Le 24 octobre dernier avait lieu à Montréal une journée de réflexion sur le thème «Pour une social-démocratie renouvelée». Organisée par François Delorme, président sortant de l’Association des économistes québécois, la journée débutait par un colloque qui a attiré quelque 150 participants. Elle se poursuivait avec la présentation de «République : un abécédaire populaire» un film d’Hugo Latulippe donnant la parole à une trentaine de leaders politiques, culturels et intellectuels.
Les plus récents indicateurs de l’évolution de l’économie américaine indiquent que sa croissance s’est améliorée ces derniers temps. Le PIB américain a crû à un rythme annuel de 2,5 % de juillet à septembre, soit mieux qu’aux deuxième (1,3 %) et premier (0,4 %) trimestres, selon les statistiques publiées le 27 octobre par le Bureau of Economic Analysis. Même les mises en chantier de logements se sont légèrement améliorées en septembre dernier, affichant un rythme annuel de 658 000, soit nettement mieux que les mois précédents et le meilleur résultat depuis avril 2010; mais, c’est bien en-deçà encore du nombre suffisant pour envisager un regain significatif de la construction résidentielle.
Déjà un an que la banque centrale de Chine a amorcé sa politique de resserrement de l’expansion monétaire. Les autorités chinoises avaient alors laissé savoir qu’elles étaient prêtes à accepter une baisse de quelques points de pourcentage du taux de croissance du PIB en vue de contenir la progression des prix à la consommation. Toutefois, même si elle augmente moins fortement qu’en début d’année, la production a crû à un rythme annuel de 9,1 % au troisième trimestre en raison de la forte hausse de la demande intérieure. Rien de surprenant dans un tel contexte à ce que l’indice des prix à la consommation augmente d’un peu plus de 6,0 % ces temps-ci, soit nettement plus rapidement que l’objectif de 4 %, malgré les limites imposées à l’expansion monétaire et du crédit.
La publication en 2009 du livre The Spirit Level, par deux épidémiologistes anglais, a fait couler beaucoup d’encre au pays de Margaret Thatcher. Ce n’est guère étonnant puisque le livre constitue un plaidoyer en faveur d’une reprise en charge par l’État de responsabilités dans la répartition des fruits de la croissance. S’appuyant principalement sur des illustrations graphiques comparant plus d’une vingtaine de pays développés, dont le Canada, les auteurs, Richard Wilkinson et Kate Pickett, font différents constats qui vont presque tous dans le même sens. Selon eux, les sociétés les plus égalitaires sont les plus performantes sous l’angle du développement humain et la plupart des problèmes sociaux peuvent être corrélés aux écarts de revenus davantage qu’à l’insuffisance des revenus. Même l’obésité serait reliée au statut social et la criminalité à l’humiliation. Des corrélations semblables sont observables pour les grossesses adolescentes, la mortalité infantile, la maladie mentale, la confiance entre les individus (trust), l’émancipation des femmes, la consommation de drogues, l’espérance...Read More >
La question des inégalités de revenus a retenu l’attention de nombreux économistes au Québec comme un peu partout ailleurs dans le monde. • Pour certains, l’inégalité des revenus est une préoccupation qui fait l’objet d’une enquête et d’un questionnement. Pourquoi les inégalités sont ce qu’elles sont? Pourquoi ont-elles évolué comme elles l’ont fait? • Pour d’autres, il importe de savoir si l’inégalité des revenus conduit à un ensemble de calamités sociales (criminalité, inégalités de santé, décrochage scolaire,…) que l’on peut associer aux inégalités (Wilkinson et Pickett, 2010). Finalement, il y a ceux qui lui attribuent la cause ultime de la récession de 2008 (Attali 2008) puis ceux (Reich 2011, Courchesne 2011) qui la perçoivent comme un empêchement pérenne à la reprise économique américaine. • À l’autre extrême, il y a ceux qui considèrent que les préoccupations de ce genre sont une perte de temps (Feldstein 1998) : tant que les riches ne s’enrichissent pas au détriment des autres classes de...Read More >
La construction d’un amphithéâtre, comme prélude au retour d’une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH) à Québec, mobilise la scène politique depuis quelques mois. Depuis la Rome impériale, les politiciens savent que la population aime les divertissements sportifs et que, pendant que les citoyens sont au colisée, ils oublient qu’ils ont faim. Aussi, il n’est guère surprenant que le maire Labeaume, avec la caution de monsieur Charest et de madame Marois, ait décidé de foncer tête baissée dans la construction d’un nouvel amphithéâtre à Québec. Cette décision a soulevé certaines critiques, tant pour l’importance des fonds publics qui seront alloués à ce projet, que pour la manière expéditive dont l’entente de gestion de ce nouvel équipement a été conclue avec la firme Québécor.
Introduction Est-il nécessaire d’en demeurer au financement des dépenses découlant des inondations et tornades par des coupures budgétaires additionnelles telles celles que l’on vient de nous annoncer? Y a-t-il des changements à effectuer dans les politiques et pratiques privées et publiques pour faire face à de tels événements dont certains sont récurrents dans certaines régions et probables dans d’autres et ce, dans un contexte où les réactions individuelles, institutionnelles et gouvernementales sont souvent contre-intuitives?
Les indicateurs avancés mensuels de l’OCDE pointent de nouveau vers un ralentissement significatif de l’économie mondiale au cours des prochains mois, selon les données publiées le 10 octobre sur le site Internet de cet organisme. Ce constat est valable tant pour ses pays membres que pour les principales économies émergentes.
À l’intérieur d’un cours, il y a déjà une dizaine d’années, je conseillais aux étudiants masculins de ne point retarder pour se trouver une compagne : le progrès relatif des femmes dans le système d’éducation leur procurera des revenus plus élevés, ce qui leur facilitera la recherche d’un bien important, la jeunesse du partenaire. Une étudiante m’interrompit pour confirmer mon avancée : « Ma mère vit aujourd’hui avec un plus jeune », dit-elle. Le présent texte offre quelques données sur l’amélioration de la position relative des femmes. Comme tout phénomène démographique, les effets se font progressivement mais ils demeurent bien réels. À la dernière étape de la vie, je suis bien placé pour en juger toute l’importance; au milieu des années soixante, l’expression suivante était courante, « Qui prend mari, prend pays ». Aujourd’hui, cette expression soulèverait la risée. D’ailleurs, le mariage est devenu une institution minoritaire : seulement 28 pour cent des hommes et 31 pour cent des femmes...Read More >
Le vaste espace nordique du Québec bénéficie actuellement d’une nouvelle vague d’intérêt économique à l’égard de ses ressources naturelles. Se multiplient les annonces pour des immobilisations tandis qu’un débat public fait rage à propos des modalités du développement de cette périphérie, notamment en ce qui concerne l’environnement, le partage de la rente minière, les droits autochtones, l’énergie renouvelable. Que restera-t-il au Nord de son exploitation intensive ? On sait par ailleurs que la population de cette périphérie n’a pas vraiment le loisir de bouder ce nouvel intérêt désormais appelé le Plan Nord. Si le Québec a accru de 26 % sa quantité d’emplois entre 1991 et 2010, les quatre régions qui composent le Nord n’ont obtenu que 8 % d’emplois supplémentaires.