DOIT-ON REMBOURSER UN MÉDICAMENT DISPENDIEUX ? UN CAS RÉCENT

En décembre 2018, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec donnait suite à la recommandation suivante de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), un organisme conseil, au sujet du remboursement du médicament nusinersen commercialisé sous le nom de Spinraza   : En tenant compte de l’ensemble des critères prévus par la loi, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) recommande à la ministre d’ajouter une indication reconnue à Spinraza MC   sur la Liste des médicaments – Établissements pour le traitement des enfants atteints d’amyotrophie spinale 5q (AS 5q) présymptomatique et de modifier l’indication reconnue pour le traitement des personnes atteintes d’ AS 5q de type I pour y inclure le type II et le type III de la maladie, si [certaines conditions] sont respectées. (INESSS, déc. 2018 : 1) Selon l’Institut, « D’après les données cliniques disponibles, on peut s’attendre à ce que le nusinersen prolonge l’espérance de vie, diminue le besoin de...Read More >

DONNÉES CANADIENNES EN SANTÉ PUBLIQUE – LE QUÉBEC FAIT BANDE À PART

Statistique Canada publiait le 18 juillet dernier les résultats d’une étude mettant en évidence la valeur des données détaillées pour mieux comprendre les défis en matière de santé. L’étude montre que les nouveaux immigrants sont touchés de façon disproportionnée par la tuberculose évolutive. Si le Canada présente les taux parmi les plus faibles au monde, l’incidence de la tuberculose parmi les immigrants et les Autochtones demeure élevée.

SANTÉ : PEUT-ON MIEUX RÉPONDRE AUX BESOINS ACTUELS ET FUTURS DES QUÉBÉCOIS?

Les dépenses de santé En 2014, les dépenses totales du secteur de la santé au Québec (secteur privé et secteur public) totalisent 46,1 milliards de dollars et ce, comparativement à 80,7 milliards de dollars en Ontario selon des données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). De fait, les dépenses en santé représentent, en 2014, 11,9 % du PIB du Québec et 11,3 % du PIB de l’Ontario. Par ailleurs, en 2014, les dépenses en santé per capita  du Québec qui se chiffrent à 5 616 $ sont plus faibles  que celles de l’Ontario, soit 5 894 $, et que celles de chacune des  autres provinces canadiennes. De plus,  la même année,  les dépenses publiques en santé per capita, affichées par le  Québec, sont moindres que celles observées dans chacune des autres  provinces canadiennes.

SUR LE LIVRE DE DAVID LEVINE, SANTÉ ET POLITIQUE – UN POINT DE VUE DE L’INTÉRIEUR

Ayant œuvré durant plus de trois décennies dans différents postes de haute administration dans le secteur public de la santé, David Levine vient de publier un volume de 368 pages qui retrace les différentes étapes de sa carrière, les leçons apprises et les voies de solution aux problèmes actuels du système de santé. Il connaît bien le système de l’intérieur ayant été à la fois le dirigeant d’un CLSC au moment de leur création, d’un hôpital communautaire, de deux hôpitaux universitaires dans deux provinces et de l’importante Agence de la santé et des services sociaux de Montréal en plus d’un court stage en politique à titre de ministre non élu délégué à la Santé et aux Services sociaux. Voilà une impressionnante feuille de route.

Prévisions et changements institutionnels

Un récent blogue a montré comment la largeur des intervalles de confiance ou la pluralité des possibles diminuent la crédibilité des prédictions précises en utilisant comme exemple les prévisions macroéconomiques de courte période. Sur une plus longue période, une autre variable mine leur crédibilité : les sociétés ne ressemblent pas à des rochers mais plutôt évoluent, souvent très rapidement, en rendant caduques les ‘certitudes’ prévisionnelles. Certains domaines changent moins rapidement que d’autres. C’est généralement le cas pour les phénomènes démographiques, les personnes vieillissant un an à la fois. Même là, les évolutions ne sont pas invariables, comme en témoignent les deux cas suivants qui ont un impact sur les régimes de retraite publics et privés. Il y eut premièrement le baby-boom qui est habituellement situé dans la période 1946-1966. Sa conclusion correspond à la même année que l’entrée en vigueur du Régime de rentes du Québec (RRQ) et de son pendant hors Québec, le Régime de pension du Canada (RPC)....Read More >

