Les variations annualisées : de quoi s’agit-il? Dit simplement, c’est ramener en rythme annuel les variations d’un mois à l’autre ou d’un trimestre à l’autre des statistiques sur l’évolution des indicateurs économiques. Cette façon de faire donne une idée de l’ampleur d’une variation si elle se répétait toute l’année. Le calcul est simple : multiplier par douze la variation mensuelle ou par quatre la trimestrielle. Toutefois, il est plutôt rare qu’une variation mensuelle ou trimestrielle se répète en continu au cours d’une année. Annualiser donne un ordre de grandeur complémentaire, sans plus.
Dans une nouvelle étude sur les causes et les conséquences des inégalités, cinq économistes du Fonds monétaire international (FMI) concluent que plus les riches sont riches, plus la croissance économique sera faible, voire même légèrement négative à moyen terme. La croissance économique serait plutôt stimulée et soutenue par l’enrichissement des moins nantis et de la classe moyenne. Ces chercheurs du FMI soutiennent que l’impôt peut et doit faire partie des solutions pour réduire les inégalités : Le rôle redistributif des politiques fiscales pourrait être renforcé par un recours accru à l’impôt sur la fortune et sur les impôts fonciers, par un impôt sur le revenu plus progressif, et par la suppression des échappatoires permettant l’évasion fiscale (p. 30, traduction libre). Est-ce réaliste et souhaitable?
La montée en flèche du mouvement « Occupy » contre le 1% en 2011, le printemps érable de 2012, les nombreux travaux concernant les paradis fiscaux chez les membres de l’OCDE, l’intégration ardue des marginaux et des jeunes qui remet en cause le modèle social-démocrate européen. Tous ces événements sont des signes incontestables de la forte émotivité générée par les enjeux entourant la répartition des revenus dans notre société. Quelle lecture peut-on faire de la position du Québec dans ce contexte ?
La création et la redistribution de la richesse constitue un des plus grands enjeux actuels. Face à une croissance qui se fait attendre pendant que l’écart s’agrandit entre riches et pauvres dans plusieurs sociétés, la situation demande qu’on s’y arrête. L’Association des économistes québécois explorera l’état de la situation et les orientations à adopter lors de son prochain congrès annuel qui se tiendra à Québec les 18 et 19 mai 2016.
Les projections de croissance de l’économie canadienne sont en partie basées sur celles des États-Unis, en raison notamment de l’importance de ce marché pour les entreprises canadiennes. En janvier dernier, le FMI prévoyait que le PIB réel de notre voisin du Sud augmenterait de 2,6 % cette année; la Banque du Canada avançait un 2,4 %, et titrait en page 3 de son Rapport sur la politique monétaire «L’activité aux États-Unis devrait s’accroître à un rythme vigoureux». Toutefois, ces prévisions ne sont-elles plus qu’une illusion ces jours-ci?
J’ai souvent entendu des politiciens, des économistes et des amis soutenir qu’avant de redistribuer la richesse, il faut d’abord la créer, ce qui sous-entend que la redistribution doit attendre. Toutefois, cette idée, a priori pleine de bon sens, ne fait que reporter indéfiniment le partage de la richesse que nous créons. Il arrive quand ce moment où nous pouvons enfin redistribuer la richesse que nous avons créée? En fait, c’est un faux dilemme; la redistribution de richesse n’est aucunement en contradiction avec sa création. Car oui, il se crée beaucoup de richesse au Québec! Entre 1993 et 2011, en pourcentage du PIB réel, la croissance économique a augmenté de 38 %. Mais est-ce que monsieur et madame Tout-le-monde a bénéficié d’une augmentation équivalente de son revenu? La réponse courte est non; durant cette même période, le revenu médian des familles québécoises a augmenté trois fois moins rapidement, soit seulement de 13 %[i]. Ainsi, durant cette période, la redistribution de la richesse a...Read More >