Dans son dernier livre, Paul Collier estime que le capitalisme actuel est une faillite morale et qu’il ne peut être sauvé que par sa refondation sur l’éthique. Collier n’est pas le seul économiste à s’être interrogé sur les écarts entre le libre marché et les principes éthiques nécessaires à la vie en société. Puisque la science économique a pour objet la production et la distribution de la richesse, elle doit forcément s’intéresser aux comportements des individus, des entreprises et des gouvernements et, pour cette raison, elle peut difficilement éviter de se prononcer sur des questions que l’on peut assimiler à la morale ou à l’éthique. D’ailleurs, de son vivant, Adam Smith était davantage connu pour son ouvrage intitulé La Théorie des sentiments moraux (1759) que pour celui qui l’a rendu célèbre, La Richesse des nations (1776). Pour Tomas Sedlacek, un économiste tchèque contemporain, la réflexion sur les moyens et les fins de l’économie a commencé bien avant la publication de...Read More >
Prenez un enfant en bas âge et présentez-lui une pomme verte en lui disant que cette pomme est jaune et que c’est la seule pomme qui est bonne pour la santé. Répétez-lui cette « vérité » jusqu’à ce qu’il l’accepte et, toute sa vie, il croira que les pommes vertes sont jaunes et que les autres pommes ne sont pas bonnes pour la santé. Je crois que c’est un peu ce qu’on a fait avec plusieurs cohortes de jeunes économistes. On leur a répété que la croissance était bonne et nécessaire pour assurer le bien-être des populations.
J’ai eu tout dernièrement la chance de participer à une conférence organisée à Tunis par le Centre de recherches pour le développement international. La conférence avait comme titre « D’un printemps arabe à un printemps économique? ». Comme l’indique ce titre, elle traitait d’un effet éventuel (et espéré) de domino de la libéralisation politique observée depuis près de deux ans en Arabie sur le développement économique du monde arabe.On prend rapidement conscience lors d’une telle conférence que le printemps arabe a peu à voir avec le printemps « érable » rapporté dans certains médias… En écoutant les présentations et les points de vue des participants, dont plusieurs ont agi comme acteurs de premier plan dans le processus de changements, on constate néanmoins que certaines réalités et certains thèmes nous sont étrangement communs.