LE PRIX DE L’ESSENCE EXAMINÉ SOUS TOUTES SES COUTURES, 4e PARTIE

Bon, nous y voilà. Nous avons parlé de bien des choses concernant le prix de l’essence dans les blogues précédents, pour en venir à la question qui m’intéressait à l’origine : devrait-on réglementer le prix de l’essence au Québec ? Comme je vous le disais dans mon dernier blogue, la Régie de l’énergie a essayé de répondre à cette question en examinant l’expérience des provinces de l’Atlantique, où le prix de l’essence est réglementé. Je vais vous parler de ce rapport, mais avant, examinons la réglementation au Québec. La réglementation du prix de l’essence : la situation actuelle Au Québec, le prix de l’essence n’est pas officiellement contrôlé, mais il l’est implicitement, en quelque sorte, comme vous allez le voir.   Il y a deux lois qui concernent le prix de l’essence au Québec : la Loi sur les produits pétroliers (LPP) et la Loi sur la Régie de l’énergie (LRÉ). La LPP « établit une présomption de pratique abusive à l’égard de quiconque vend...Read More >

RÉVISION DES PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

Les perspectives de croissance de l’économie mondiale en 2012 ont été révisées significativement à la baisse depuis quelques semaines. Le 24 janvier, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué qu’il estime que le PIB mondial devrait croître de 3,3 % cette année, plutôt que de 4,0 % comme prévu en septembre dernier. Sa projection est semblable à celle de la Banque mondiale (3,4 %), publiée le 18 janvier, et à celles de l’OCDE (3,4 %) et du Conference Board (3,2 %) publiées en novembre dernier. La Banque du Canada se démarque, son estimation, rendue publique le 18 janvier, est à 2,9 %. Les principaux indicateurs avancés de l’évolution de l’économie (indices de l’OCDE, du Conference Board et du JPMorgan Global Manufacturing & Services PMI) viennent appuyer ces perspectives de croissance modeste, notamment chez les économies dites avancées. Dans le cas de la Zone euro, c’est même une contraction de l’activité économique qui est prévue.

NOUVELLE TENTATIVE DE SIMPLIFICATION RÉGLEMENTAIRE ET ADMINISTRATIVE : CETTE FOIS-CI SERA-T-ELLE LA BONNE ?

En janvier 2011, le gouvernement du Québec mettait sur pied un groupe de travail afin de faire des recommandations concrètes visant à alléger le fardeau imposé aux entreprises par la réglementation et les formalités administratives qui en découlent. Le 17 janvier dernier, le président du groupe de travail, Michel Audet (Ministre des finances de 2005 à 2007), rendait public un rapport contenant 63 recommandations qui vont de la plus pointue à la plus générale. Ces recommandations sont regroupées selon quatre axes : Axe 1 : Mieux réglementer Cette section comprend cinq recommandations visant pour l’essentiel à amener les ministères à mieux tenir compte des conséquences économiques des projets de réglementation qu’ils élaborent. Axe 2 : Contenir le fardeau de la paperasserie Cette section comprend aussi cinq recommandations visant à réduire les formalités administratives de toutes natures imposées aux entreprises par la réglementation et par les programmes d’aide. Axe 3 : Des propositions concrètes touchant toutes les entreprises Cette section comprend 54 recommandations touchant le...Read More >

PEUT-ON PRENDRE AU SÉRIEUX LES PROJECTIONS DE CROISSANCE DE LA BANQUE DU CANADA?

Qu’est-ce qui peut bien amuser les économistes de la Banque du Canada au moment de préparer leurs perspectives de croissance de l’économie canadienne? Jouent-ils au yoyo avec les projections du scénario de référence de la Banque?  En juillet dernier, le Rapport sur la politique monétaire de la Banque prévoyait une croissance annualisée du PIB réel de 2,8 % au troisième trimestre de 2011 et de 2,9 % au quatrième. Dans le rapport d’octobre, ces projections étaient ramenées respectivement à 2,0 % et 0,8 %. Peu de temps après leur publication, le Gouverneur de la Banque devait admettre publiquement que ces prévisions sous-estimaient probablement le rythme de croissance de l’économie canadienne. Dans son rapport du 18 janvier, la Banque établit à 3,5 % la croissance au troisième trimestre et estime à 2,0 % celle du quatrième. Dans ces circonstances, on peut s’interroger sur la solidité de ses projections de croissance du PIB de 1,8 % aux premier et deuxième trimestres de...Read More >

LE PRIX DE L’ESSENCE EXAMINÉ SOUS TOUTES SES COUTURES, 3E PARTIE

Quand on sait que le prix de l’essence dépend du prix du brut, de la marge des raffineurs et de celle des détaillants et des taxes, on comprend mieux qu’il puisse fluctuer d’une semaine à l’autre. Néanmoins, les fluctuations sont souvent soudaines et très importantes et les écarts de prix d’une région à l’autre semblent parfois injustifiés. 1.   Les fluctuations du prix de détail Commençons d’abord par discuter des fluctuations de prix d’une journée à l’autre, parce que ce sont surtout celles-ci qui exaspèrent les consommateurs. Ces derniers ont parfois l’impression qu’il y a collusion chez les détaillants quand surviennent des hausses de prix soudaines, beaucoup plus fréquentes que les baisses d’ailleurs, qui sont plus graduelles. Est-ce vraiment le cas ? Pour expliquer ce phénomène, la Régie de l’énergie avance l’explication suivante : l’essence étant un produit homogène (celle qui est vendue par Shell n’est pas différente de celle qui est vendue par Esso), la concurrence est essentiellement basée sur son...Read More >

LES RETRAITÉS SONT-ILS À PLAINDRE?

