Un récent de Jules Dufort portait sur les pièges à éviter dans le calcul et l’analyse de la productivité du travail. Il y indiquait que le niveau de la productivité du travail s’obtient en divisant la valeur de la production par les intrants de travail. En pratique, on la mesure en divisant le PIB nominal[1] évalué aux prix de base par les heures travaillées. Cet article présentait également les trois conditions de base à respecter pour réaliser des comparaisons entre le Québec et l’Ontario: ▪ les comparaisons doivent se limiter au secteur des entreprises commerciales, ce qui exclut les administrations publiques, les services publics de santé et d’éducation ainsi que les entreprises à but non lucratif; ▪ elles doivent tenir compte des différences de structure industrielle (c’est-à-dire des différences dans l’importance relative des industries)[2]; et, ▪ les prix obtenus par les producteurs de biens et de services doivent être identiques au Québec et en Ontario. Depuis la publication de cet article,...Read More >
Dans une nouvelle étude sur les causes et les conséquences des inégalités, cinq économistes du Fonds monétaire international (FMI) concluent que plus les riches sont riches, plus la croissance économique sera faible, voire même légèrement négative à moyen terme. La croissance économique serait plutôt stimulée et soutenue par l’enrichissement des moins nantis et de la classe moyenne. Ces chercheurs du FMI soutiennent que l’impôt peut et doit faire partie des solutions pour réduire les inégalités : Le rôle redistributif des politiques fiscales pourrait être renforcé par un recours accru à l’impôt sur la fortune et sur les impôts fonciers, par un impôt sur le revenu plus progressif, et par la suppression des échappatoires permettant l’évasion fiscale (p. 30, traduction libre). Est-ce réaliste et souhaitable?
Lors du dernier remaniement ministériel, le premier ministre a confié au ministre François Blais le mandat de réfléchir sur la possibilité et l’intérêt d’instaurer un revenu minimum garanti (RMG). Que signifie cet intérêt du gouvernement pour le RMG ? Un effet immédiat d’un RMG universel et inconditionnel serait de réduire au moins partiellement les frais administratifs associés à la gestion des programmes de sécurité sociale. Ces frais étaient de 133 M$ en 2014-2015[1]. Ce n’est pas négligeable mais cela demeure minime sur un budget de 100 milliards $.
Qui est riche? Il n’y a pas de réponse objective et définitive à cette question car chacun définit la richesse à sa façon. D’ailleurs, nous sommes riches par rapport à qui et à quoi? Par exemple, selon une étude que j’ai menée et qui se base sur les statistiques fiscales des particuliers, le revenu individuel total des Québécois en 2011 était en moyenne de 40 600 $ par année. Selon Global Rich List, un calculateur de revenus (et de richesses) en ligne, ce revenu type de la classe moyenne au Québec, serait suffisant pour faire partie du 1 % le plus riche dans le monde!
Au cours du premier lustre des années soixante-dix, dans le cadre des travaux du Groupe de travail sur l’urbanisation, j’ai participé à une rencontre avec le ministre ontarien du Trésor, de l’Économie et des Affaires intergouvernementales, John White. Il formula une idée dont je me souviens encore aujourd’hui : toute proposition de changement législatif devrait imputer dès le départ un coût puisqu’une modification aux règles du jeu occasionne une perte pour plusieurs qui ont pris de bonne foi des décisions sous les règles existantes. Deux facteurs favorisaient l’énonciation de cette idée par ce ministre : son allégeance au parti conservateur et sa formation de maîtrise en économique à l’Université Western Ontario. Une importante question est ici soulevée : lors d’une déréglementation, devrait-on dédommager les groupes qui sont pénalisés ?
Les nouvelles analyses des effets du changement technologique sur l’emploi mènent beaucoup plus loin que les débats des années 1970 et 1980 où l’on mettait en lumière les effets négatifs de l’automatisation sur l’emploi et l’on évoquait les effets négatifs de déplacements d’activités des firmes multinationales vers l’étranger. On reconnait maintenant plus généralement que le changement technologique a aussi pour effet de créer plus de capital et de causer des écarts grandissants de revenu et de richesse. Le présente billet fait état des réflexions récentes de quelques auteurs à ce sujet.
Malgré les progrès remarquables que les femmes ont réalisés en matière de scolarisation, elles continuent d’afficher un revenu de travail inférieur à celui des hommes. En 2011, le salaire horaire moyen des femmes qui travaillaient à temps plein au Canada représentait 87 pour cent de celui des hommes. Au Québec, ce ratio était de 90 pour cent. On doit se réjouir que l’écart salarial entre les sexes se soit atténué au cours des récentes décennies, mais pourquoi un écart persiste-t-il ? Dans Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ?, j’examine cette question à l’aide des recherches et analyses statistiques les plus pertinentes et rigoureuses menées au cours des 10 dernières années à partir des données d’enquêtes de Statistique Canada[1]. Plus spécifiquement, j’évalue le bien-fondé de quatre hypothèses souvent avancées pour tenter d’expliquer qu’encore aujourd’hui, les femmes gagnent moins que les hommes : 1. Les femmes sont surreprésentées parmi les professions et métiers moins bien payés. 2. Les femmes attachent plus d’importance...Read More >
La concentration des revenus en faveur du 1 % le plus riche atteint des proportions record aux États-Unis depuis les années 1980 [1]. Gregory Mankiw, professeur d’économie à l’Université Harvard et ancien conseiller économique du président George W. Bush, a monté une défense bien argumentée de la situation du 1 % le plus riche dans un article publié il y a quelques mois dans le Journal of Economic Perpective [2]. Il y présente sa compréhension des fondements philosophiques et économiques derrière les écarts de revenus croissants aux États-Unis.Un précédent billet [3] abordait la trame narrative sur laquelle Mankiw cadre son argumentation. Ce nouveau billet traitera de sa vision des fondements sociaux, économiques et philosophiques derrière les écarts de revenus croissants aux États-Unis.
La crise économique et financière de 2008 a propulsé les énormes écarts de revenus à l’avant-scène politique et médiatique aux États-Unis, en partie à cause d’Occupy Wall Street. Ce mouvement social spontané est apparu en réaction à la croissance impressionnante de la part des revenus captée par les 1 % les plus riches. Cette part est passée de 9 % de tous les revenus en 1970 à 19,8 % en 2011, avec un sommet de 23,4 % en 2007, soit juste avant la crise [1]. Notons que la seule autre année où la concentration des revenus vers le sommet a été aussi élevée était en 1928, l’année précédant le Krach boursier ayant mené à la Grande dépression.
La rentrée est un bon moment pour se poser de grandes questions sur le système universitaire, même si les réponses sont difficiles. Elles suscitent avec raison la controverse. Ce billet pose la question suivante : y a-t-il trop d’étudiants qui fréquentent l’université ? À mon avis, l’évolution de l’institution universitaire, qui a engendré la dépréciation des études de premier cycle, favorise une réponse positive à la question. Quels sont les arguments ?