Le défi de la navigation commerciale dans l’Arctique L’histoire n’a pas oublié la célèbre expédition de 1845 de John Franklin. Cet explorateur britannique cherchait dans l’Arctique le passage du Nord-Ouest, soit une route maritime qui permettrait de transiter de l’Atlantique au Pacifique en passant entre les îles du Grand Nord canadien [1]. Lui et ses hommes y laissèrent leur peau, prisonniers d’un immense territoire recouvert de glace. La tentative était toutefois justifiée. La distance entre l’Asie et l’Europe, en empruntant l’Arctique, est en effet presque deux fois plus courte que celle des routes maritimes traditionnelles, dont celles passant par Panama ou Suez (tableau 1). Le potentiel de gain économique est énorme puisque l’Asie et l’Europe représentent un immense marché l’une pour l’autre.
Avec l’âge, une personne se demande si elle n’a pas commencé à radoter ou à tourner en rond. Dans mon cas, cela concerne la réaction quotidienne aux conclusions ou recommandations des penseurs publics sur les problèmes de la société. Des expressions souvent utilisées sont la nécessité soit de la présence d’une volonté politique, soit d’un changement des mentalités. De son côté, le spécialiste est porté à conclure dans la direction suivante : « La science est là. Il faut l’appliquer». Pour illustrer mon propos, je me réfère aux livres récents de deux sommités du monde de la gestion et de l’économie, Henry Mintzberg et Jean Tirole. Henry Mintzberg et le monde de la santé Dans son récent livre Managing the Myths of Health Care: Bridging the Separations Between Care, Cure, Control, and Community, Mintzberg, qui est récipiendaire d’une vingtaine de doctorats honorifiques, étudie les problèmes de gestion du secteur des soins de la santé. La dernière partie du livre a...Read More >