Les 2, 3 et 4 mai prochain se tiendra, à Montréal, le 37e congrès de l’Association des économistes québécois dont le thème sera : La prospérité au Québec : nos choix pour y arriver. Ce sera un événement spécial, parce que les congressistes seront appelés à se prononcer sur des propositions que les conférenciers leur soumettront. Laissez-moi vous expliquer cela plus en détail. D’abord le thème : la prospérité du Québec. À première vue, cela ne semble pas bien original et vous avez peut-être une impression de déjà entendu : bon, on va encore entendre parler de productivité et se faire dire que les Québécois ne travaillent pas assez. Bien vu ! Mais non, je blague. Je ne dis pas qu’on ne parlera pas de productivité, mais je vous jure qu’on ne parlera pas que de cela ! Et surtout, on n’en parlera pas de façon purement théorique. Les conférenciers vous soumettront des propositions, reliées au sujet de leur allocution, sur lesquelles vous devrez vous...Read More >
Le gouvernement canadien annoncera possiblement lors de son budget du 29 mars prochain une réforme importante de son régime de prestations de la vieillesse. Un rapport actuariel du gouvernement canadien prévoit que les dépenses annuelles en prestations fédérales passeront de 41 milliards en 2012 à 73 milliards en 2030 (en dollars constants de 2012), soit une hausse de 78 %. En proportion du produit intérieur brut canadien, ces prestations croîtront de 2,4% en 2012 à 3,1% en 2030. Une telle croissance suscite évidemment certaines inquiétudes étant donné l’incertitude entourant la santé de l’économie canadienne et le fait que les changements démographiques accroîtront au cours des prochaines années la difficulté de financer d’autres dépenses publiques (comme celles sur la santé) et exerceront des pressions sur la productivité des travailleurs et sur les revenus de l’État. Plusieurs réformes possibles peuvent être envisagées pour contenir la croissance des prestations fédérales de vieillesse. Celle qui a été davantage évoquée au cours des dernières semaines...Read More >
En cette période de contestation de l’augmentation des frais de scolarité, il est approprié de réfléchir sur l’institution universitaire qui a évolué avec le temps. Un point important est la détérioration relative des études de baccalauréat. C’est un phénomène généralisé en Amérique du Nord : la taille des classes s’est accrue, le recours à des pigistes aussi, et le résultat a été une réduction du temps d’étude et une inflation des notes. Voici ce qu’écrit un directeur d’études sous-graduées d’économique d’une université canadienne : Il y a plusieurs années, lorsque j’ai joint le Département d’économique de Queen’s à titre de professeur adjoint, nous avions 10 sections pour le cours d’économique de première année avec 60 à 70 étudiants dans chacune. L’évaluation reposait sur des travaux et examens corrigés par les professeurs. Pour la prochaine année, nous aurons trois sections d’environ 450 étudiants chacune. Le professeur utilisera un micro pour être entendu dans un grand auditorium, et 90 % de l’évaluation portera sur des...Read More >
Dans mon blogue précédent, je me suis concentrée sur les mesures du taux d’endettement des ménages canadiens, en particulier sur le ratio de la dette au revenu personnel disponible dont il est toujours question dans les médias. Dans le présent article, je m’intéresse au discours que la Banque du Canada tient à propos de l’endettement des ménages, un discours que je trouve exagérément alarmiste. Le discours de la Banque du Canada Si la question du taux d’endettement des ménages canadiens est considérée comme un risque sérieux par la plupart des prévisionnistes et par les médias, c’est en bonne partie parce que c’est le message véhiculé, et je dirais même martelé par la Banque du Canada depuis maintenant plus d’un an. C’est en effet en décembre 2010 que le gouverneur de la banque centrale a mentionné pour la première fois de façon assez explicite le danger que représentait la détérioration du bilan des ménages canadiens. Depuis ce temps, pratiquement tous les...Read More >
À la veille du prochain budget Bachand, je vous propose une relecture des discours budgétaires des 50 dernières années. Le regard historique aidera à mieux comprendre l’importance et la complexité de l’exercice budgétaire que le ministre Bachand s’apprête à livrer. En partant, il est suggéré à tous ceux qui sont excédés d’entendre les discours publics sur le nécessaire contrôle des dépenses, l’importance du déficit zéro ou sur des concepts comme « vivre selon ses moyens », « emprunter pour payer l’épicerie », « en avoir pour son argent » de s’abstenir! En fait, chaque ministre des Finances depuis Jean Lesage a dû exposer d’une manière ou d’une autre les tensions budgétaires du Québec. Le nécessaire rattrapage Même si à l’origine le recours à l’endettement était volontaire pour rattraper autant de retards (discours 1961), que sans cela le Québec se condamnait collectivement à la stagnation économique (discours 1963), Jean Lesage reconnaissait, sans s’en inquiéter pour autant, que la politique de son gouvernement s’était nécessairement traduite par une augmentation de...Read More >
