Les perspectives de l’économie américaine : l’expansion se poursuivra à un rythme modéré

L’économie américaine, un cinquième de l’économie mondiale, tient bon, malgré un contexte international défavorable et sujet à la turbulence. Elle devrait continuer de croître à un rythme modéré durant le premier semestre de 2012. Les indicateurs avancés de son évolution viennent appuyer la vraisemblance d’un tel scénario.  L’indice des indicateurs économiques avancés du Conference Board, publié le 22 décembre, a continué de progresser à un rythme soutenu que ce soit sur une base mensuelle ou semestrielle. La probabilité d’une récession à court terme a diminué selon cet organisme; elle n’était plus qu’à 9 % en novembre. En outre, les demandes initiales d’assurance-chômage ont été significativement à la baisse ces dernières semaines; il s’agit là d’un signe précurseur de l’amélioration du marché du travail. Quant à la confiance des consommateurs, selon le Reuters/University of Michigan Surveys of Consumers, elle est en augmentation en décembre pour un quatrième mois consécutif, en raison notamment de l’amélioration des anticipations quant à l’évolution de l’économie...Read More >

Amélioration des perspectives de l’économie canadienne

Les perspectives à court terme de l’économie canadienne continuent de s’améliorer malgré un contexte international particulièrement difficile. Des signaux de poursuite de l’expansion à un rythme modéré proviennent de plusieurs indicateurs avancés.  Après avoir marqué le pas au début de l’été dernier, l’indice des indicateurs avancés de Statistique Canada (SC) reprend progressivement de la vigueur, et, en novembre, il est en hausse de 0,8 %, selon les données publiées le 14 décembre par cet organisme. En outre, les nouvelles commandes ont continué de progresser le mois dernier, bien qu’à un rythme moins rapide qu’auparavant, selon les résultats de l’enquête mensuelle PMI RBC auprès des gestionnaires d’approvisionnement d’entreprises manufacturières. SC a aussi indiqué le 14 décembre que les commandes en carnet des fabricants ont légèrement diminué (0,3 %) en octobre dernier, mais, en retranchant l’industrie de l’aérospatiale, elles affichent une augmentation. Ces commandes auprès des manufacturiers sont en hausse de 18,3 % par rapport à octobre 2010.  Mon commentaire du 23...Read More >

Chômage, disparités de revenus et mondialisation : un débat

L’article qui suit est le deuxième d’une série de trois portant sur les relations pouvant être établies entre la mondialisation et le marché de l’emploi. Le premier article[1] présentait le point de vue du prix Nobel Michael Spence  quant aux liens entre le recul économique des États-Unis et la mondialisation. Nous avons signalé  que pour favoriser  l’adaptation aux effets de la mondialisation, Spence s’oppose à  des coupures importantes de dépenses publiques. Pour lui, l’optimum à moyen terme serait de réduire la consommation et de favoriser les investissements en capital humain.  Il propose de mettre l’emphase sur l’augmentation de la productivité et sur l’établissement de salaires «compétitifs» dans certains segments de la chaîne de valeur ajoutée du secteur secondaire. En outre,  Spence  prône une stratégie axée sur la création d’emplois dans les segments à haute valeur ajoutée. Il appelle aussi une réforme de la fiscalité pour la simplifier et la reconfigurer en vue de promouvoir la compétitivité, l’investissement et  l’emploi. Il...Read More >

Perspectives de l’économie mondiale : son rythme de croissance continuera de ralentir

Les indicateurs avancés de l’évolution de l’économie mondiale continuent de signaler un ralentissement de son rythme de croissance au cours des prochains mois. En outre, les analyses publiées récemment sur les perspectives mondiales font encore état de l’incertitude et des risques accrus qui engendrent de l’instabilité sur les marchés ainsi que de l’insatisfaction eu égard aux mesures de redressement de la situation, en particulier en Europe.  Les indices mensuels des indicateurs économiques avancés de l’OCDE, publiés le 12 décembre, pointent de nouveau vers un ralentissement de la croissance à court terme. Pour l’ensemble de l’OCDE, le fléchissement ramènerait la progression de l’économie près de sa tendance de long terme, et ce serait notamment le cas pour les États-Unis, la Chine et le Canada. La Zone euro, le Brésil et l’Inde connaitraient un ralentissement prononcé. Les indices économiques avancés du Conference Board vont, à quelques variantes près, dans le même sens que ceux de l’OCDE.  Quant aux indices du JPMorgan Global...Read More >

Quels seraient les effets d’augmenter les frais de garde de 7$ à 10$ ?

