Un thème récurrent chez les différents commentateurs est celui de la nécessité d’innover ou de sortir des sentiers battus. Ceci deviendrait encore plus prioritaire pour nos sociétés vieillissantes, tout probablement moins portées vers le changement. Ce blogue se divise en deux parties. En premier lieu, il s’agit d’introduire une réflexion sur la nature de l’innovation et sur des conditions favorables à sa présence. Le tout sera ensuite illustré par un cas, les déboires au début des années soixante d’un centre de recherche impliquant deux novateurs de la science économique, James Buchanan et Ronald Coase. Dès le départ, je dois avouer que je ne suis pas la meilleure personne pour parler d’innovation. Ma longue carrière universitaire se résume en un seul mot, celui de traducteur. C’est la traduction ou l’application de travaux importants d’économistes au milieu. L’objectif n’est pas ici d’innover, mais plutôt de transmettre les connaissances en essayant d’assimiler les développements dans différents secteurs de la discipline et de les...Read More >
La présente campagne électorale (1) présente un lot quotidien de promesses. Comme les hommes politiques doivent répondre aux préférences des votants, il est pertinent de se demander si les votants ne présentent pas certains biais dans leurs préférences qui expliquent le contenu des programmes des différents partis peu orientés vers la retenue et les processus des marchés. Biais identifiés par Caplan Bryan Caplan (2007A: 23-49 et 2007 B: 24-33) identifie quatre familles de croyances ou de biais qui sont généralement partagés par les votants et qui entraînent la détermination d’un cadre hostile à la décentralisation ou au marché et, par conséquent, favorable à la multiplication des interventions gouvernementales. Résumons-les tout en reprenant la page frontispice de la revue qui a reproduit son texte. Le premier biais concerne la dépréciation du pouvoir des processus de marché. Dans son Histoire de l’analyse économique (1954 (2004: 329)), Schumpeter l’a très bien exprimé : Comme Adam Smith devait le faire observer,…nous ne devons pas notre pain au bon...Read More >
Les pancartes électorales se sont installées dans notre paysage pour les prochaines semaines. Alors que les autobus de campagne sillonnent les routes québécoises, les chefs de partis tenteront tous de convaincre les électeurs que leurs propositions sont les plus pertinentes et nécessaires pour affronter les nombreux défis qui interpellent le Québec. Si les partis décident des enjeux qu’ils souhaitent aborder (à leurs risques et périls), le prochain gouvernement ne pourra ignorer les plus importants. Nous avons établi deux enjeux incontournables : le déficit de la balance commerciale et la stagnation des salaires de la grande majorité de la population adulte.
La ‘grande contraction ‘, le vieillissement de la population et l’endettement des gouvernements alimentent un pessimisme ambiant. L’économiste Robert Gordon en témoigne : « … indépendamment de l’évolution cyclique, la croissance économique à long terme peut s’arrêter progressivement. Deux siècles et demi de l’augmentation des revenus par habitant pourraient bien se révéler être un épisode unique dans l’histoire humaine… L’accent est mis sur la croissance du PIB réel par habitant dans le pays à la frontière depuis 1300, au Royaume-Uni jusqu’en 1906 et aux États-Unis par la suite. La croissance de l’économie de la frontière s’est accélérée progressivement après 1750, a atteint un sommet au milieu du 20ème siècle, et a été ralentie depuis. » (Gordon, 2012) L’origine de cette évolution proviendrait d’un ralentissement actuel et futur de l’innovation. C’est toutefois un domaine où peu d’économistes possèdent un avantage comparatif. La citation de Gordon soulève deux questions. Premièrement, le ralentissement à long terme de la croissance existe-t-il vraiment ? Deuxièmement, si...Read More >
Les politiciens aiment parler de développement économique mais mettent-ils en pratique les conseils des économistes? On serait d’abord porté à penser que oui. Après tout, Margaret Thatcher et Ronald Reagan ont fondé trente ans de politiques néolibérales sur les enseignements de Friedrich Hayek. Et à peu près au même moment, le Chili de Pinochet et d’autres pays en développement n’ont-ils pas mis en œuvre les prescriptions rigoristes de Milton Friedman?