Beaucoup d’encre a coulé au cours de la dernière année à propos de l’endettement des ménages canadiens. Surtout depuis que le taux d’endettement des Canadiens a dépassé celui des Américains. Quelle horreur ! Dans le présent article, je n’ai pas l’intention de procéder à une analyse approfondie de la question, car cela a déjà été fait, et bien fait, par plusieurs économistes de diverses institutions. Je veux simplement attirer votre attention sur certains éléments, que la majorité des analystes ont déjà mentionnés, et qui devraient être pris en considération afin de porter un regard plus critique sur ce qu’on lit ou entend à ce sujet dans les médias. Dans l’ensemble, les analyses de fond qui ont été publiées sont beaucoup plus nuancées et certainement moins alarmistes que ce qui est véhiculé dans les médias. Les économistes admettent que les risques que l’augmentation du taux d’endettement des ménages nuise à la croissance économique du Canada existent, mais la majorité considère qu’ils sont...Read More >
La croissance des dépenses et les problèmes d’efficacité du système incitent plusieurs à recommander la création d’une sorte d’Hydro-Québec dépolitisée des soins de santé. Ceci permettrait des décisions par des experts ou professionnels du secteur. Cela a été soulevé dans le Rapport Clair (2000)[i] : La structure ministérielle telle qu’on la connaît depuis 1970 est-elle toujours adaptée au contexte actuel pour agir comme principal instrument de gouverne en fait d’administration globale de l’offre de services ? Ne faudrait-il pas créer une agence ou une société publique dotée d’un conseil d’administration hautement crédible pour coordonner l’administration de l’offre de services, en conformité avec les orientations et les budgets décidés par le gouvernement, auquel cas le ministère, ainsi allégé, verrait plutôt à élaborer les politiques, à définir les standards et à évaluer les résultats ? (p. 214) La création d’une société publique exprime une volonté de dépolitiser le secteur, qui demeure financé à plus de soixante-dix pour cent par le gouvernement. En 2010-2011, les dépenses...Read More >
La journée du 8 mars invite à faire le point sur la situation de la femme sur le marché du travail. Qu’en est-il des efforts entrepris pour en arriver à une plus grande égalité des sexes en emploi? Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les revenus moyens des femmes ne représentent toujours que 80% de celui des hommes[1] et une étude portant sur la rémunération des diplômés américains révèle qu’à niveau de formation égal les femmes gagnent 23% de moins que les hommes au cours de leur carrière[2]. Au Québec, la rémunération horaire moyenne des femmes en 2011 ne représentait toujours que 88,2% de celle des hommes malgré que des progrès aient été réalisés (84,% en 1997). Par ailleurs, toujours au Québec, en 2008, les cadres supérieurs masculins touchaient un revenu moyen avant transferts de 133 249$ soit 24% de plus que leurs homologues féminins (107 738$[3]). La situation est nettement plus déséquilibrée pour ce qui est de la composition des conseils d’administration. En...Read More >
Il y a de ces débats où le gros bon sens n’arrive pas à prendre le dessus. Celui entourant les frais de scolarité est manifestement l’un de ceux-là. Dans son budget 2011-2012, le gouvernement a annoncé la hausse les droits de scolarité de 325 $ par année pendant cinq ans, les faisant passer de 2168 $ en 2011-12 à 3793 $ à 2016-17. C’était écrit dans le ciel, la question n’était pas de savoir si le gouvernement allait augmenter les droits de scolarité, mais plutôt quelle avenue serait empruntée pour garantir l’accessibilité? Éléments à savoir Les étudiants d’aujourd’hui, même en majorant leurs droits de scolarité de 1625 $, paieraient en valeur réelle, tenant compte de l’inflation, l’équivalent des frais de scolarité applicables en 1968. La contribution des étudiants aux revenus globaux des universités québécoises s’élevait à 12,7% en 2008-2009 alors qu’elle atteignait le double dans les autres provinces canadiennes. En 2009, plus d’un étudiant sur deux au premier cycle universitaire avait complété...Read More >
Comme dans l’éducation, les soins de santé sont un secteur où « le consommateur n’achète pas et le producteur ne vend pas ». De plus, tout imposant système comprend de nombreuses sources d’inefficacité ou de gaspillage. Il ne s’agit pas ici de les identifier mais plutôt de prendre conscience de l’impact limité de la lutte au gaspillage sur l’évolution des taux de croissance des dépenses de santé. La lutte au gaspillage est en effet un phénomène ponctuel qui n’affecte pas la tendance ou la trajectoire de longue période. Niveau vs croissance Il faut bien faire la distinction entre variation du rapport des dépenses de santé sur le PIB d’une part et le niveau de ce rapport d’autre part. Prenons un exemple chiffré : dans le cas où différentes mesures permettraient de réduire de quinze pour cent les dépenses de santé sur une période de cinq ans, le taux de croissance des dépenses de santé dans l’économie ne serait pas modifié après les cinq...Read More >