Un groupe de réflexion du Parti libéral du Québec a récemment proposé de majorer, lors de la première année d’un nouveau mandat du Parti libéral, de 3 $ le tarif quotidien des services de garde (SDG) dans les centres de la petite enfance (CPE) du Québec. Cela ferait passer le tarif de 7 $ à 10 $ par jour. Ce tarif serait par la suite indexé. Cette idée circule depuis déjà un certain temps. Lorsqu’une première majoration du tarif (de 5 $ à 7 $) des SDG avait été appliquée en 2004, il avait déjà été pressenti que des augmentations et indexation subséquentes seraient nécessaires pour limiter le fardeau croissant de la politique de financement direct des CPE par le gouvernement. Depuis, l’idée avait toutefois été mise de côté par le gouvernement libéral, possiblement pour des raisons politiques. Un modèle de microsimulation Tout comme pour un précédent blogue[1], le sujet de celui-ci m’a été inspiré par un projet de recherche...Read More >

L’ÉVOLUTION RELATIVE DES DÉPENSES DES SOINS DE SANTÉ : UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE

En cinquante ans, la part des dépenses de santé dans l’économie canadienne a plus que doublé : en 1960, elles représentaient 5,6 pour cent de la production contre une donnée de 11,9 pour cent pour 2009. Cette croissance soutenue suscite beaucoup d’appréhension; les dépenses de santé sont perçues comme incontrôlées. Comme elles sont financées à soixante-dix pour cent par le secteur public, elles s’accaparent une importante et croissante part du budget des administrations en laissant moins d’espace pour les autres « priorités » telles l’éducation, les infrastructures et la recherche. L’expansion des dépenses de santé dans l’économie est généralement dénoncée comme une crise majeure : cette tendance ne saurait durer sans hypothéquer les prochaines décennies. Or, cette expansion peut être jugée comme un phénomène normal. Une perspective de longue période aide en effet à mieux comprendre les phénomènes. C’est l’apport de Robert W. Fogel, économiste-historien qui est le codétenteur du prix Nobel d’économique de 1993. Dans son livre The Fourth GreatAwakening and the Future...Read More >

L’impôt sur le revenu des particuliers devrait-il changer de nom?

Au sujet d’une réforme de la structure de la taxation, une recommandation courante est la suivante :   il faut absolument éviter d’alourdir les impôts sur le revenu…(et) orienter la ponction fiscale de l’État vers les formes d’imposition les moins dommageables pour la croissance économique, soit notamment les taxes à la consommation.  Au milieu de la dernière décennie, des modèles d’équilibre général des ministères des Finances fédéral et québécois confirmèrent le bien-fondé de la recommandation : le coût excédentaire ou d’efficacité à long terme d’un dollar supplémentaire de taxation fédérale était estimé à 0,3 pour l’impôt sur le revenu des particuliers contre 0,1 pour la taxe à la consommation. Pour le Québec, à cause de la plus grande ouverture de l’économie, les coûts d’efficacité d’un dollar supplémentaire de taxation étaient plus élevés : 0,74 pour l’impôt sur le revenu des particuliers et 0,54 pour la taxe de vente québécoise. Contrairement à la recommandation de privilégier les taxes à la consommation et aux estimés des...Read More >

ÉCONOMIE ET LIBERTÉ(S)

   Liberté et économie sont deux notions à la fois éloignées et proches. A priori, la première relève du politique, la deuxième de la production et de l’échange de biens et services. Pourtant, un des grands débats en science économique est celui de l’importance devant être accordée à l’État dans la régulation et l’orientation de l’économie, soit du degré de liberté pouvant être laissé aux agents économiques. Les tenants d’une liberté maximale se réclament du libéralisme ou du laisser-faire, leurs opposants de la social-démocratie. Des politiciens endossent l’un ou l’autre camp. Les prises de position de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan ont ouvert la voie à trente années de libéralisme économique ou plus précisément de néo-libéralisme, puisqu’il s’agissait de la résurgence d’une idée ancienne.   Le 15 novembre dernier, dans une conférence au Musée de la civilisation du Québec, Pierre Dockès, professeur à l’université Lyon-2, spécialiste de l’histoire économique, a retourné sous toutes les coutures les rapports complexes entre économie...Read More >

Les effets de la mondialisation sur le chômage et la répartition des revenus selon Michael Spence

 L’article qui suit est le premier d’une série de trois portant sur les relations pouvant être établies entre la mondialisation et le marché de l’emploi. Ce premier article présente le point de vue du prix Nobel Michael Spence. Les articles subséquents porteront l’un sur les critiques de Richard Katz et Robert Z. Lawrence, et l’autre sur les enseignements pouvant être dégagés pour le Canada. Le déclin relatif des États-Unis Plusieurs indicateurs témoignent de l’ampleur des problèmes actuels de l’économie américaine[1] : le  déclin de la part des États-Unis dans le PIB mondial de 30%,  niveau atteint au milieu des années 1990,   à 24% présentement; un déficit fiscal de 1,300 milliards$ i.e. de 9% du PIB américain, une dette nationale supérieure au PIB dont 80% est détenue à  l’étranger; une réglementation inadéquate des marchés financiers; un marché immobilier qui tarde à se rétablir. À cette liste, il faut ajouter qu’un travailleur sur 11 est en chômage (14 millions de chômeurs) et que ...Read More >