Un précédent billet [1] montrait que les inégalités sont un phénomène complexe et coûteux en termes d’efficience économique. Le présent billet abordera leur rôle dans la Grande Récession de 2008 ainsi que leurs effets négatifs sur la croissance, sur la qualité de la main-d’œuvre, sur le bien-être de la population et sur la mobilité sociale.
Toutes les sociétés ont des sujets tabous et véhiculent aussi des mythes. Ainsi, pour un groupe dont l’un de ses membres s’est suicidé, le suicide devient un sujet tabou. De même, durant les années cinquante, il était hors de question d’entreprendre une étude économique de l’institution religieuse québécoise. Les sociétés ont leurs mythes. Selon l’une des définitions données par Larousse, le mythe est « un ensemble de croyances, de représentations idéalisées autour d’un personnage, d’un phénomène, d’un événement historique, d’une technique et qui leur donnent une force, une importance particulières. » La Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction a ébranlé deux mythes québécois, le premier institutionnel, le Fonds de solidarité FTQ et l’autre, les dispositions de la Loi régissant le financement des partis politiques adoptée en 1977. Dans la population en général, ces deux entités bénéficiaient de «représentations idéalisées». Il y a ici matière pour deux blogues. Celui-ci concerne le Fonds...Read More >
Un certain niveau d’inégalités économiques a ses avantages. Elles incitent à investir dans son capital humain, puisque les emplois mieux payés nécessitent généralement un niveau d’éducation et de formation plus élevé. Le talent et les innovations peuvent ainsi être récompensées par une rémunération plus importante. Les secteurs ayant besoin de main-d’œuvre rapidement ou nécessitant un certain niveau de qualification peuvent offrir de meilleurs salaires et avantages sociaux, ce qui rend l’économie dans son ensemble plus efficiente. Le communisme, qui vise l’égalité absolue, a démontré son inefficacité et son inaptitude à fournir un niveau de vie décent aux populations des pays l’ayant essayé. Toutefois, les écarts de revenus et de richesse excessifs ont également un coût élevé pour l’ensemble de l’économie et le bien-être des individus. Le présent billet n’a pas pour ambition de désigner le « bon » niveau d’inégalités; ce choix revient à l’ensemble des citoyens. L’apport de la science économique est d’éclairer ce choix à partir d’une vision...Read More >
Vieillir signifie le plus souvent ne pas être de son temps, c’est-à-dire ne plus correspondre aux normes ambiantes. C’est la situation que je vis présentement lors d’une fin de carrière universitaire. Est-il en effet pertinent de promouvoir chez les étudiants les vertus de la modération et d’un degré d’humilité dans un monde narcissique ? Est-il approprié d’éviter les conclusions rapides pour se limiter à mieux connaître ou identifier la dynamique des situations ?
L’économie fascine et intéresse une grande partie du public. Preuve de cet intérêt, on ne compte plus le nombre de livres, d’articles, de blogues, d’entrevues et d’émissions qui portent sur l’économie. À ce sujet, un intellectuel québécois respecté notait dans un ouvrage récent : […] l’économie est devenue dans notre société une métascience, une science qui ferait le bilan et la comparaison de toutes les opérations humaines. Tout a un prix ou doit avoir un prix […] [1] Pour répondre à ce besoin du public d’en savoir plus sur l’économie, des économistes sont régulièrement invités à commenter l’actualité et les politiques gouvernementales, et à faire état de leurs prévisions conjoncturelles ou de leurs recommandations pour relancer l’économie ou accroitre la richesse collective. C’est ainsi que des économistes ont une grande audience auprès du public. Joseph Stiglitz produit des best sellers à répétition et Paul Krugman a sa chronique dans le New York Times. De fait, d’après un sondage publié par The...Read More >
Un examen des risques à la hausse et à la baisse est devenu, avec le temps, partie intégrante de tout exercice sérieux d’évaluation des perspectives économiques. En période d’incertitude prononcée, l’analyse des risques peut même s’avérer plus intéressante que les résultats des projections en soi.
Il suffit de fréquenter un tant soit peu les médias et les réseaux sociaux pour réaliser que l’estime du public à l’endroit des économistes n’est guère plus élevée qu’envers les politiciens. Ils sont souvent vus comme cautionnant une économie mondiale qui ne profite qu’à une minorité et qui conduit au saccage de la planète.