PRO-CROISSANCE VS PRO-DÉCROISSANCE

  Prenez un enfant en bas âge et présentez-lui une pomme verte en lui disant que cette pomme est jaune et que c’est la seule pomme qui est bonne pour la santé. Répétez-lui cette « vérité » jusqu’à ce qu’il l’accepte et, toute sa vie, il croira que les pommes vertes sont jaunes et que les autres pommes ne sont pas bonnes pour la santé. Je crois que c’est un peu ce qu’on a fait avec plusieurs cohortes de jeunes économistes. On leur a répété que la croissance était bonne et nécessaire pour assurer le bien-être des populations.

ÉQUITÉ INTERGÉNÉRATIONNELLE, POLITIQUES PUBLIQUES ET TRANSPARENCE BUDGÉTAIRE

Il y a quelques semaines, dans le cadre d’une discussion organisée par l’Institut du Nouveau Monde et Le Devoir, les chefs de partis ont répondu aux questions des jeunes de 18 à 35 ans. Dans le contexte électoral, voilà une occasion de positionner la notion d’équité intergénérationnelle.

LA DIFFICULTÉ DE DONNER DU 110%

Un billet précédent soulevait l’hypothèse que l’économie mondiale soit aux prises avec le retour de la stagnation séculaire et ce, parce que la croissance démographique a ralenti et que de nouvelles percées technologiques majeures tardent à se manifester. D’autres explications sont aussi possibles et des nuances doivent être apportées quant aux conséquences de cette stagnation éventuelle. Ainsi, la difficulté des économies développés de renouer avec des taux de croissance de 2% ou plus n’est peut-être au fond qu’une manifestation d’une loi trop souvent oubliée de la science économique, celle des rendements décroissants. Cette loi stipule que, passé un certain stade, les efforts dans une activité ou un secteur donné deviennent de moins en moins productifs.

QUEL AVENIR POUR LA CROISSANCE ?

La crise économique et financière de 2008-2009 a porté un sérieux coup à l’optimisme des dernières décennies. Les économies du monde alternent entre récession, stagnation et croissance molle, sans possibilité de reprise durable à l’horizon. La Grande récession s’est avérée être le révélateur de crises économique, sociale et environnementale. Les causes profondes de la crise n’ont pas disparu et ne semblent pas en voie d’être résolues de sitôt. Ce texte est le dernier d’une série de deux sur les limites de la croissance économique. A-t-on atteint un mur infranchissable?

Est-ce la fin de la croissance ?

Les suites de la Grande récession de 2008-2009 continuent à se faire sentir dans beaucoup de pays : le chômage et production n’ont toujours pas récupéré leurs niveaux d’avant crise et la croissance semble vouée à une faible hausse pour ne pas dire une stagnation. La crise actuelle est plus profonde que les dernières récessions et elle prend plusieurs formes : crise économique, puisque l’endettement des ménages et des États restent élevés, les investisseurs restent frileux et les gains de productivités seraient possiblement condamnés à rester faibles dans les pays développés, dû à leur importants secteurs tertiaires.

Le Québec et les GES: une vertu excessive?

Pour une large partie de la population, la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) réputés responsables du changement climatique revêt un caractère prioritaire. La communauté des économistes semble aussi largement de cet avis. À cet égard, le rapport Stern (2006)[1], du nom d’un éminent économiste britannique, est souvent cité. Ce rapport estime les coûts d’une lutte efficace aux émissions de GES à entre 1 et 2 % du PIB. Bien qu’importants, ces coûts sont largement inférieurs à ceux que pourrait entraîner l’inaction en matière climatique. En effet,  le changement climatique pourrait à long terme provoquer des fléaux pouvant affecter à des degrés divers la plupart des pays: accroissement de la fréquence et de l’intensité des sécheresses, des inondations, des ouragans et des feux de forêt, destruction des zones côtières, effets du smog et des hausses de température sur la santé, diminution des rendements agricoles, disparition de certaines espèces animales, etc. En conséquence, une diminution  de 5...Read More >

Une nouvelle social-démocratie?

Le 24 octobre dernier avait lieu à Montréal une journée de réflexion sur le thème «Pour une social-démocratie renouvelée». Organisée par François Delorme, président sortant de l’Association des économistes québécois, la journée débutait par un colloque qui a attiré quelque 150 participants. Elle se poursuivait avec la présentation de «République : un abécédaire populaire» un film d’Hugo Latulippe donnant la parole à une trentaine de leaders politiques, culturels et intellectuels.

Éloge de l’égalité

La publication en 2009 du livre The Spirit Level, par deux épidémiologistes anglais, a fait couler beaucoup d’encre au pays de Margaret Thatcher. Ce n’est guère étonnant puisque le livre constitue un plaidoyer en faveur d’une reprise en charge par l’État de responsabilités dans la répartition des fruits de la croissance. S’appuyant principalement sur des illustrations graphiques comparant plus d’une vingtaine de pays développés, dont le Canada, les auteurs, Richard Wilkinson et Kate Pickett, font différents constats qui vont presque tous dans le même sens. Selon eux, les sociétés les plus égalitaires sont les plus performantes sous l’angle du développement humain et la plupart des problèmes sociaux peuvent être corrélés aux écarts de revenus davantage qu’à l’insuffisance des revenus. Même l’obésité serait reliée au statut social et la criminalité à l’humiliation. Des corrélations semblables sont observables pour les grossesses adolescentes, la mortalité infantile, la maladie mentale, la confiance entre les individus (trust), l’émancipation des femmes, la consommation de drogues, l’espérance...Read More >

Inondations, tornades, prix des maisons et primes d’assurance : comment améliorer les rôles des secteurs privé et public ?

Introduction Est-il nécessaire d’en demeurer au financement des dépenses découlant des inondations et tornades par des coupures budgétaires additionnelles telles celles que l’on vient de nous annoncer? Y a-t-il des changements à effectuer dans les politiques et pratiques privées et publiques pour faire face à de tels événements dont certains sont récurrents dans certaines régions et probables dans d’autres et ce, dans un contexte où les réactions individuelles, institutionnelles et gouvernementales sont souvent contre-intuitives?