La situation relative des retraités alimentera l’actualité pour encore un bon bout de temps. Malheureusement, l’approche économique du cycle de vie, où les retraités consomment leur capital, sert très peu de référence dans les discussions. Une étude récente adopte cette approche, mais a reçu peu ou pas de publicité dans les médias. À la fin novembre, Statistique Canada a publié une intéressante recherche qui tient compte de la valeur des actifs en les traduisant en rente viagère. (John R. Baldwin, Marc Frenette, Amélie Lafrance et Patrizio Piraino,  novembre 2011. Revenu adéquat à la retraite : prise en compte de la valeur de la richesse convertie en rente au Canada, Ottawa : Statistique Canada; disponible à l’adresse suivante : http://www.statcan.gc.ca/pub/11f0027m/11f0027m2011074-fra.pdf Voici un long extrait du Sommaire de l’étude : Une troisième mesure, appelée la mesure du « revenu potentiel », vise à remédier aux lacunes que présentent le revenu et la consommation comme indicateurs du bien-être financier. Le revenu potentiel est la somme du revenu réalisé et...Read More >

CRISES FINANCIÈRES : RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL

La crise financière qui perdure depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2007 soulève des questions sur la capacité des dirigeants et des spécialistes, dont les économistes, à prévoir l’apparition de telles crises et  à leur trouver des remèdes efficaces. Un livre[1] publié par deux universitaires permet d’y voir mieux. Facile d’accès, riche en informations et particulièrement éclairant, ce livre est souvent cité en référence. Nous en présentons ici certaines des idées maitresses. Une perspective historique bien documentée Pour les auteurs, Carmen Reinhard et Kenneth  Rogoff, l’incapacité des théories  économiques  à prévoir les crises commande une approche empirique et quantitative. Ils examinent donc des crises financières qui ont éclaté dans 66 pays au cours d’une période s’étendant du XIIe siècle jusqu’à  aujourd’hui.   Ils distinguent trois catégories de crise financière selon qu’elles proviennent d’une inflation excessive, d’un défaut de remboursement de la dette souveraine ou d’une crise bancaire.  Ces crises financières ne doivent pas être confondues avec un krach boursier...Read More >

LE PRIX DE L’ESSENCE EXAMINÉ SOUS TOUTES SES COUTURES, 2E PARTIE

Dans le premier blogue que j’ai écrit à ce sujet, nous avons parlé de l’augmentation du prix de l’essence depuis la fin des années 1990, de l’importance de ce produit dans le budget des consommateurs, de l’inélasticité de la demande au prix, de la nature homogène du produit. Je vous avais dit qu’avant d’aborder la question de la volatilité du prix de l’essence, il fallait d’abord discuter de ses diverses composantes et c’est ce que nous allons faire dans le présent blogue. Les composantes du prix de l’essence Le prix de l’essence que vous pompez dans votre réservoir d’auto est composé de plusieurs éléments : le prix du pétrole brut, la marge brute du raffinage (la somme de ces deux éléments donne le prix de gros), les coûts d’exploitation du détaillant (y compris sa marge de profit) et les taxes (fédérale, provinciale et autres). Chacun de ces éléments, dont la part approximative dans le prix total d’un litre d’essence au...Read More >

LES THÈSES DE MICHAEL SPENCE SUR L’EMPLOI ET LA MONDIALISATION : DES PISTES POUR LE CANADA?

L’article qui suit est le troisième d’une série portant sur les relations pouvant être établies entre la mondialisation et le marché de l’emploi. Le premier article, publié le 5 décembre dernier sur Libres Échanges,   présentait le point de vue du prix Nobel Michael Spence quant aux liens entre le recul économique des États-Unis et la mondialisation. Pour favoriser l’adaptation aux effets de la mondialisation, Spence s’oppose à des coupures importantes de dépenses publiques. Pour lui, l’optimum à moyen terme serait de réduire la consommation et de favoriser les investissements en capital humain. En outre, Spence prône la création d’emplois dans les segments à haute valeur ajoutée. Il appelle aussi une réforme de la fiscalité pour la simplifier et la reconfigurer en vue de promouvoir la compétitivité, l’investissement et l’emploi. Il recommande en outre la diminution du taux d’impôt sur les entreprises américaine pour favoriser leurs activités aux É.-U. Le deuxième article, publié le 16 décembre, faisait état des objections présentées...Read More >

L’évolution des prix relatifs avec la productivité

Dès 1890, Alfred Marshall introduisait une perspective temporelle à la détermination des prix avec la loi de l’offre et de la demande : Ainsi nous pouvons conclure qu’en règle générale, plus courte la période qui nous intéresse, plus grande doit être la part de notre attention qui est accordée à l’influence que la demande exerce sur la valeur; et qu’au contraire, plus cette période sera longue, plus importante sera l’influence exercée par le coût de production sur la valeur. L’influence des changements dans le coût de production prend en règle générale une plus longue période à se réaliser que ce n’est le cas pour l’influence des changements dans la demande.              Marshall (1890 : livre V, chapitre 3, avant-dernier paragraphe) Cette note veut simplement montrer la justesse de ce raisonnement.  Relation étroite des variations de productivité et de prix                                               Les secteurs qui ont une croissance de leur productivité plus lente que la moyenne de l’économie montrent des coûts relatifs croissants. Leurs produits sont...Read More >