Pour une réelle accessibilité des familles à revenus modestes aux garderies

Les CPE coûtent entre deux et trois milliards de dollars au Trésor public québécois chaque année. Ainsi, les places en CPE coûtent plus de 60 $ par jour comparativement à 35 $ en moyenne pour une garderie privée. Or, les familles à revenus modestes (50 000 $ et moins) ont un accès limité aux CPE en raison des tarifs exigés ainsi que leur faible pouvoir de représentation face aux décideurs politiques.

Les limites de l’approche marginaliste des prix

Hypothèse centrale de l’économie orthodoxe, le principe de l’offre et la demande ne serait pourtant qu’un élément parmi d’autres à considérer pour comprendre comment sont déterminés les prix dans les marchés des biens et services. Au contraire, les entreprises jouent un rôle déterminant dans la fixation des prix. Ce troisième billet traitant de l’approche postkeynésienne abordera les lacunes des théories marginalistes des prix et de l’entreprise.

L’INCOHÉRENCE DE L’AGRÉGATION DES PRÉFÉRENCES INDIVIDUELLES

Dans tous les pays, les dépenses des administrations publiques totalisent une part considérable de la production. En 2013, pour le Canada, elles représentaient 41,1 pourcent du PIB contre 39,0 pour les États-Unis et 57,0 pour la France. Le Canada connut un rapport supérieur à 50 pourcent aux années 1991 à 1993. L’intervention gouvernementale ne se limite pas aux seules dépenses publiques. Les modes d’intervention qui modifient les prix relatifs sont fort nombreux : subventions, taxes, tarifs douaniers, contingentements, entreprises publiques, achats préférentiels, réglementations traditionnelles ou sociales, interdictions… Il y a quelques années, un courriel publicitaire me transmettait l’information suivante : « Les Publications Canadiennes offrent au public une édition révisée de l’Annuaire des subventions au Québec 2011 contenant plus de 1800 programmes d’aides et de subventions provenant des divers paliers gouvernementaux et organismes. » Cela montre les difficultés de bien mesurer l’importance relative des interventions publiques dans l’économie. Ce texte et d’autres qui devraient suivre ne s’intéressent pas au contenu...Read More >

La demande, principal déterminant de la croissance économique ?

La croissance économique est un enjeu omniprésent des débats politiques. Pourquoi est-elle si faible depuis la crise ? Comment en générer davantage ? Nos sociétés modernes en dépendent (trop?). Comment est-elle déterminée ? L’approche postkeynésienne fournit une théorie empiriquement éprouvée empiriquement, reposant sur la demande plutôt que sur les facteurs de l’offre, comme le font les théories orthodoxes. Ce billet, le deuxième d’une série de huit, abordera brièvement les enjeux de ces deux approches.

QUI PAYE, DÉCIDE

Avec deux projets de loi, le gouvernement du Québec a entrepris une réforme du réseau de la santé et des services sociaux. Le premier, qui est maintenant adopté, « prévoit la création, pour chaque région sociosanitaire, d’un établissement régional issu de la fusion de l’agence de santé et des services sociaux et de l’ensemble des établissements publics de la région, sauf pour la région de Montréal…». En résumé, le nombre d’établissements passe de plus de 180 à une trentaine. Le deuxième projet de loi « prévoit notamment qu’un médecin omnipraticien doit assumer le suivi médical d’un nombre minimal de patients et qu’un médecin spécialiste doit recevoir en consultation, ailleurs qu’au service d’urgence d’un établissement, un nombre minimal de patients ». Il ne s’agit pas ici de présenter une analyse de ces deux documents, mais plutôt de les situer dans le cadre d’un financement centralisé et de présenter différents modèles de déconcentration des réseaux.

L’approche postkeynésienne, une alternative pertinente

Ce billet constitue le premier d’une série de 8 textes sur le postkeynésianisme qui paraîtront tous les mercredis. Les principales écoles de pensée en science économique (néoclassique et néokeynésienne) affirmaient jusqu’à la dernière crise économique que l’approche poursuivie par les économies développées ces dernières décennies était soutenable. Malgré ses défauts, la croissance économique soutenue de la période d’avant-crise semblait leur donner raison. La Grande récession de 2009 et la stagnation économique actuelle laissent plutôt planer de sérieux doutes sur ces affirmations. L’approche postkeynésienne a soulevé à plusieurs reprises l’insoutenabilité de cette voie (Godley et Zezza, 2006; Palley, 2006). Cette école de pensée semble plus prometteuse pour en expliquer les raisons sous-jacentes. Ce premier billet d’une série de huit tentera de couvrir les principales contributions théoriques et empiriques de cette approche riche, mais méconnue.

LES COÛTS CROISSANTS DE LA QUALITÉ

À nos déjeuners hebdomadaires, où les grandes questions de la semaine sont rapidement « résolues  » en paroles, je pourrais être qualifié de radoteur en intervenant souvent avec la phrase suivante : n’oubliez pas que la qualité coûte de plus en plus cher. Que veut-on exprimer par cette proposition ? C’est simplement le raisonnement suivant : une qualité supérieure s’apparente à une forme d’artisanat, ce qui demande de la minutie et du temps précieux. Toutefois, avec les années, la valeur du temps augmente avec la croissance de la rémunération du travail.

LE RALENTISSEMENT DE L’ÉCONOMIE JAPONAISE : QUELS ENSEIGNEMENTS POUR LE QUÉBEC ?

Comprendre la croissance japonaise des deux dernières décennies est important non seulement du pur point de vue scientifique, mais aussi pour deux autres raisons. La première est que la réputation du Japon a énormément souffert du sort qu’a subi son économie depuis un quart de siècle. Le pays fait souvent l’objet de rapports tout aussi biaisés que méprisants dans la presse économique nord-américaine. Pour rétablir la réputation économique du Japon, il faut d’abord reconnaître les faits et chercher à comprendre avant de juger, plutôt que l’inverse. La seconde raison est que l’histoire économique et démographique contemporaine du Japon contient des enseignements utiles pour notre économie locale – celle du Québec –, qui s’engage présentement dans une transition démographique analogue à celle que le Japon connaît depuis le début des années 1990, quoique de moindre intensité.

LE RALENTISSEMENT DE L’ÉCONOMIE JAPONAISE : LA CHUTE DE L’INVESTISSEMENT

Dans les billets du  et du janvier derniers, j’ai montré que la croissance anémique de l’économie japonaise depuis le début des années 1990 pouvait s’expliquer en bonne partie par la fin du rattrapage par rapport aux pays occidentaux de même que par l’important recul démographique de ce pays. Malgré tout, il faut reconnaître que, même en faisant abstraction de l’influence de la démographie, la croissance japonaise a été bien lente de 1991 à 2014. À quoi peut-on attribuer cette lenteur excessive ?