LES EFFETS D’UNE ABROGATION DE L’ALÉNA SUR L’ÉCONOMIE CANADIENNE

Le vent de protectionnisme qui souffle plus fort aux États-Unis depuis l’élection de Donald Trump et la remise en question de l’ALÉNA par ce dernier ont donné lieu à des études qui visent à estimer les effets économiques qui découleraient de l’abrogation de cet accord pour l’économie du Canada. Bien qu’elles demandent de formuler de nombreuses hypothèses, ces études permettent de mieux identifier nos points forts et nos points faibles ainsi que les conséquences éventuelles de la fin de l’ALÉNA pour l’économie canadienne. Elles permettent aussi d’évaluer quelles solutions de rechange le Canada pourrait envisager dans une telle éventualité. À cet égard, trois options se présentent : a) la mise en application des dispositions prévues par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ; b) la remise en vigueur de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis (ALÉ) ; cette option apparaît peu problable ; c) la négociation d’une entente bilatérale entre le Canada et le Mexique. Le présent billet examine les principales conclusions...Read More >

DE NOUVELLES DONNÉES RÉVÉLATRICES SUR L’ÉVOLUTION DU CONTENU AMÉRICAIN DES ÉCHANGES DE PRODUITS MANUFACTURÉS AU SEIN DE L’ALÉNA

Une étude récente du Department of Commerce des États-Unis[1] aide à comprendre pourquoi les États-Unis attachent tant d’importance au contenu américain des produits échangés dans le cadre des négociations en cours visant la révision de l’ALÉNA. Cette étude utilise de nouvelles données de l’OCDE sur les origines de la valeur ajoutée dans les importations. Ces données permettent de décomposer la valeur des produits échangés selon la contribution de chaque pays à différentes étapes du processus de production. On apprend donc non seulement où le bien ou le service a été exporté, mais aussi où la valeur du bien ou du service a été créée. Ces informations ne sont pas présentes dans les données conventionnelles sur le commerce international. Celles-ci attribuent le total de la valeur ajoutée des exportations au dernier pays d’où provient l’exportation.

LA RENÉGOCIATION DE L’ALÉNA : QUELQUES ENJEUX

Le Canada, les États-Unis et le Mexique ont entamé la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain, mieux connu sous l’acronyme d’ALÉNA. Entré en vigueur en 1994, l’ALÉNA résultait de la volonté de renforcer l’économie nord-américaine par une intégration qui lui permettrait d’augmenter sa compétitivité face au bloc européen et au Japon, deux entités économiques alors très dynamiques. Le Québec et le Canada dans l’économie nord-américaine Les économies québécoise et canadienne ont, depuis toujours, reposé fortement sur le commerce international. De façon directe ou indirecte, les exportations soutiendraient quelque 3 millions d’emplois au Canada[1]. En ce qui a trait au Québec, les exportations internationales de biens et de services ont atteint 109 milliards $ en 2016, soit 27,6 % du PIB (393 milliards $). Les États-Unis accaparaient 71,1 % de ces exportations en ce qui concerne les biens, et le Mexique 2,1 %. Le Québec importe sensiblement moins des États-Unis qu’il n’y exporte de sorte que ses échanges de biens avec...Read More >

RENÉGOCIATION DE L’ALÉNA : TENIR COMPTE DES CHAINES DE VALEUR

Le 17 juillet 2017, les États-Unis ont fait connaître la liste des éléments qui, selon eux, justifient une renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA). Ayant fait le suivi des relations commerciales entre le Canada et les États-Unis depuis la négociation de l’Accord de libre-échange canado-américain (ALÉ) à la fin des années 1980, nous voulons dans le présent billet souligner, statistiques à l’appui, l’importance des importations américaines pour les exportations canadiennes, ou, en d’autres mots, démontrer la forte intégration des chaines de valeur des économies canadienne et américaine[1].

L’IMPORTANCE DES BIENS INTERMÉDIAIRES DANS LE COMMERCE CANADO-AMÉRICAIN

Dans le contexte des négociations qui s’amorcent pour renouveler l’ALÉNA, un article récent[1] du Metropolitan Policy Program de l’Institut Brookings montre bien l’importance de cibler les biens intermédiaires et les États impliqués, afin d’améliorer notre performance à l’intérieur des chaines de valeur ajoutée nord-américaines. Selon les données du U.S. Census Bureau, le commerce canadien avec les États-Unis s’établissait à 544 milliards de dollars américains en 2016 et celui du Mexique à 525 milliards, comparativement à 579 milliards pour la Chine et 196 milliards pour le Japon.