Dans un , nous avons vu que la croissance du Japon a été fulgurante dans les années 1950 et 1960 puis qu’elle a ralenti dans les années 1970. De 1991 à 2014, le PIB du Japon a crû en moyenne de 0,8% par année seulement. C’est trois fois moins vite que le PIB des États-Unis, qui a progressé au taux annuel de 2,6 % au cours de cette période. Est-ce que cela veut dire qu’après avoir rattrapé le leader américain autour de 1990, le Japon aurait commencé à emprunter le chemin inverse et à perdre le terrain gagné sur les États-Unis dans les décennies antérieures ?
Si vous avez 50 ans ou plus et une bonne mémoire, vous vous rappellerez qu’il n’y a pas si longtemps le Japon était la star de la croissance économique. Tel qu’indiqué sur le graphique 1, de 1956 à 1973 l’économie japonaise progressait en moyenne de 9,5 % par année (inflation déduite). Contrairement à ce que la plupart des gens croient, il n’y a rien de nouveau dans les taux de croissance annuels de 8 % à 10 % que la Chine a enregistrés depuis 30 ans. C’est arrivé au Japon dans les décennies 1950 et 1960, et aussi en Corée du Sud dans les décennies 1960, 1970 et 1980. Des taux de croissance initialement élevés sont plus ou moins ce qui fait qu’un pays est «émergent».
C’est motivant d’écrire régulièrement des textes pour ce blogue. Les différentes questions sont « solutionnées » en moins de mille mots. Il est toutefois avantageux de prendre périodiquement des pauses et de laisser la parole à des économistes de calibre supérieur, ici des détenteurs de prix Nobel. Les citations concernent et même dénoncent les perceptions de plusieurs économistes au sujet de l’inefficacité des organisations privées et publiques.
En décembre dernier, le Gouverneur de la Banque du Canada, monsieur Stephen Poloz, a indiqué que l’un des risques au système financier canadien se trouve dans la potentielle surévaluation du marché du logement. Une surévaluation que le Gouverneur a chiffrée dans une fourchette de 10 à 30%. Cet article argumente que ce pronostic est pessimiste et que la probabilité que le prix moyen des logements au Canada recule de 30% est très mince, voire inexistante. De fait, même une correction de 10% semble peu probable.
L’énoncé d’une même idée, ici le rôle balkanisateur du gouvernement fédéral, peut provoquer des réactions opposées. Ce fut mon expérience en 1981 lors de deux événements, l’un lors d’une intervention dans le cadre d’un colloque universitaire sur le fédéralisme et l’union économique canadienne et l’autre au moment de la discussion d’un travail sur l’harmonisation fiscale qui avait été commandité par l’ancien Conseil économique du Canada. Nous y reviendrons à la dernière section de ce texte portant sur la balkanisation de l’économie canadienne.
Les recettes provenant de l’impôt sur les revenus des entreprises sont en déclin tendanciel dans nombre de pays[1]. Nos voisins américains ont depuis longtemps appris à ne pas payer l’impôt sur les sociétés incorporées selon le mode traditionnel. Des questions se posent pour la fiscalité canadienne des entreprises.
Au cours du premier lustre des années soixante-dix, dans le cadre des travaux du Groupe de travail sur l’urbanisation, j’ai participé à une rencontre avec le ministre ontarien du Trésor, de l’Économie et des Affaires intergouvernementales, John White. Il formula une idée dont je me souviens encore aujourd’hui : toute proposition de changement législatif devrait imputer dès le départ un coût puisqu’une modification aux règles du jeu occasionne une perte pour plusieurs qui ont pris de bonne foi des décisions sous les règles existantes. Deux facteurs favorisaient l’énonciation de cette idée par ce ministre : son allégeance au parti conservateur et sa formation de maîtrise en économique à l’Université Western Ontario. Une importante question est ici soulevée : lors d’une déréglementation, devrait-on dédommager les groupes qui sont pénalisés ?
Étant une personne qui a retardé la prise de la retraite, des interlocuteurs me disent que c’est un signe manifeste que j’aime mon travail. C’est une vue positive de la situation. Cela peut tout aussi bien indiquer que la personne a des pauvres alternatives, ayant développé peu d’intérêts ou de hobbys. Elle peut aussi craindre le changement de situation et ainsi favoriser l’inertie. Comme le dit l’expression, toute médaille a son revers. Pour l’économiste, il faut considérer le coût d’opportunité ou de renonciation, soit la valeur de la meilleure autre action non réalisée. De plus, nous vivons dans un mode compliqué. Il est nécessaire de manœuvrer dans les tempêtes. Les situations ne correspondent pas aux extrêmes du noir et du blanc, mais plutôt en de multiples teintes de gris. C’est un environnement inapproprié aux certitudes.