Au Québec, l’acceptabilité sociale est devenue une condition nécessaire pour la réalisation des grands projets d’investissements ou pour l’élaboration de politiques publiques. Elle est même exigée par plusieurs instances gouvernementales dont le rôle est justement d’évaluer des projets de grande envergure. Qui s’intéresse à cette question y trouvera une abondante littérature, notamment en ce qui concerne les différentes approches et méthodes.[1] Toutefois, au Québec, des conditions sont imposées aux entreprises dans un contexte où l’encadrement légal et réglementaire des projets est déjà très contraignant et où la part des investissements privés du Québec dans l’ensemble canadien est historiquement plus basse que celle de son PIB et de sa population. Alors, dans la mesure où des exigences trop contraignantes pourraient nuire à l’investissement, nous devons nous questionner sur la pertinence d’en imposer encore plus aux entreprises, sur notre degré d’ouverture à la réalisation de grands projets, sur la suffisance de nos efforts et sur nos biais dans la promotion des grands...Read More >
Lors de la présentation de son budget 2017-2018, le ministre Morneau a confirmé son intention de créer la Banque des infrastructures du Canada. Un projet de loi à cet effet serait bientôt déposé ce qui pourrait permettre de clarifier quel bénéfice net ce nouvel organisme pourra apporter à l’économie, aux contribuables et aux administrations publiques.
L’investissement des entreprises est bien davantage qu’une simple composante du PIB. Au moment où les consommateurs et les gouvernements tiennent les cordons de leurs bourses serrés, la relance des investissements serait particulièrement bienvenue. Elle se fait pourtant attendre, alors que les taux d’intérêt sont à des creux historiques depuis une décennie. De plus, la situation financière des entreprises s’est nettement améliorée au cours des dernières années et les liquidités ne sont pas en cause. La faiblesse des perspectives économiques et l’incertitude mondiale démotivent les efforts à l’investissement et conduisent les entreprises à la prudence. Parallèlement, on observe le déploiement de nouveaux modèles d’affaires, basés sur l’intégration continue de la recherche et développement (R et D), les innovations organisationnelles et commerciales et les nouvelles technologies de production et de communication. En cette période de grands changements économiques, il semble que le dynamisme de l’investissement se mesure également, au-delà de son volume, à la capacité des entreprises à accroître leur savoir et...Read More >
Les débats se poursuivent quant aux déterminants des dépenses d’investissements non résidentiels des entreprises privées et des sociétés d’État, œuvrant dans un environnement commercial, en technologies de l’information, en machinerie et équipements et en infrastructures, données que nous examinons dans ce billet.
On parle beaucoup de financiarisation depuis quelques années. Pour plusieurs ce terme fait allusion à la pratique des dirigeants et des conseils d’administration des grandes sociétés consistant à donner la préséance à des opérations financières, tels que les rachats d’action ou les placements dans des titres financiers, plutôt qu’à l’expansion des capacités de production ou des débouchés commerciaux de leurs entreprises. Mais la financiarisation peut aussi référer à la place considérable qu’en est venu à prendre le secteur financier dans l’économie.
Introduction Suite aux signatures de fondation de la Banque AIIB le 16 mars 2014, et malgré les avis des États-Unis à ses partenaires visant à les inciter à ne pas se joindre a l’AIIB, on y compte maintenant 57 pays membres. Le Luxembourg s’est joint le 11 mars 2015, l’Angleterre le 12 mars, la Suisse le 13 mars et, de toute évidence, le lancement de cette nouvelle institution, à l’instigation de la Chine, est largement acceptée. Le Canada n’a pas à ce jour indiqué sa décision. Suivre les États-Unis, ou les avis d’un nombre grandissant d’experts en relations internationales qui sont de l’avis que l’on doit changer d’orientation vis-à-vis de l’AIIB, n’est pas la bonne décision, malgré leurs soucis concernant le non respect des droits d’auteur et des brevet et les autres projets à connotation militaire et politique de la Chine (voir E. Economy, The AIIB Debacle: What Washington Should do Now, Council on Foreign Relations le 16 mars...Read More >
Comprendre la croissance japonaise des deux dernières décennies est important non seulement du pur point de vue scientifique, mais aussi pour deux autres raisons. La première est que la réputation du Japon a énormément souffert du sort qu’a subi son économie depuis un quart de siècle. Le pays fait souvent l’objet de rapports tout aussi biaisés que méprisants dans la presse économique nord-américaine. Pour rétablir la réputation économique du Japon, il faut d’abord reconnaître les faits et chercher à comprendre avant de juger, plutôt que l’inverse. La seconde raison est que l’histoire économique et démographique contemporaine du Japon contient des enseignements utiles pour notre économie locale – celle du Québec –, qui s’engage présentement dans une transition démographique analogue à celle que le Japon connaît depuis le début des années 1990, quoique de moindre intensité.
Dans les billets du et du janvier derniers, j’ai montré que la croissance anémique de l’économie japonaise depuis le début des années 1990 pouvait s’expliquer en bonne partie par la fin du rattrapage par rapport aux pays occidentaux de même que par l’important recul démographique de ce pays. Malgré tout, il faut reconnaître que, même en faisant abstraction de l’influence de la démographie, la croissance japonaise a été bien lente de 1991 à 2014. À quoi peut-on attribuer cette lenteur excessive ?
Un récent blogue sur le peu d’impact des nombreux rapports des différents groupes de travail sur la révision des programmes gouvernementaux donnait la conclusion suivante : « Comme l’affirmait Thomas Sargent dans une brève synthèse sur l’enseignement de la science économique : « En économie comme dans un jeu, les gens sont, en équilibre, satisfaits de leurs choix. C’est pourquoi il est difficile pour les autres personnes bien intentionnées de changer les choses pour le meilleur et pour le pire. » La situation est semblable dans le domaine politique. La structure des programmes reflète les forces ou les intérêts en présence. Cette structure n’est pas immuable, mais toute modification présuppose un important changement de ces forces dans la société.C’est un enseignement qu’oublient les différents groupes de travail sur la révision des programmes. » Les périodes d’austérité relative dans le secteur public ne contredisent-elles pas cette conclusion ? Ces périodes existent malgré les biais favorables des électeurs pour les interventions publiques...Read More >
Dans ce second et dernier billet sur l’investissement, je vais soulever deux questions ancillaires sur les résultats obtenus. La première : pourquoi certains croient-ils que le Canada et le Québec sont des cancres de l’investissement ? La seconde question : pourquoi mon propos a-t-il délibérément exclu les comparaisons du Canada et du Québec avec des pays autres que les États-Unis ?