits qu’aux avantages de ce que l’on désigne maintenant par son ancienne appellation, plus lourdement connotée, de capitalisme. Celui-ci est de plus en plus perçu comme responsable des problèmes environnementaux qui menacent la vie sur Terre et des  inégalités qui suscitent l’indignation et ouvrent la porte à des politiques de moins en moins démocratiques un peu partout dans le monde. Par ailleurs, les succès économiques persistants de la Chine incitent à penser que l’État peut intervenir dans le fonctionnement des marchés sans nuire à la croissance à long terme de l’économie.

ANTHONY DOWNS ET LE CYCLE D’ATTENTION À UNE QUESTION

Un récent texte s’intéressait à l’incohérence des décisions collectives (ou au théorème d’impossibilité d’Arrow). Il s’agit ici de poursuivre le thème du contenant des processus politiques ou du comment se prennent les décisions gouvernementales en se référant à un texte d’Anthony Downs étudiant le cycle d’attention à un problème. Avant de résumer son analyse, il est pertinent de montrer l’importante contribution de cet économiste qui a une carrière non académique.

Les limites de l’approche marginaliste des prix

Hypothèse centrale de l’économie orthodoxe, le principe de l’offre et la demande ne serait pourtant qu’un élément parmi d’autres à considérer pour comprendre comment sont déterminés les prix dans les marchés des biens et services. Au contraire, les entreprises jouent un rôle déterminant dans la fixation des prix. Ce troisième billet traitant de l’approche postkeynésienne abordera les lacunes des théories marginalistes des prix et de l’entreprise.

LE MYTHE DE LA LOI RÉGISSANT LE FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES

La Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction a ébranlé deux mythes québécois, le premier institutionnel, le Fonds de solidarité FTQ et l’autre, les dispositions de la Loi régissant le financement des partis politiques adoptée en 1977. Après avoir consacré un blogue au premier, ce texte porte sur la Loi du financement.

LA COMMISSION CHARBONNEAU, DESTRUCTRICE DE MYTHES

Toutes les sociétés ont des sujets tabous et véhiculent aussi des mythes. Ainsi, pour un groupe dont l’un de ses membres s’est suicidé, le suicide devient un sujet tabou. De même, durant les années cinquante, il était hors de question d’entreprendre une étude économique de l’institution religieuse québécoise. Les sociétés ont leurs mythes. Selon l’une des définitions données par Larousse, le mythe est « un ensemble de croyances, de représentations idéalisées autour d’un personnage, d’un phénomène, d’un événement historique, d’une technique et qui leur donnent une force, une importance particulières. » La Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction a ébranlé deux mythes québécois, le premier institutionnel, le Fonds de solidarité FTQ et l’autre, les dispositions de la Loi régissant le financement des partis politiques adoptée en 1977. Dans la population en général, ces deux entités bénéficiaient de «représentations idéalisées». Il y a ici matière pour deux blogues. Celui-ci concerne le Fonds...Read More >

LES REVENUS DE RETRAITE DES QUÉBÉCOIS ÉVOLUERONT CONSIDÉRABLEMENT D’ICI 2030

L’évolution des sources futures de revenu de retraite suscite un certain nombre de préoccupations à la fois privées et sociales. En premier lieu, des questions importantes se posent sur l’impact de l’instabilité, du sous-financement et de l’évolution structurelle des régimes privés de pension (évolution manifestée entre autres par le changement dans la part des régimes à prestations déterminées vs ceux à cotisations déterminées) sur le niveau de vie des retraités actuels et futurs.

Y A-T-IL TROP D’ÉTUDIANTS À L’UNIVERSITÉ ?

La rentrée est un bon moment pour se poser de grandes questions sur le système universitaire, même si les réponses sont difficiles. Elles suscitent avec raison la controverse. Ce billet pose la question suivante : y a-t-il trop d’étudiants qui fréquentent l’université ? À mon avis, l’évolution de l’institution universitaire, qui a engendré la dépréciation des études de premier cycle, favorise une réponse positive à la question. Quels sont les arguments ?

RÉFLEXIONS SUR LA CORRUPTION

La décentralisation exige des règles du jeu pour opérer. Dans nos sociétés, la majorité de ces règles sont déterminées par le gouvernement, donc par une autorité centrale. Il existe alors un paradoxe : pour laisser s’épanouir la décentralisation, on a passablement besoin de son contraire. Dans la rivalité centralisation-décentralisation, cette dernière devient donc défavorisée. Comment la dynamique de la centralisation peut-elle s’adapter à une dynamique opposée ? Cette question est d’autant plus pertinente que le monde est rempli d’embûches comportant l’obligation constante de faire des compromis et de naviguer dans un univers incertain ou troublé. Après coup, les erreurs sont faciles à détecter et les « scandales » sont matières courantes.

LES DEUX VISAGES DE L’ÉCONOMISTE

L’économiste se présente comme un être qui a deux discours fort différents. Le premier se veut scientifique : il vise à expliquer les phénomènes sociaux en recourant généralement à un mode d’approche qui lui est propre. C’est ce qu’on appelle l’économique positive. Voici un exemple. Au cours du dernier demi-siècle, un phénomène s’est répandu dans plusieurs pays : c’est la croissance des dépenses en soins de santé par rapport à la valeur des biens et services produits par l’ensemble de l’économie (le produit intérieur brut, ou PIB). Au Canada, par exemple, les dépenses de santé représentaient 5,5 % de la production en 1960, contre 11,6% en 2012. Voilà un phénomène social qui mérite explication et l’économiste essaie de la fournir.

LES IDÉES SONT-ELLES ENDOGÈNES ?

Selon l’idée centrale de la science économique, le système de sanctions et de récompenses influence appréciablement l’affectation des ressources dans l’économie. Cette proposition ne s’appliquerait-elle pas au monde intellectuel, au choix des idées et au travail des économistes ? Tout ce beau monde réussirait-il à adapter leurs réflexions à leurs propres intérêts ? Pour essayer d’y répondre, il s’agit de regarder sommairement le monde universitaire et ceux du choix des experts et de la bureaucratie publique.