ALBERT HIRSCHMAN : DÉFECTION, PRISE DE PAROLE ET LOYALISME

La mort d’Albert Hirschman en décembre 2012 et la publication d’une imposante biographie quelques mois plus tard ont remis en évidence ses nombreux écrits. Parmi ceux-ci, il y a un petit livre publié en 1970 qui eut un impact dans les sciences sociales avec plus de seize mille citations : Exit, Voice and Loyalty. Responses to Decline in Firms, Organizations and States. [La même traduction se retrouve sous trois titres différents, Face au déclin des entreprises et des institutions (1972), Défection et prise de parole. Théorie et applications (1995) et Exit, voice, loyalty. Défection et prise de parole (2011)]. Les processus décentralisés des marchés, qui sont fort étudiés par les économistes, favorisent la voie de l’exit ou du vote par les jambes pour manifester son mécontentement. Si je ne suis pas satisfait de mon supermarché (Métro par exemple), je ne prends pas l’initiative d’une pétition ou d’une contestation; je vais tout simplement chez un concurrent (comme Provigo), en faisant une...Read More >

L’hôpital et l’université : deux bureaucraties professionnelles

L’hôpital et l’université sont deux institutions similaires. Au Québec, elles sont toutes les deux financées et contrôlées par le gouvernement. De plus, si on les regarde de l’intérieur, elles constituent des bureaucraties professionnelles.

L’ACCESSOIRE DOMINE-T-IL LE PRINCIPAL ?

L’avancement en âge favorise un travail d’introspection, comme se questionner si, en maintes occasions, des objectifs accessoires ou marginaux auraient dominé le principal ou l’essentiel. Si cette question est pertinente pour un individu, ne s’applique-t-elle pas aux différentes institutions ? L’anecdote suivante, venant d’un professionnel de Statistique Canada, illustre bien l’à-propos d’une telle interrogation. Dans le cadre de son travail, il demandait à un vice-président et économiste en chef d’une grande banque canadienne si Statistique Canada devrait entreprendre des prévisions de court terme. Ce dernier, regardant le sol de la fenêtre de son bureau du haut d’un gratte-ciel, lui donna la réponse négative suivante : « Autour d’ici, il y a des dizaines de bureaux qui font des prévisions économiques, mais il y a une seule institution dont le rôle est la production de «hard data» (données fiables). C’est Statistique Canada ». À cause de l’importance du sujet de la précision des données, qui intéresse d’ailleurs peu les économistes, Statistique...Read More >

La contre-sélection dans une assurance santé collective

Le besoin d’assurance provient du désir de se prémunir contre une forte variabilité des conditions futures ou contre des situations catastrophiques. L’assurance répond donc à un besoin : se prémunir contre des risques importants. Outre les coûts administratifs, elle soulève deux problèmes majeurs : l’action cachée et l’information cachée. Bien que ce blogue s’intéresse à un exemple concret d’information cachée, il est utile d’étudier brièvement l’action cachée. L’adhésion à une assurance modifie le comportement de l’assuré. L’assurance contre le vol diminue pour lui l’intérêt que pourrait présenter l’achat d’un système de protection sophistiqué, car les avantages d’un tel système sont alors considérablement réduits. C’est ce qu’on appelle l’effet de l’action cachée ou encore : le risque subjectif, le risque ou aléa moral, l’effet de prix pour l’économiste. Le problème de l’action cachée est amplifié dans le cas des assurances qui ne se limitent pas à la protection contre des conditions futures très variables entre individus ou contre des situations catastrophiques....Read More >

LES DÉPENSES EN SANTÉ : UN ENJEU DE LONG TERME

Le budget 2013-2014 du Gouvernement du Québec évaluait les dépenses publiques en santé (et services sociaux) à 31,3 milliards de dollars, soit 42,9% des dépenses publiques totales du gouvernement du Québec. Étant donné l’ampleur de ces dépenses, il est naturel de se préoccuper de leur évolution prévisible, d’autant plus qu’il est anticipé que la croissance de la population, son vieillissement et l’augmentation soutenue des coûts structurels des soins de santé exerceront une pression significative sur ces dépenses au cours des prochaines années.