Tous les économistes connaissent la célèbre boutade de Paul A. Samuelson (1966) à l’effet que le marché boursier a prédit neuf des cinq dernières récessions. Mais, qu’en est-il au juste? Est-ce que les indices du prix des actions des entreprises cotées en bourse contribuent à anticiper l’évolution de l’économie, dont les points de retournement dans son cycle? Pour être retenue comme indicateur précurseur, une variable doit avoir une importance significative dans l’économie. Elle doit aussi passer le test du temps, c’est-à-dire avoir démontré historiquement qu’elle devance de quelques mois l’activité économique et ses fluctuations. Les indices boursiers, même s’ils fluctuent pour diverses raisons, semblent satisfaire à ces conditions pour de nombreuses économies. En effet, à l’OCDE, les cours des marchés boursiers sont l’une des composantes de ses indices composites mensuels des indicateurs avancés pour dix-neuf de ses trente-trois pays membres et pour six pays émergents non membres pour qui cet organisme produit de tels indices. Le Conference Board publie des...Read More >
Un récent blogue montre que l’écart du revenu réel moyen entre le Québec et l’Ontario est négligeable. Ce résultat n’est pas une aberration malgré une expansion économique généralement plus rapide en Ontario qu’au Québec. L’intégration économique des deux provinces, par le commerce des produits et l’ajustement du marché du travail par différentes voies tel le choix de résidence des immigrants, permet une forte égalisation des rémunérations réelles. Ce qui ne s’égalise pas est le prix du sol. Les régions plus prospères ont un prix du sol plus élevé qui augmente le coût du logement. Il y a aussi leurs salaires monétaires accrus qui ont un impact sur les prix des services locaux qui recourent davantage à la main-d’œuvre. Remise en question de la péréquation L’égalisation des revenus réels entre le Québec et l’Ontario remet en question le bien-fondé du programme fédéral de péréquation qui représente une dépense de 14,7 milliards de dollars en 2011-2012. Les paiements de péréquation existent au...Read More >
Le gouvernement Harper a annoncé qu’il devra réduire à plus long terme le taux de croissance du budget fédéral alloué aux prestations aux aînés. La croissance de ce budget utilisé pour payer les prestations de la Sécurité de vieillesse (SV) et du Supplément de revenu garanti (SRG) serait financièrement insoutenable à long terme. Pour démontrer aux Canadiens la justesse de cette affirmation, le gouvernement Harper a mis l’accent dans ses communications sur le fait que le montant des transferts aux aînés triplerait dans les vingt prochaines années. Il passerait de 36,5 milliards de dollars en 2010 à 108 milliards de dollars en 2030. Ces projections sont fiables car elles ont été tirées d’un rapport signé par l’actuaire en chef du Canada, M. Jean-Claude Ménard. [Voir l’examen actuariel, au 31 décembre 2009, du régime de pensions établi en vertu de la Loi sur la sécurité de la vieillesse ( http://w1p.fr/50828).Plusieurs économistes, journalistes et éditorialistes ont fortement critiqué dans les dernières...Read More >
Le versement d’une allocation familiale de 5 200 $ par année par enfant entre 0 et 4 ans – en remplacement des subventions directes aux garderies pour le financement des « places à sept dollars » – représentait un élément important du programme politique de la défunte Action Démocratique du Québec (ADQ). La fusion de l’ADQ à la Coalition pour l’Avenir du Québec (CAQ) pose naturellement la question de savoir si la CAQ proposera elle aussi une politique semblable.Effets d’une allocation universelle versée pour tous les enfants de zéro à quatre ans en remplacement des subventions directes aux garderies Ce blogue complète le trio débuté par mes deux précédents blogues sur les politiques familiales au Québec (À qui profitent les services de garde à sept dollars? et Quels seraient les effets d’augmenter les frais de garde de 7$ à 10$ ?). Tout comme ces deux blogues précédents, le sujet de celui-ci m’a été inspiré par un projet de recherche développé en...Read More >
Monde Après avoir anticipé pendant plusieurs mois un ralentissement généralisé de l’activité économique dans le monde, les indices des indicateurs avancés de l’OCDE donnent des signaux précurseurs d’un changement de momentum ou de dynamique, selon le communiqué et les statistiques publiés le 13 février sur le site Internet de cet organisme. Ce changement serait perceptible principalement aux États-Unis et au Japon, mais aussi dans d’autres économies développées, ainsi qu’en Inde et en Russie. En Zone euro et au Royaume-Uni, les indices pointent encore vers un ralentissement, mais il serait moins prononcé qu’auparavant. Quant à l’indice JPMorgan Global Manufacturing & Services PMI, il signale que l’expansion de l’économie mondiale se serait accélérée en janvier dernier, principalement aux États-Unis. Le sous-indice des nouvelles commandes laisse présager que cette tendance se poursuivra au cours des mois à venir. Le prix du cuivre, à la hausse ces derniers temps, est un autre indicateur avancé de l’amélioration des perspectives économiques. États-Unis La croissance modérée du...Read More >
