L’analyse des services publics peut se diviser en deux étapes. La première isole la production des biens intermédiaires, tels le programme de baccalauréat en science économique ou même le cours Économique 101. La seconde consiste à établir la relation entre, d’une part, les biens intermédiaires et l’environnement, comme la formation antérieure de l’étudiant et ses différentes caractéristiques, et d’autre part le bien final, soit la formation acquise en science économique.
L’extraction et le raffinage des ressources font appel à des procédés techniques intensifs qui ne passent pas inaperçus. Tout comme il n’est pas possible de faire une omelette sans casser des oeufs, ces activités ont nécessairement un impact sur les populations et sur l’environnement même quand elles sont conduites selon les règles de l’art. L’exploitation des ressources naturelles pose aussi la question de la protection des intérêts des générations futures. Leur laissera-t-on un capital naturel suffisant pour avoir un niveau et une qualité de vie au moins équivalents à ceux d’aujourd’hui? En d’autres termes, le développement économique effectué à partir des ressources naturelles peut-il être un développement durable?
Jusqu’en 2010, lorsque l’on évoquait le prix du pétrole brut, on se souciait peu de l’écart entre le prix du WTI et celui du BRENT [1]. La divergence entre les deux pouvait être qualifiée de négligeable : 1,39$ d’écart en moyenne de 1987 à 2010, à la faveur du WTI (étant donné sa qualité légèrement supérieure).
Il y a une mentalité de rentier qui sommeille en chacun et qui aimerait que la prospérité vienne et dure du simple fait de la dotation naturelle. D’où ce déchainement de passions au Québec au sujet des avantages économiques obtenus de l’exploitation des ressources naturelles. Depuis longtemps, une large fraction de l’opinion publique se plait à croire que, s’ils étaient moins timorés, les gouvernants imposeraient des redevances et des transformations accrues aux sociétés, souvent d’origine étrangère, qui extraient des ressources des forêts ou du sous-sol québécois. Ce souhait est compréhensible et légitime. Est-il pour autant fondé et réaliste?
Il est fréquent d’entendre les partis politiques s’engager à transformer davantage les ressources en produits semi-finis et finis plutôt que de les exporter à l’état brut. Ces engagements répondent aux vœux exprimés par les communautés régionales désireuses de profiter de nouveaux emplois et d’une économie plus diversifiée. Comme dans Cendrillon, on aimerait bien que la citrouille soit transformée en carrosse doré. De fait, le Québec a obtenu de grands succès dans la transformation de certaines ressources. Pour d’autres, les résultats ont été décevants.
Le financement des services publics, comme les services de santé, veut réconcilier deux objectifs : équité et efficacité. Pour qu’il y ait équité, on cherche à miser sur un financement centralisé ou provincial afin de pouvoir assurer une plus grande égalisation des services disponibles. Cette centralisation repose sur une coordination bureaucratique par l’établissement de normes. Le deuxième objectif vise à diminuer les coûts et à répondre le mieux possible à des besoins variés et changeants. La décentralisation est célébrée comme moyen d’encourager la diversité dans la quantité et la qualité des services disponibles et de favoriser la créativité.
Les manuels d’économie distinguent quatre facteurs de production soit le sol, la main-d’œuvre, l’entreprise et le capital. Par capital, on comprend spontanément les ressources financières, les infrastructures, la machinerie et l’outillage, mais le capital inclut aussi le capital naturel. Ce dernier est constitué d’une panoplie diversifiée comprenant notamment la forêt, l’eau, la faune terrestre et aquatique de même que les hydrocarbures et les minéraux. On peut même sans trop exagérer y ajouter le soleil et le vent, voire la beauté des paysages et la température. Bref, tout ce que la nature offre et qui peut être transformé en biens et services par le travail et l’esprit d’entreprise constitue un capital pouvant servir au développement économique.