Selon l’idée centrale de la science économique, le système de sanctions et de récompenses influence appréciablement l’affectation des ressources dans l’économie. Cette proposition ne s’appliquerait-elle pas au monde intellectuel, au choix des idées et au travail des économistes ? Tout ce beau monde réussirait-il à adapter leurs réflexions à leurs propres intérêts ? Pour essayer d’y répondre, il s’agit de regarder sommairement le monde universitaire et ceux du choix des experts et de la bureaucratie publique.
L’analyse des services publics peut se diviser en deux étapes. La première isole la production des biens intermédiaires, tels le programme de baccalauréat en science économique ou même le cours Économique 101. La seconde consiste à établir la relation entre, d’une part, les biens intermédiaires et l’environnement, comme la formation antérieure de l’étudiant et ses différentes caractéristiques, et d’autre part le bien final, soit la formation acquise en science économique.
Suite à une série d’entrevues données à la radio de Radio-Canada le 12 février dernier, j’ai dû rassembler quelques idées sur la question du maintien au travail des personnes « âgées ». Premièrement, il convient de rappeler que l’introduction aux entrevues faisait part du fait que 7 millions de Canadiens prendraient leur retraite au cours de 20 prochaines années, ce qui n’est pas une mince affaire. Dans le contexte de pénuries anticipées et d’une menace à la croissance économique, il convenait donc de se poser la question de savoir si on devait et si on pouvait maintenir les personnes âgées à l’emploi face au problème du vieillissement démographique.
Selon mon récent blogue (http://w1p.fr/95521), le financement public des universités sur la base de l’effectif étudiant et celui des unités d’une même institution en fonction des crédits-étudiants provoquent une course au nombre d’étudiants avec une détérioration de la qualité des programmes universitaires. L’enseignement universitaire est un secteur ou «ceux qui consomment son produit ne l’achètent pas, ceux qui le produisent ne le vendent pas et ceux qui financent ne le contrôlent pas». Il existe d’autres secteurs où ces caractéristiques sont présentes. C’est le cas pour les réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux.
Le récent décès de James Buchanan, détenteur du prix Nobel d’économique de 1986 et les discussions reliées au Sommet sur l’enseignement supérieur m’ont incité à relire le livre dont il y est le co-auteur, Academia in Anarchy: An Economic Diagnosis. Ce livre, publié en 1970, visait à une analyse économique du ‘chaos universitaire’ des années soixante. L’idée principale de ce livre est la suivante: L’enseignement universitaire, lorsqu’il est examiné à travers les yeux des économistes, implique des caractéristiques d’une industrie unique. C’est parce que : (1) ceux qui consomment son produit ne l’achètent pas, (2) ceux qui le produisent ne le vendent pas, (3) et ceux qui financent ne le contrôlent pas. Est-il surprenant que les processus ordonnés qui semblent caractériser les relations commerciales standards semblent se rompre dans les universités? (Buchanan et Devletoglou 1970 : 8). Dans une recension du livre, Harry Johnson exprimait la même idée d’une autre façon : Les auteurs ont quelques mots acerbes sur la ‘démocratie du...Read More >
Le Québec connaîtra au cours des prochaines années des changements démographiques qui le transformeront profondément. L’effet du vieillissement de la population sera puissant, autant du point de vue social qu’économique et financier. Le niveau plus élevé du capital humain des nouvelles cohortes de travailleurs augmentera la productivité du travail. L’immigration transformera le visage social du Québec et en soutiendra de plus en plus les forces productives.
Un quotidien du Québec titrait récemment que l’indexation des frais de garde des enfants (annoncée par le Parti Libéral du Québec) sonnerait « la fin des garderies à sept dollars ». Cela est évidemment incorrect d’un point de vue économique. Si on avait souhaité maintenir les garderies au tarif de 7 dollars établi en 2004, il aurait fallu les indexer à environ 8,20 dollars aujourd’hui. La seule manière de garder constants ces tarifs en termes réels est de les indexer. Autrement, et comme c’est le cas depuis déjà quelques années, les frais de garde continueront de décroître relativement au coût des autres biens et services. Les garderies à sept dollars sont mortes et enterrées depuis déjà plusieurs années.
Introduction Notre analyse d’études récentes de la rentabilité privée et publique de l’enseignement post secondaire dans nombre de pays nous porte à conclure qu’il est indiqué d’établir le niveau des frais de scolarité au Québec à un niveau plus bas que celui des provinces voisines et de mettre en place un système de remboursement proportionnel des prêts aux étudiants. Cette conclusion est fondée sur la rentabilité des études et sur les écarts significatifs de la rentabilité selon le domaine. Elle tient compte du fait que les coûts directs (dont les frais de scolarité) d’obtention des diplômes universitaires sont plus élevés au Québec, au Canada, en Australie, au Japon, en Corée et aux États-Unis qu’ils ne le sont en moyenne dans les pays de l’OCDE.
L’effet de l’offre de services de garde à contribution réduite (les places à 7 $) sur les finances publiques du Québec a suscité une certaine controverse au cours des dernières semaines. Les médias ont largement rapporté les résultats d’une étude de Fortin, Godbout, et St-Cerny (2012)[1] suggérant que « chaque tranche de subvention de 100 $ du gouvernement du Québec à la garde lui a procuré un retour fiscal de 104 $ et a fait cadeau de 43 $ au gouvernement fédéral. » (page 27). Certains commentateurs en ont profité pour laisser entendre qu’il s’agissait là d’une preuve que les dépenses publiques étaient non seulement bénéfiques pour ceux qui en profitaient, mais étaient aussi rentables pour l’État – en un mot, les dépenses publiques ne font que des gagnants…
Si l’objectif en pensant à la conception de ce blogue était au départ de mettre un peu de rationalité dans un débat qui est devenu beaucoup trop émotif, avouons que le climat s’y prête mal au moment où la loi spéciale fait monter l’émotivité d’un cran encore, éloignant d’autant l’élément rationnel, pourtant nécessaire, à la résolution du conflit. Tentons néanmoins de reprendre le tout depuis le début, la hausse des droits de scolarité découle d’un constat partagé sur le sous-financement universitaire, évalué à 400 millions $ par année. Pour corriger la situation, le gouvernement a proposé une hausse des droits de scolarité. D’abord, 325 $ par an pendant cinq ans dans le budget de mars 2011. Puis devant la persistance du conflit, le gouvernement l’a remodelé, le 27 avril dernier, à 254 $ annuellement sur sept années. Il s’agit d’une hausse annuelle moyenne de 8,9 %. Même si étudier à l’université est un investissement fort rentable, une telle hausse peut être vue comme...Read More >