L’IMMIGRATION DE PERSONNES QUALIFIÉES – BRÈVE ANALYSE COMPARATIVE DU CANADA ET D’AUTRES PAYS DÉVELOPPÉS

Le Pew Research Center a récemment publié une étude permettant de comparer certains aspects de la politique canadienne d’immigration avec celles de onze autres pays développés. L’étude porte plus précisément sur l’immigration de personnes qualifiées et est fondée sur l’analyse de recensements et d’enquêtes sur la population active des pays considérés.

LE VOLUME D’IMMIGRATION: PLUSIEURS ASPECTS DOIVENT ÊTRE CONSIDÉRÉS

Les flux migratoires font l’objet de débats au Québec et un peu partout dans le monde, sans que soient toujours distingués les enjeux liés aux différentes catégories d’immigration : l’immigration économique, le regroupement familial ainsi que les réfugiés et les personnes en situation semblable. Ces débats portent souvent sur le nombre d’immigrants qui peuvent être accueillis dans un pays ou une région donnée sur une base annuelle.  Quelques publications récentes permettent d’apporter un éclairage économique sur certains des enjeux en cause, sans permettre d’établir toutefois le quantum ou quota qui ferait consensus. 

LA MODULATION DES DROITS DE SCOLARITÉ EST SOUHAITABLE

Depuis plusieurs années, différents groupes demandent au gouvernement de moduler les droits de scolarité en fonction des coûts de formation. C’est le cas, par exemple, des auteurs d’un texte publié par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO)[1]. L’Association des étudiants et étudiantes en sciences économiques de l’Université de Montréal s’est aussi prononcée en faveur d’une telle réforme. En effet, diverses recherches économiques nous indiquent qu’il serait socialement plus efficace d’abandonner le système actuel de fixation uniforme des droits de scolarité.

SUR DEUX FAÇONS DE DISCRIMINER CONTRE DES TRAVAILLEURS ÉTRANGERS

La vie courante présente différentes énigmes ou contradictions. Des situations ou des mesures, dont l’essence est comparable, reçoivent des appréciations différentes, pour les unes l’opprobre et pour les autres l’assentiment. Pour un spécialiste des sciences sociales, toute contradiction réelle ou apparente mérite d’être analysée non dans le but de dénoncer, mais plutôt d’essayer de comprendre. Il est souvent conseillé d’éviter certains aspects d’un sujet puisqu’ils sont matière à controverses ou à l’imputation de mauvaises intentions. La question de ce texte s’y prête en étudiant la préférence accordée à l’emploi d’un travailleur de souche par rapport au travailleur étranger et les politiques favorisant la consommation de produits locaux plutôt que de produits importés.

LA FISCALITÉ ET LA VALORISATION DU TRAVAIL

Dès les années 1980, Jacques Parizeau indiquait que la sagesse populaire savait qu’il n’était guère intéressant pour les chômeurs ou les assistés sociaux de se remettre au travail, même quand le travail était disponible. Du même souffle, il indiquait qu’obtenir une promotion n’était pas particulièrement payant, même avec un revenu initial assez faible. Il concluait qu’il s’agissait d’un enjeu sérieux, car une société doit promouvoir l’intérêt financier au travail. Plus de trente ans plus tard, Philippe Couillard soulignait, dans son discours d’ouverture à l’Assemblée nationale, l’histoire d’un entrepreneur racontant sa surprise lorsqu’une personne avait refusé une augmentation de salaire, car cela n’en valait pas la peine ! Il disait avoir entendu cela plus d’une fois et soulignait qu’une révision en profondeur est nécessaire.

LES FEMMES ÉCONOMISTES, UNE RESSOURCE RARE !

Je pense que nous sommes entrés dans une ère nouvelle et que nous reconnaissons que les femmes ont la capacité de produire d’excellents travaux scientifiques. Je pense que c’est un honneur d’être la première femme, mais je ne serai pas la dernière. – Elinor Ostrom, Prix Nobel de science économique de 2009 De 1990 à 2015, la proportion de femmes détenant un grade universitaire a augmenté davantage que celle des hommes. La proportion de femmes détenant un grade universitaire est passée de 14 % à 35 % alors que celle des hommes est passée de 17 % à 29 %. Si les femmes sont en proportion quasi identiques aux hommes dans les programmes d’études supérieures, on constate que le choix du domaine d’étude est encore très stéréotypé. Parmi les diplômées universitaires de 25 à 34 ans, au moins 1 femme sur 5 est soit enseignante au primaire ou au secondaire, soit infirmière. C’était vrai en 1991, 2006, 2011, et encore aujourd’hui[1] ! Dans ce billet,...Read More >

ÉTUDIANTS ÉTRANGERS : UN TEST D’ÉLASTICITÉ QUI POURRAIT S’AVÉRER COÛTEUX

Le gouvernement du Québec imposerait de nouvelles coupes budgétaires aux universités et, en guise de compensation partielle, il les autoriserait à augmenter les frais d’inscription chargés aux étudiants étrangers[1]. Le gouvernement donnerait ainsi suite à une recommandation de la Commission Robillard qui, elle-même, s’était appuyée sur une étude de CIRANO pour préconiser la déréglementation des frais d’inscription des étudiants internationaux[2]. Cette étude avançait que les universités québécoises pourraient vraisemblablement augmenter les frais d’inscription des étudiants étrangers sans subir une baisse sensible du nombre de ces derniers. Le gouvernement compterait aussi sur la baisse du taux de change pour limiter les effets de la hausse des frais sur les étudiants internationaux. Le recteur de l’Université Laval a exprimé son désaccord. Selon lui, les étudiants internationaux qui fréquentent son université ont des moyens financiers limités de sorte que toute augmentation des frais d’inscription risque de détourner un bon nombre d’entre eux vers d’autres universités en dehors du Québec[3]. En somme, nous sommes...Read More >

NOS RICHES SONT-ILS DE « VRAIS » RICHES?

Qui est riche? Il n’y a pas de réponse objective et définitive à cette question car chacun définit la richesse à sa façon. D’ailleurs, nous sommes riches par rapport à qui et à quoi? Par exemple, selon une étude que j’ai menée et qui se base sur les statistiques fiscales des particuliers, le revenu individuel total des Québécois en 2011 était en moyenne de 40 600 $ par année. Selon Global Rich List, un calculateur de revenus (et de richesses) en ligne, ce revenu type de la classe moyenne au Québec, serait suffisant pour faire partie du 1 % le plus riche dans le monde!

SUR LA QUESTION DE LA SURQUALIFICATION DES NOUVEAUX DIPLÔMÉS UNIVERSITAIRES

Un récent rapport du directeur parlementaire du budget (DPD) sur la situation du marché du travail conclut à une augmentation depuis vingt-cinq ans de la surqualification chez les nouveaux diplômés universitaires, c’est-à-dire une attestation d’études universitaires plus élevées que les études exigées pour le travail :

DEPUIS 10 ANS, LES DÉPENSES D’EDUCATION AU QUÉBEC ONT AUGMENTÉ DE 35 %, PAS DE 67 %

Dans sa chronique du 25 septembre dernier, le journaliste Francis Vailles affirmait dans La Presse que les dépenses du gouvernement du Québec en éducation avaient augmenté de 67 % de 2004 à 2014, soit davantage même que les dépenses en santé. Son calcul était basé, en toute bonne foi, sur les données officielles publiées par le ministère des Finances du Québec. Or, ce chiffre, lourd de conséquences dans le débat politique actuel, vient d’un calcul erroné.