Nos collègues C. Montmarquette et L. Godbout nous ont permis de faire le point sur les éléments macro-économiques et fiscaux nécessaires pour déterminer les défis à court et moyen terme auxquels nous faisons face. Les délais ne leur ont pas permis d’aller au-delà de suggestions générales et d’énoncés d’objectifs sur les mesures fiscales nécessaires pour traiter du problème de déficit et de dette. Laissons à d’autres l’analyse sur les mesures nécessaires pour réduire le rythme de dépenses publiques. Présentons ici, en résumé certains sujets qui nécessitent réflexions pour augmenter le rythme de croissance du PIB durable, notant que les deux volets de réflexions sont interdépendants. Certains de nos écrits précédents sur Libres Échanges ont fait état de nos suggestions pour améliorer le taux de croissance des revenus et de l’emploi au Québec. Nous ne tentons pas de les résumer ici et en restons à une énumération des divers sujets qu’il nous semble indiqué de revoir en parallèle avec les analyses...Read More >
En mai 2007, Thomas J. Sargent, corécipiendaire du prix Nobel d’économique en 2011, donnait un bref discours lors d’une collation des grades à l’Université de Californie à Berkeley. Voici en traduction libre, comment il résumait l’enseignement de l’économique en douze points avec seulement 350 mots :
Le besoin d’assurance provient du désir de se prémunir contre une forte variabilité des conditions futures ou contre des situations catastrophiques. L’assurance répond donc à un besoin : se prémunir contre des risques importants. Outre les coûts administratifs, elle soulève deux problèmes majeurs : l’action cachée et l’information cachée. Bien que ce blogue s’intéresse à un exemple concret d’information cachée, il est utile d’étudier brièvement l’action cachée. L’adhésion à une assurance modifie le comportement de l’assuré. L’assurance contre le vol diminue pour lui l’intérêt que pourrait présenter l’achat d’un système de protection sophistiqué, car les avantages d’un tel système sont alors considérablement réduits. C’est ce qu’on appelle l’effet de l’action cachée ou encore : le risque subjectif, le risque ou aléa moral, l’effet de prix pour l’économiste. Le problème de l’action cachée est amplifié dans le cas des assurances qui ne se limitent pas à la protection contre des conditions futures très variables entre individus ou contre des situations catastrophiques....Read More >
Le Parti libéral du Québec (PLQ) a pris des engagements au cours de la dernière campagne électorale en vue d’appuyer les exportations des PME. L’un d’entre eux est libellé comme suit : Offrir un crédit d’impôt de 50 % à l’exportation aux PME sur les coûts de transport liés aux activités d’exportation, du point d’origine au point de destination. Ce crédit d’impôt s’appliquera aux exportations interprovinciales et internationales. Ce crédit d’impôt aidera davantage les entreprises les plus éloignées des centres de distribution. Il incitera les entreprises à percer des marchés plus distants. Une entreprise pourra ainsi déduire 150 % de ses coûts de transport dans le calcul de son revenu imposable. Or, un tel crédit d’impôt, s’il devait entrer en vigueur, ne serait pas conforme à l’Accord sur les subventions et les mesures compensatoires de l’OMC, accord auquel le Québec a adhéré au milieu des années 1990. La liste exemplative de subventions à l’exportation (annexe 1 de cet Accord) indique, entre...Read More >
La figure ci-dessous délaisse la moyenne mobile des taux d’emploi mensuels utilisée dans les billets précédents pour se pencher sur les données de chaque mois individuel. Elle fait le zoom sur l’évolution du taux d’emploi des 15-64 ans mois après mois depuis janvier 2010, c’est-à-dire depuis la fin de la récession de 2008-2009. Il va de soi que, sans moyenne mobile, la grande instabilité des variations mensuelles du taux d’emploi réapparaît. Mais, en contrepartie, on y gagne en immédiateté de l’observation. Comment se comparent le Québec et l’Ontario sur cette figure ? Bien malin qui pourrait désigner un « gagnant ». Sans trop d’élégance, depuis quatre ans, les taux d’emploi des deux provinces semblent danser un chassé-croisé. La variabilité mensuelle des données – surtout de celles du Québec – est très prononcée. À l’extrême droite de la figure, on voit que le taux d’emploi du Québec a diminué de janvier à février 2014. Dans ce dernier mois, il était encore supérieur à...Read More >
Depuis 20 ans, le taux d’emploi du Québec a presque continuellement progressé à travers les hauts et les bas de la conjoncture économique pendant que les taux d’emploi de l’Ontario et des États-Unis ralentissaient ou reculaient. Quelle est la source de la hausse incessante du taux d’emploi du Québec au cours de cette période ? C’est l’ascension ni plus ni moins que spectaculaire du taux d’activité des femmes québécoises. En 20 ans, de 1993 à 2013, le taux d’emploi des femmes de 15 à 64 ans du Québec est passé de 55 % à 70%. Celui des hommes de la même catégorie d’âge a été stationnaire ; il tourne autour de 73 % depuis 40 ans. Le taux de participation des femmes au marché du travail a donc presque rattrapé celui des hommes. Les normes sociales ont évolué. La scolarisation a progressé plus rapidement parmi les femmes que parmi les hommes. Et, grâce à des politiques comme les services de...Read More >
Lorsqu’on veut avoir une idée juste de l’évolution de l’emploi sur un territoire dans le temps, on concentre habituellement l’attention sur une moyenne mobile des taux d’emploi mensuels. Le taux d’emploi, comme on sait, est le pourcentage de la population qui occupe un emploi. En rapportant l’emploi à la population, on se trouve à tenir compte de la taille et de la croissance démographiques du territoire observé. La base démographique de référence qui est retenue par les organismes internationaux est habituellement la population de 15 à 64 ans, parce que c’est dans cette catégorie d’âge que se recrute l’immense majorité des travailleurs (97 % au Québec). L’indicateur utilisé est donc, plus précisément, le taux d’emploi des 15-64 ans. Pour n’oublier personne, il est recommandable de diviser le nombre de toutes les personnes employées de 15 ans ou plus par la population de 15 à 64 ans.
Lorsqu’on veut suivre l’évolution de l’emploi sur un territoire, il y a tout d’abord deux pièges à éviter. Le premier piège est de se baser sur les variations du nombre absolu de personnes occupant un emploi d’une période à la suivante. Hé, si on compare l’année 2013 à l’année 2012, on voit que le nombre d’emplois a augmenté de 48 000 au Québec, de 96 000 en Ontario et de 1 460 000 aux États-Unis ! Cela prouve que le Québec a moins bien performé que l’Ontario et que l’Ontario, à son tour, a moins bien fait que les États-Unis, n’est-ce pas ? Cette conclusion n’a évidemment aucun sens. Elle omet complètement de tenir compte que la population d’âge actif n’est pas la même sur les trois territoires. Si elle est de 100 au Québec, elle est de 170 en Ontario et de 3750 aux États-Unis.