LE COMMERCE VERTICAL ET LA COMPÉTITIVITÉ

Les données sur les exportations présentement disponibles attribuent  la valeur ajoutée totale au dernier pays qui exporte. Or, cette mesure surestime la valeur des exportations pour le pays exportateur car elle comptabilise la valeur des biens et services chaque fois qu’ils passent une frontière. Dans certains cas, les  composantes d’un produit ou d’un service peuvent ainsi être comptées deux ou trois fois. Il se peut aussi qu’un intrant comprenne non seulement des biens intermédiaires mais aussi des biens finis. Aussi, nous prônons depuis nombre d’années d’utiliser plutôt des données reposant sur la notion de commerce vertical soit en tenant compte des intrants importés servant dans les exportations et des intrants domestiques exportés pour revenir  dans les biens importés. A titre d’exemple on devrait tenir compte de la valeur des pièces aérospatiales américaines importées et utilisées au Canada pour produire des avions qui sont exportés, tout comme on devrait comptabiliser les composantes de Blackberry exportées aux É.U. pour assemblage et qui...Read More >

LE PARADOXE DU SECTEUR MANUFACTURIER AMÉRICAIN

Au cours des trois dernières décennies, soit pour la période de 1980 à 2010, le secteur manufacturier américain se caractérise par un paradoxe : une chute importante de sa part dans l’emploi tout en conservant une part croissante de la production. Examinons les données. L’emploi Depuis au moins un siècle et demi, la part relative de l’emploi dans les services est croissante. Toutefois, les trois dernières décennies se caractérisent par l’importante chute de la part de l’emploi manufacturier par rapport à l’emploi non agricole aux États-Unis. Elle est passée de 20,7 pour cent en 1980 à 8,9 pour cent en 2010. L’importance relative des emplois manufacturiers a chuté de plus de la moitié, soit de 57 pour cent. La production Une telle évolution de l’emploi manufacturier ne devrait-elle pas se traduire par une part décroissante de ce secteur dans la production de toute économie? Paradoxalement, ce n’est pas le cas. Au cours des trois décennies, la croissance annuelle moyenne de la...Read More >

ÉCONOMIE MONDIALE : PERSPECTIVES MITIGÉES

L’économie mondiale connaîtra une croissance relativement modeste en 2012. C’est ce que laissent croire les plus récentes «Perspectives de l’économie mondiale» du FMI publiées le 17 avril. Bien qu’il ait revu légèrement à la hausse son scénario de progression du PIB mondial par rapport à janvier dernier, cet organisme prévoit une croissance qui n’atteindrait que 3,5 % cette année; elle serait ainsi inférieure à celle de l’an dernier (3,9 %) et de 2010 (5,3 %). C’est évidemment mieux que durant la récession de 2008-2009, mais nettement moindre que durant la période d’expansion du milieu de la décennie précédente. La Banque du Canada, dans son Rapport sur la politique monétaire du 18 avril, retient aussi un scénario de légère amélioration des perspectives de l’économie de la planète, mais son estimation de la croissance n’est que de 3,2 %. Le scénario de référence du FMI est conforme à ce que laissent présager les plus récents indices des indicateurs avancés de l’OCDE pour...Read More >

L’EMPLOI A-T-IL DIMINUÉ AU QUÉBEC À LA FIN DE 2011?

Oui, selon une enquête de Statistique Canada (SC); non, selon une autre enquête de cet organisme. Selon l’Enquête sur la population active (EPA), le Québec aurait affiché une perte nette de 61 000 emplois d’octobre à décembre 2011, ce qui a suscité bien des commentaires et des émois. D’après l’Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures travaillées (EERH), l’emploi y est demeuré relativement stable, avec des variations mineures d’un mois à l’autre. Il est vrai que l’EPA inclut les travailleurs autonomes, contrairement à l’EERH. En les soustrayant, les pertes nettes d’emploi demeurent élevées : près de 46 000 emplois en moins, selon les données de l’EPA. Comment expliquer les différences dans les résultats des deux enquêtes? SC nous indique dans son communiqué mensuel sur l’EERH que : «À la suite de différences conceptuelles et méthodologiques, les estimations des variations dans l’EERH et l’EPA divergent de temps en temps.» Cet organisme signale aussi dans son communiqué mensuel sur l’EPA que : «Les estimations tirées de...Read More >

