Cette question a été maintes fois posée; elle l’est encore aujourd’hui, même si plusieurs y ont déjà répondu, et elle le sera vraisemblablement encore dans l’avenir. Juste pour donner aux lecteurs de ce billet une idée de l’intérêt qu’elle suscite : une recherche sur Internet donne 512 000 résultats lorsqu’on la pose en français, et 315 000 000 en anglais. Un examen sommaire de quelques-uns des textes répertoriés offre, sans surprise, de multiples réponses.
Basée sur les avantages comparatifs, la théorie économique orthodoxe du commerce international postule que la production d’un pays sera déterminée par des facteurs relevant de l’offre : technologies, préférences, emploi des ressources productives (capital, travail). S’il n’y a pas de contraintes au commerce, les prix des ressources (incluant le capital et les salaires) s’ajusteront pour produire une situation optimale de plein-emploi. Nos billets abordant les approches néoclassique et postkeynésienne de la croissance et des prix ont démontré les limites de ces postulats; les niveaux de chômage et de croissance économique seraient davantage déterminés par la demande effective et la détermination des prix dépasse le simple principe de l’offre et la demande. Ce billet aborde la théorie postkeynésienne du commerce international sous les angles de la demande effective, son impact sur la balance des paiements et le rôle des taux de change.
Lors d’une visite à Québec le mois dernier, le premier ministre du Canada a fait la déclaration suivante qui a suscité plusieurs réactions négatives dans les médias : Je comprends très bien qu’il y a beaucoup (de gens) à Radio-Canada qui détestent ces valeurs [que portent les conservateurs], mais je pense que ces valeurs sont les vraies valeurs d’un grand pourcentage de Québécois. Il ne s’agit pas ici de commenter le propos du premier ministre mais plutôt de se questionner sur deux points, la présence d’une certaine homogénéité des milieux intellectuels et aussi leur moralisme. Pour ce faire, nous juxtaposerons différents témoignages de personnalités qui ne peuvent pas être considérées comme des idéologues.
Les consommateurs sont-ils des agents maximisateurs de bien-être ? Leurs achats sont-ils calculés à l’aide d’un ordinateur performant pour prendre en compte toutes les informations disponibles, comme le sous-entend la théorie économique orthodoxe ? Les postkeynésiens considèrent cette approche déconnectée de la réalité et de peu d’utilité pour l’analyse économique. Ils ont développé une théorie alternative davantage représentative des données empiriques et des comportements observés. Ce billet en dressera les grands traits.
Si l’on tient compte de la taille des deux économies, l’aide aux entreprises coûte au Québec environ deux milliards de plus qu’en Ontario. Or, l’aide aux entreprises porte fréquemment sur des projets onéreux qui engendrent peu d’emplois (ex. projet Gaspésia, production d’électricité avec des éoliennes). Le gouvernement du Québec et la Caisse de dépôt et placement ont récemment annoncé leur participation au financement de la cimenterie de Port-Daniel : un montant d’environ 500 millions de dollars. Le ministre Daoust affirme que cette entente a été négociée sur des bases strictement commerciales.Espérons que cela est le cas. Sinon, s’il y a effectivement subvention, les États-Unis y trouveront une justification pour imposer des droits de douane spéciaux sur la production de la cimenterie qui serait écoulée aux États-Unis, ce qui réduira les ventes sur ce marché. De fait, advenant l’imposition de tels droits, la contribution financière du gouvernement se retrouverait, en partie, dans les coffres du gouvernement américain. De plus, l’entreprise devra alors...Read More >
Contrairement aux écoles de pensée orthodoxes, les postkeynésiens conçoivent la monnaie comme endogène. Elle serait donc le produit du système économique, résultant de la croissance économique et des décisions des agents opérant au sein du système économique, en particulier les banques commerciales. La préférence pour la liquidité dans un contexte d’incertitude fondamentale y joue un rôle essentiel. La création et la fluctuation de monnaie ne seraient donc pas exogènes au système, soit à la banque centrale bien que celle-ci exerce une certaine influence. Ce billet est le cinquième de notre série sur les théories postkeynésiennes.
La mort d’Albert Hirschman en décembre 2012 et la publication d’une imposante biographie quelques mois plus tard ont remis en évidence ses nombreux écrits. Parmi ceux-ci, il y a un petit livre publié en 1970 qui eut un impact dans les sciences sociales avec plus de seize mille citations : Exit, Voice and Loyalty. Responses to Decline in Firms, Organizations and States. [La même traduction se retrouve sous trois titres différents, Face au déclin des entreprises et des institutions (1972), Défection et prise de parole. Théorie et applications (1995) et Exit, voice, loyalty. Défection et prise de parole (2011)]. Les processus décentralisés des marchés, qui sont fort étudiés par les économistes, favorisent la voie de l’exit ou du vote par les jambes pour manifester son mécontentement. Si je ne suis pas satisfait de mon supermarché (Métro par exemple), je ne prends pas l’initiative d’une pétition ou d’une contestation; je vais tout simplement chez un concurrent (comme Provigo), en faisant une...Read More >
Le refus du président Obama d’autoriser l’oléoduc Keystone XL qui transporterait un million de barils de pétrole par jour de l’Alberta au Golfe du Mexique accentue l’intérêt pour le projet Énergie-est qui lui vise à acheminer quotidiennement un peu plus de un million de barils de la province albertaine jusqu’à Saint John au Nouveau Brunswick. Le fondement économique de tous les projets d’oléoducs ayant l’Alberta comme point de départ est l’écart des prix du pétrole entre cette région et celui à l’échelle mondiale. Cet écart est présentement de l’ordre de 10.00$/baril pour un prix de 60.00$. Le prix mondial du pétrole continue d’être une variable-clé influençant le développement des infrastructures reliées à l’industrie pétrolière au Québec. Ce texte vise à rappeler les principales manifestations de cette relation depuis la seconde guerre mondiale.
[Ce texte reprend avec des adaptations le blogue du 17 juillet 2012 intitulé Un tramway en cadeau. Aujourd’hui le projet devient un Service rapide par bus (SRB) entièrement financé par les gouvernements supérieurs.] Le projet d’une nouvelle infrastructure de transport en commun dans la région métropolitaine de Québec peut être mis en parallèle avec l’histoire suivante. Un récent gradué sans ressource, qui vient de trouver un premier travail quelque peu éloigné de la résidence familiale, demande à ses parents de l’aider pour l’achat d’une première voiture. Ses parents, désireux de l’aider et fiers de leur enfant, lui offrent de lui payer une Nissan Versa. Ce dernier est fort déçu puisqu’il désire posséder une BMW décapotable avec l’approbation enthousiaste de ses amis. Un parent réagit à la situation en pensant que ce sont maintenant les quêteurs qui fixent les normes.
Notre dernier billet a exposé les importantes limitations méthodologiques et contradictions empiriques des théories marginalistes des prix et de l’entreprise. La réalité semble être plus complexe et subtile. Les postkeynésiens offrent une alternative plus solide, basée sur la réalité empirique des comportements des entreprises sur les marchés, de natures instables, imparfaits et incertains. Ce billet abordera la théorie du coût majoré et la théorie postkeynésienne de l’entreprise.