LES TAUX ANNUALISÉS DE VARIATION TRIMESTRIELLE DU PIB : DE L’EXAGÉRATION À LA SUPERCHERIE

Ramener en rythme annuel la variation trimestrielle en pourcentage du produit intérieur brut réel (PIB) vient habituellement gonfler artificiellement les faits[1]. En ces temps de pandémie où l’activité économique connaît des fluctuations importantes d’un mois ou d’un trimestre à l’autre, l’annualisation des taux fictionnalise la réalité. La revue The Economist a récemment indiqué que ces taux sont «…astonishing and misleading…».[2] Les taux annualisés quadruplent les variations d’un trimestre à l’autre[3]. Ils donnent une idée de ce que serait le pourcentage de variation annuelle du PIB, si le taux de variation d’un trimestre se répétait à chaque trimestre de l’année, ce qui est illusoire puisque ce n’est pas le cas en pratique[4].

NOMMER LES RÉCESSIONS EN TENANT COMPTE DE LEURS CARACTÉRISTIQUES

Dans son ouvrage «Narrative Economics»[1], Robert J. Shiller indique que, en 1978, l’économiste Otto Eckstein a publié un livre sur la récession de 1973-1975 aux États-Unis, dont le titre est «The Great Recession», vraisemblablement pour la rapprocher, par analogie, de la Grande dépression des années 1930. La même expression a été utilisée, au début des années 1980, pour désigner la période regroupant la courte récession de 1980 et celle, majeure, de 1981-1982. Elle est devenue «virale», selon Shiller, pour référer à la récession de 2007-2009. Au Canada, des analystes ont importé des États-Unis l’expression « La Grande récession» pour désigner la récession de 2008-2009. Toutefois, lorsque l’on examine la durée, l’ampleur et la portée des contractions de l’activité de 1981-1982, de 1990-1992 et de 2008-2009, elles sont globalement équivalentes. D’ailleurs, un document émanant du Conseil sur les cycles économiques de l’Institut C.D. Howe[2] indique que, sur une échelle de un à cinq, ces trois récessions obtiennent chacune une cote  quatre.

LA BANQUE DU CANADA EST-ELLE À COURT D’ARGUMENTS?

Inquiète de certains signes de fragilité dans l’économie canadienne, et surtout de la menace protectionniste américaine, la Banque du Canada (BdC) a adopté un ton particulièrement prudent depuis l’automne. Le gouverneur Stephen Poloz a même, à quelques reprises, laissé entendre qu’une baisse de taux n’était pas à écarter. Or, autant sur la croissance économique, l’inflation, l’évolution du marché de l’emploi et l’habitation, les indicateurs économiques ont surpassé les anticipations de manière assez persistante. Ce Point de vue économique analyse la question de savoir si un changement de ton est à l’horizon pour la BdC. À notre avis, il est possible qu’elle reconnaisse une certaine amélioration des perspectives, mais elle a encore des motifs valables pour s’en tenir à la prudence.

LE PUZZLE DE LA PRODUCTIVITÉ

Les économistes sont confrontés à un dilemme depuis quelques années. Ils se demandent comment il se fait que la croissance de la productivité ait été si faible dans les pays avancés, comme les États-Unis, ceux d’Europe et le Japon depuis la grande récession de 2008-09, alors qu’on a vu apparaître un nombre incroyable d’innovations. Ce problème a été nommé ‘the productivity puzzle’.

Prévisions et changements institutionnels

Un récent blogue a montré comment la largeur des intervalles de confiance ou la pluralité des possibles diminuent la crédibilité des prédictions précises en utilisant comme exemple les prévisions macroéconomiques de courte période. Sur une plus longue période, une autre variable mine leur crédibilité : les sociétés ne ressemblent pas à des rochers mais plutôt évoluent, souvent très rapidement, en rendant caduques les ‘certitudes’ prévisionnelles. Certains domaines changent moins rapidement que d’autres. C’est généralement le cas pour les phénomènes démographiques, les personnes vieillissant un an à la fois. Même là, les évolutions ne sont pas invariables, comme en témoignent les deux cas suivants qui ont un impact sur les régimes de retraite publics et privés. Il y eut premièrement le baby-boom qui est habituellement situé dans la période 1946-1966. Sa conclusion correspond à la même année que l’entrée en vigueur du Régime de rentes du Québec (RRQ) et de son pendant hors Québec, le Régime de pension du Canada (RPC)....Read More >

LES PRÉVISIONS : À PRENDRE AVEC DES PINCETTES ?

Il existe un engouement ou une forte demande pour avoir des prévisions dans une multitude de domaines. Pour l’évolution macroéconomique, c’est la publication continue de prévisions de courte période sur différentes variables. Au sujet des dépenses sectorielles, comme celles sur les dépenses de santé, l’horizon se porte sur une ou quelques décennies. Enfin, dans le cas du réchauffement climatique, la perspective s’étend sur un siècle.

LA FINANCIARISATION EST-ELLE UNE SUPER BULLE?

On parle beaucoup de financiarisation depuis quelques années. Pour plusieurs ce terme fait allusion à la pratique des dirigeants et des conseils d’administration des grandes sociétés consistant à donner la préséance à des opérations financières, tels que les rachats d’action ou les placements dans des titres financiers, plutôt qu’à l’expansion des capacités de production ou des débouchés commerciaux de leurs entreprises. Mais la financiarisation peut aussi référer à la place considérable qu’en est venu à prendre le secteur financier dans l’économie.

LE MARCHÉ DU LOGEMENT AU CANADA: UNE SURÉVALUATION DE 30% SEMBLE EXAGÉRÉE

En décembre dernier, le Gouverneur de la Banque du Canada, monsieur Stephen Poloz, a indiqué que l’un des risques au système financier canadien se trouve dans la potentielle surévaluation du marché du logement. Une surévaluation que le Gouverneur a chiffrée dans une fourchette de 10 à 30%. Cet article argumente que ce pronostic est pessimiste et que la probabilité que le prix moyen des logements au Canada recule de 30% est très mince, voire inexistante. De fait, même une correction de 10% semble peu probable.

INDICATEURS DE RÉCESSION

Mon premier article pour le blog de l’Association des économistes québécois,  «Récession : des repères», publié en octobre 2011, examinait les concepts de ralentissement, récession, dépression et crise. Je récidive cette fois-ci en mettant l’accent sur les indicateurs retenus pour déterminer si une économie est en récession. Analystes et journalistes de l’actualité économique, qu’ils soient ou ne soient pas économistes, concluent, souvent et automatiquement, qu’il y a récession dès que le PIB réel d’une économie se contracte au cours de deux trimestres consécutifs. En outre, les politiciens se font parfois tendre le piège de se prononcer sur la définition d’une récession. Leur entourage les amène fréquemment à dire : c’est au moins deux trimestres consécutifs de baisse du PIB réel. Alors, comment se fait-il que l’une des récessions au Canada n’a duré qu’un trimestre (premier trimestre de 1975), et que la plus récente récession aux États-Unis  (décembre 2007 à juin 2009) a débuté sans que le PIB réel diminue deux trimestres consécutifs...Read More >

Une norme essentielle à toute société : le respect des contrats

Le projet de loi nº 3, intitulé Loi favorisant la santé financière des régimes de retraite à prestations déterminées dans le secteur municipal, contredit l’une des règles de base au bon fonctionnement de l’économie, soit le respect des contrats. Ces derniers ne peuvent pas être modifiés rétroactivement sans le consentement de toutes les parties.