DES NOUVELLES MESURES POUR ACCROITRE L’ACCESSIBILITE UNIVERSITAIRE

Le remboursement de prêts proportionnel au revenu arrive enfin au Québec!  Pour dénouer l’impasse qui perdure avec les associations étudiantes, le gouvernement a annoncé des changements importants dans l’Aide financière aux études (AFE). Certes, il maintient le cap sur la hausse des droits de scolarité, mais les modifications proposées ont pour effet d’accroître l’accessibilité universitaire.  À chaque occasion qui s’offre à moi, je me fais un devoir de rappeler que les étudiants bénéficiant d’une bourse de l’AFE – 30 % des inscriptions à temps plein (1er et 2e cycles universitaires) en 2007-2008 – ne sont nullement touchés par la hausse des droits de scolarité. Chaque dollar additionnel payé en droits de scolarité entraîne une majoration de la bourse du même montant. Donc, une hausse de 1625$ provoque automatiquement une hausse de 1625$ de leur bourse.  Parallèlement à l’augmentation des droits de scolarité, le gouvernement avait également en mars 2011 assoupli la contribution parentale servant à la détermination de la bourse. Dans...Read More >

LA DÉRIVE DES ÉTUDES DE BACCALAURÉAT AUX ÉTATS-UNIS

Deux récents blogues sur les universités ont montré comment l’explosion des connaissances et la recherche de la renommée dans leur discipline pour les professeurs et du prestige institutionnel pour les administrateurs ont donné la priorité à la recherche et aux programmes d’études spécialisés au détriment de la masse des étudiants du premier cycle ou de baccalauréat. Ce texte poursuit ce thème en se référant à une récente étude sur la qualité de l’apprentissage au niveau du baccalauréat aux États-Unis. Il comprend deux sections : la première donne quelques résultats de l’étude et la seconde reprend l’explication de la situation qu’en font les auteurs.

LE MARCHÉ DES DIPLÔMES

 Comme nous l’avons vu dans un article précédent, le Québec et le Canada ont fait un rattrapage remarquable en matière d’éducation mais les bénéfices n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes pour les diplômés et pour la société. La bonne vieille loi de l’offre et de la demande pourrait bien rendre compte en bonne partie de ces résultats décevants. Celle-ci veut que les prix (dans le cas présent, la rémunération) d’un produit (un diplôme) montent quand la demande est élevé et qu’ils baissent quand c’est l’offre qui est élevé. Tout est question de rareté relative : plus la demande dépasse l’offre, plus le produit est rare et plus il pourra commander un prix élevé. Or, nous avons vu également que l’offre de diplômés universitaires au Canada et au Québec pourrait bien être supérieure aux besoins du marché. Du moins globalement puisqu’à l’évidence la demande dépasse l’offre pour certaines catégories particulières, notamment dans certaines professions de la santé. Un marché...Read More >

L’ÉDUCATION ET LA RICHESSE

Au début des années 1960, le gouvernement de Jean Lesage appuyait sa réforme de l’éducation par le slogan «Qui s’instruit s’enrichit». Cinquante ans plus tard, l’éducation est toujours perçue comme un moyen sûr de promotion individuelle et d’enrichissement collectif. C’est pourquoi on entend régulièrement des doléances sur le taux de diplomation trop faible, sur le décrochage catastrophique, sur le manque de lien entre la recherche universitaire et les besoins de l’industrie, sur des frais de scolarité prohibitifs pour les classes pauvres, etc. Les données semblent confirmer que l’instruction enrichit. Ainsi, aux États-Unis un diplômé universitaire gagnera au cours de sa vie 75% de plus qu’un simple finissant du secondaire [1]. De plus, selon l’OCDE, le rendement total de l’éducation universitaire pour la société équivaudrait à près de trois fois l’investissement initial, principalement sous forme de recettes fiscales accrues [2]. Voilà de quoi conforter les étudiants dans leurs revendications visant le plafonnement des droits de scolarité. Chose certaine, l’obtention d’un diplôme,...Read More >

L’UNIVERSITÉ, UNE BUREAUCRATIE PROFESSIONNELLE

La dynamique de l’université perçue comme une bureaucratie professionnelle aide à expliquer la détérioration des études de baccalauréat qui a été explicitée dans un récent blogue. À l’université, on est en présence de deux pouvoirs, corps professoral et administration, débouchant sur une lutte bureaucratique où l’autonomie professionnelle demeure l’élément fondamental. Les personnes hautement qualifiées désirent conserver une importante autonomie dans leurs décisions, plutôt que d’être soumises à des directives précises de superviseurs. Pour elles, les rigidités inhérentes à la bureaucratie traditionnelle ne conviennent pas. Les professeurs d’université sont des décideurs importants; leurs intérêts peuvent facilement s’opposer à ceux de l’administration de l’établissement qui est soumise aux contraintes du bailleur de fonds, le gouvernement. L’université analysée par Adam Smith Il y a deux siècles et un tiers, Adam Smith consacrait quelques pages de sa Richesse des nations à l’institution universitaire. Sa perception demeure encore pertinente : Dans d’autres universités, il est interdit au maître de recevoir un honoraire ou rétribution de ses...Read More >