Face à une fécondité inférieure depuis 1970 au seuil de remplacement des générations et au vieillissement de la population du Québec qui s’ensuit, des mesures favorables à la natalité sont proposées et aussi adoptées, comme l’amélioration des congés parentaux et les subventions aux garderies ou centres de la petite enfance. Une étude de Finances Québec affirmait : En ce qui a trait aux naissances, au moins une dizaine d’études économiques ont démontré que certaines politiques familiales, au Québec comme ailleurs, ont eu des impacts positifs sur la natalité. Comme les naissances sont, de loin, la principale composante positive de la variation de la population, elles méritent une attention particulière afin d’atténuer les chocs du vieillissement et de la décroissance de la population. (Côté 2004 : 6) Une augmentation de la natalité signifie-t-elle nécessairement une croissance de la population future? Si la réponse est négative, quel est le facteur vraiment important? Impact de l’ouverture de l’économie L’ouverture très grande...Read More >
Spécialiste de la psychologie cognitive, Daniel Kahneman a ébranlé un des fondements de la science économique, soit le postulat de la rationalité des décisions des agents économiques. En reconnaissance de sa contribution, il a reçu le prix Nobel de sciences économiques en 2002 conjointement avec Vernon Smith, un économiste. Il est souvent cité comme un des grands génies de notre époque et même un révolutionnaire de l’importance de Newton ou de Freud. Alors que la théorie économique, classique ou néo-libérale, repose sur la conviction que les individus prennent leurs décisions de consommer, de travailler ou d’investir en maximisant l’écart entre les bénéfices et les inconvénients escomptés, Kahneman est d’avis que souvent la décision prise est la mauvaise. En effet, les décisions individuelles sont prises à partir d’erreurs de perception, de jugement ou de calculs provenant d’heuristiques déficientes, soit de façons intuitives ou routinières de penser ou de percevoir dont on n’a pas vérifié la pertinence. Pour lui, les agents économiques ne...Read More >
L’utilité de réformer le régime de pensions de vieillesse (sécurité de la vieillesse et supplément de revenu garanti) du gouvernement canadien a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers jours. Un rapport actuariel du gouvernement canadien prévoit en effet que les dépenses annuelles en prestations passeront de 41 milliards en 2012 à 108 milliards en 2030, soit une augmentation de 163 %. Cette augmentation doit toutefois être mise en perspective. Ces statistiques sont tout d’abord exprimées en dollars nominaux. Corriger pour l’effet de l’inflation ramène l’augmentation à 73 milliards de dollars constants de 2012 (soit une hausse réelle de 78%). Il y a aussi lieu de tenir compte de la croissance prévisible de l’économie canadienne d’ici 2030 pour évaluer la capacité future de financer ces prestations. Le rapport actuariel prévoit une augmentation de 34 % du PIB réel d’ici 2030. Ainsi, la part des pensions de vieillesse dans le PIB canadien n’augmenterait donc que de 2,4% en 2012 à...Read More >
Dans mon blogue précédent sur le prix de l’essence, nous avons parlé de la réglementation et de l’étude de la Régie de l’énergie selon laquelle le contrôle du prix de l’essence parviendrait peut-être à réduire sa volatilité et les écarts de prix entre les villes. Il est cependant important de souligner que la réglementation n’empêcherait pas le prix de l’essence de fluctuer, car le gouvernement n’a pas de contrôle sur le prix du pétrole brut, qui est déterminé sur le marché mondial, ni sur le prix du produit raffiné qui est fixé sur le marché nord-américain. Il ne peut contrôler que les taxes et la marge de détail. Les taxes, qui constituent 37 % du prix de l’essence au Québec, sont responsables du coût élevé du litre d’essence, mais pas de ses fluctuations. Reste la marge de détail, qui ne représente que 5 % du prix total. Pour savoir quelle importance accorder à la réglementation, il vaut la peine de comparer...Read More >
Quelques-unes des applications les plus puissantes de l’économique au domaine politique s’appuient sur une application soignée et cohérente des principes de base au lieu de recourir à la théorie de fantaisie apprise aux études graduées. Schmalensee (2009 : 25) À la suite des conseils de Schmalensee, ce texte applique une idée simple à l’économie du Québec. Il s’agit de prendre conscience des effets de l’intégration de son économie au marché commun canadien. Dans une économie complètement fermée sur l’extérieur ou autarcique, la quantité des facteurs de production, capital et travail, est fixe et leurs prix varient en fonction des conditions intérieures. Pour une économie ouverte ou intégrée au monde extérieur, c’est le contraire: les prix sont déterminés de l’extérieur et ce sont maintenant les quantités de facteurs qui varient vu leur mobilité. Pour les économistes, ce modèle est celui de la « petite économie ». Intégration des économies nationales À l’intérieur des pays occidentaux, il existe généralement un territoire bien intégré,...Read More >