Inquiète de certains signes de fragilité dans l’économie canadienne, et surtout de la menace protectionniste américaine, la Banque du Canada (BdC) a adopté un ton particulièrement prudent depuis l’automne. Le gouverneur Stephen Poloz a même, à quelques reprises, laissé entendre qu’une baisse de taux n’était pas à écarter. Or, autant sur la croissance économique, l’inflation, l’évolution du marché de l’emploi et l’habitation, les indicateurs économiques ont surpassé les anticipations de manière assez persistante. Ce Point de vue économique analyse la question de savoir si un changement de ton est à l’horizon pour la BdC. À notre avis, il est possible qu’elle reconnaisse une certaine amélioration des perspectives, mais elle a encore des motifs valables pour s’en tenir à la prudence.
Qu’est-ce qui peut bien amuser les économistes de la Banque du Canada au moment de préparer leurs perspectives de croissance de l’économie canadienne? Jouent-ils au yoyo avec les projections du scénario de référence de la Banque? En juillet dernier, le Rapport sur la politique monétaire de la Banque prévoyait une croissance annualisée du PIB réel de 2,8 % au troisième trimestre de 2011 et de 2,9 % au quatrième. Dans le rapport d’octobre, ces projections étaient ramenées respectivement à 2,0 % et 0,8 %. Peu de temps après leur publication, le Gouverneur de la Banque devait admettre publiquement que ces prévisions sous-estimaient probablement le rythme de croissance de l’économie canadienne. Dans son rapport du 18 janvier, la Banque établit à 3,5 % la croissance au troisième trimestre et estime à 2,0 % celle du quatrième. Dans ces circonstances, on peut s’interroger sur la solidité de ses projections de croissance du PIB de 1,8 % aux premier et deuxième trimestres de...Read More >