LES TAUX ANNUALISÉS DE VARIATION TRIMESTRIELLE DU PIB : DE L’EXAGÉRATION À LA SUPERCHERIE

Ramener en rythme annuel la variation trimestrielle en pourcentage du produit intérieur brut réel (PIB) vient habituellement gonfler artificiellement les faits[1]. En ces temps de pandémie où l’activité économique connaît des fluctuations importantes d’un mois ou d’un trimestre à l’autre, l’annualisation des taux fictionnalise la réalité. La revue The Economist a récemment indiqué que ces taux sont «…astonishing and misleading…».[2] Les taux annualisés quadruplent les variations d’un trimestre à l’autre[3]. Ils donnent une idée de ce que serait le pourcentage de variation annuelle du PIB, si le taux de variation d’un trimestre se répétait à chaque trimestre de l’année, ce qui est illusoire puisque ce n’est pas le cas en pratique[4].

COMMENT COMPARER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE DES PROVINCES ?

Il importe de comparer périodiquement la performance économique du Québec à celle des trois autres grandes provinces canadiennes, soit, d’est en ouest, l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique, afin de prendre acte du progrès ou du recul relatif de chacune dans l’ensemble du pays. Le présent billet fait cette mise à jour pour l’année 2017. Le concept de performance économique repose sur la capacité que démontre un territoire à utiliser les ressources humaines dont il dispose réellement pour produire des biens et des services privés et publics. À cette fin, les agences statistiques utilisent habituellement le rapport entre le PIB et la population totale d’âge actif (principalement les 15 à 64 ans) et non la population totale de tous les âges. Les plus jeunes (14 ans ou moins) et les plus vieux (65 ans ou plus) ne participent guère à la performance économique proprement dite, bien qu’ils doivent évidemment être pris en compte lorsqu’on étudie la répartition des fruits de la...Read More >

DOIT-ON REMBOURSER UN MÉDICAMENT DISPENDIEUX ? UN CAS RÉCENT

En décembre 2018, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec donnait suite à la recommandation suivante de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), un organisme conseil, au sujet du remboursement du médicament nusinersen commercialisé sous le nom de Spinraza   : En tenant compte de l’ensemble des critères prévus par la loi, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) recommande à la ministre d’ajouter une indication reconnue à Spinraza MC   sur la Liste des médicaments – Établissements pour le traitement des enfants atteints d’amyotrophie spinale 5q (AS 5q) présymptomatique et de modifier l’indication reconnue pour le traitement des personnes atteintes d’ AS 5q de type I pour y inclure le type II et le type III de la maladie, si [certaines conditions] sont respectées. (INESSS, déc. 2018 : 1) Selon l’Institut, « D’après les données cliniques disponibles, on peut s’attendre à ce que le nusinersen prolonge l’espérance de vie, diminue le besoin de...Read More >

DONNÉES CANADIENNES EN SANTÉ PUBLIQUE – LE QUÉBEC FAIT BANDE À PART

Statistique Canada publiait le 18 juillet dernier les résultats d’une étude mettant en évidence la valeur des données détaillées pour mieux comprendre les défis en matière de santé. L’étude montre que les nouveaux immigrants sont touchés de façon disproportionnée par la tuberculose évolutive. Si le Canada présente les taux parmi les plus faibles au monde, l’incidence de la tuberculose parmi les immigrants et les Autochtones demeure élevée.

LE PUZZLE DE LA PRODUCTIVITÉ

Les économistes sont confrontés à un dilemme depuis quelques années. Ils se demandent comment il se fait que la croissance de la productivité ait été si faible dans les pays avancés, comme les États-Unis, ceux d’Europe et le Japon depuis la grande récession de 2008-09, alors qu’on a vu apparaître un nombre incroyable d’innovations. Ce problème a été nommé ‘the productivity puzzle’.

COMPARAISONS DE LA PRODUCTIVITÉ DU TRAVAIL : DES PIÈGES À ÉVITER

L’économie du Québec est souvent jugée à partir de comparaisons de sa productivité avec d’autres économies au Canada ou ailleurs. Le présent billet expose quelques-uns des pièges auxquelles ces comparaisons sont exposées.

Les cycles de l’économie mondiale

Une contribution majeure s’est ajoutée sur le plan de l’analyse des cycles économiques l’automne dernier. «Collapse and Revival – Understanding Global Recessions and Recoveries» examine les cycles de l’économie mondiale sur un peu plus d’un demi-siècle, soit entre 1960 et 2014. Les auteurs, Kose et Terrones, ne sont pas les premiers à analyser ce sujet, mais ils sont les premiers à le faire de façon aussi exhaustive et précise.

LIBÉREZ-NOUS DES VARIATIONS ANNUALISÉES

Les variations annualisées : de quoi s’agit-il? Dit simplement, c’est ramener en rythme annuel les variations d’un mois à l’autre ou d’un trimestre à l’autre des statistiques sur l’évolution des indicateurs économiques. Cette façon de faire donne une idée de l’ampleur d’une variation si elle se répétait toute l’année. Le calcul est simple : multiplier par douze la variation mensuelle ou par quatre la trimestrielle. Toutefois, il est plutôt rare qu’une variation mensuelle ou trimestrielle se répète en continu au cours d’une année. Annualiser donne un ordre de grandeur complémentaire, sans plus.

DOIT-ON SE FIER AUX DONNÉES DES COMPTES NATIONAUX?

L’âge est un important facteur dans la division du travail intellectuel : la moins grande énergie défavorise les recherches approfondies sur les priorités actuelles pour laisser la place aux générations plus jeunes et surtout plus sophistiquées et spécialisées. L’âge permet cependant un avantage qui n’est pas toujours apprécié, la référence à des événements et des sources du passé. Ceci reçoit parfois l’étiquette de radotage ou de rabâchage.

Une baisse d’un millième du PIB réel, deux trimestres de suite, est-ce une récession?

Le PIB réel et l’emploi sont les deux principaux indicateurs macro-économiques utilisés pour déterminer l’occurrence d’une récession au Canada. S’ajoute à cela trois critères : la durée, l’ampleur et la portée de la contraction de l’activité économique. Cette méthode à deux variables et trois critères a été développée chez Statistique Canada, et le Conseil sur les cycles d’affaires de l’Institut C.D. Howe l’a fait sienne lors de sa création en 2012.